12/05/2007

Satsang du 21 avril 2007

Pensée du jour

 

Avant de commencer n'importe quoi, réfléchissez sur ce qui pourrait être gagné, perdu et réalisé !

Il n'y a rien de trop difficile pour un homme qui, avant d'agir, en parle avec ses amis proches et qui réfléchit en privé !

Tirukkural 47: 461-462

Tiruvalluvar

 

Âdi Shankarâchârya

 

Om3Sans Âdi Shankarâchârya, je ne serai probablement pas là aujourd'hui. Sans lui, mes maîtres – Swami Chinmayananda et Swami Dayananda, pour ne parler que d'eux – ne nous auraient pas transmis cet héritage précieux que l'on appelle l'Advaita Védânta.

 

Sans l'Advaita Védânta, l'hindouisme ne serait qu'une religion comme les autres. Peut-être aurait-il même disparu dans l'océan des conversions.

 

Shankarâchârya a remis sur les rails le Sanâtana Dharma alors qu'il était menacé par le bouddhisme. Comme toutes traditions religieuses, l'hindouisme comporte les germes intrinsèques de sa propre destruction mais aussi ses anticorps. Le système de castes, les traditions sclérosées, ect. sont des facteurs qui paralysent le dynamisme hindou. La hauteur spirituelle, l'aventure des yogis, ect. sont des moteurs qui permettent au Sanâtana Dharma de s'adapter à son environnement et à son époque.

 

Aujourd'hui, l'hindouisme indien est menacé par des programmes de conversion venant de l'Occident. A coups de millions de dollars et d'euros, des plans sont mis en place dans toutes les régions de l'Inde pour faire que les Hindous délaissent leurs traditions pour tomber dans des croyances aussi illusoires que la venue de Messie, les pseudo-guérisons ou de paradis après la mort.

 

Mais qui était Shankarâchârya ?

Jeune brâhmana du Kérala, petit vertuose des Ecritures sacrées, on pense qu'il a existé au 8ème siècle après Jésus-Christ. Certains pensent qu'il a vécu avant l'ère chrétienne. Quoi qu'il en soit, il a transformé le paysage spirituel indien de l'époque par la profondeur de ses commentaires sur les principales Upanishads, sur la Bhagavad-Gîtâ et les Brahma-sûtras. Il a su redonné à l'enseignement spirituel hindou son universalisme qui fait tant défaut à l'heure actuelle.

 

Après ses études primaires védiques, il voulait absolument trouver un maître, un guru, pour l'initier aux secrets de l'Advaita Védânta. Il fallait absolument qu'il devienne sannyâsî – moine errant. Mais étant le seul fils d'une veuve, sa mère ne voulait pas le laisser partir. Un jour, alors qu'il se baignait dans une rivière du Kérala, un crocodile lui a attrapé la jambe et essaya de l'emmener dans son garde-manger boueux. Sa mère qui assistait à la scène, appelait au secours. Shankara lui fit promettre que si elle lui donnait la permission de partir, le crocodile le lâcherait. Quelle mère souhaiterait voir son fils dévoré par un animal ? Mieux vaut le savoir vivant quelque part que d'être gardé dans la boue pour être dévoré morceau par morceau ! Elle accepta sa demande.

 

Shankara qui alors n'était pas encore âchârya – enseignant – s'engagea sur les chemins de l'Inde. Imaginez les chemins de l'époque ! Déjà à l'heure actuelle ce ne sont pas des autoroutes ! Au temps de Shankara, c'était des sentiers qui allaient de villages en villages, traversant des forêts remplies de bandits, de fauves et de serpents.

 

Il est arrivé aux pieds de son maître, Shrî Govinda, qui vivait dans une caverne sur les berges de la Narmadâ. Il est resté là quelque temps. Puis son maître lui demanda d'écrire un commentaire sur les mille noms de Vishnou – le Vishnou Sahasranâmam. Nous en tant qu'étudiants, nous n'avions appris que quelques dizaines de noms commentés. Que dire du commentaire sur les Mille Noms !

 

Après  avoir quitté son gourou, Shankara a commencé à enseigner tout autour de l'Inde de l'époque. Il aurait fait quatre fois le tour de l'Inde à pied ! Il a rencontré des tas de gens qui sont devenus ses disciples, mais parmi eux, l'histoire retient quatre principaux à qui il a confié la tâche de préserver les Védas. L'Inde fut divisé en quatre zones et chaque disciple était responsable de la préservation d'un Véda. 

 

Shankarâchârya continua son œuvre d'enseignement et de réorganisation de l'hindouisme, tout en composant des textes afin de permettre à ceux qui le souhaitent d'invoquer un aspect de Dieu. Il a aussi composé des textes pour les aspirants spirituels. Un de ces textes s'appelle Sâdhana Panchakam – Cinq Versets sur la Recherche spirituelle. Ce texte nous interpelle directement puisque nous sommes dans un âshrama - lieu de recherche spirituelle. Même si nous ne sommes pas engagés dans la recherche passionnément, il serait bon, pour nous, de lire ce texte et d'en retirer les instructions qui nous concernent directement.

 

Comme tous les ans, à cette époque, célébrons l'œuvre de Maître Shankara 1er afin que nous puissions nous ressourcer et nous remettre sur la voie du Dharma. Ces textes sont comme des plans de navigation nous permettant d'arriver à bon port, alors que les courants du samsâra nous entraînent vers les rochers de l'égoïsme et du matérialisme. Notre vie humaine n'est pas faite seulement pour rester au niveau physique mais aussi pour atteindre les profondeurs de notre personnalité où se trouve le plus grand des secrets de la vie : le bonheur.

Om ! Jaya Shrî Shankara Bhagavadpâda kî ! Jaya !

Om ! Gloire aux pieds de Maître Shankara ! Gloire !

 

 

PRIERE

 

O Resplendissant Seigneur,

Tu as fait que le soleil,

Etoile sans âge,

Traverse le ciel

Pour donner la lumière

Aux hommes !

O Toi, la Splendeur,

Tu es la Lumière des hommes !

A nos côtés, Tu es cher et proche !

Pense au chanteur, accorde-lui la vie !

Rg.10.156.4

01:15 Écrit par Dharma Today dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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