09/05/2007

Ugaadi ou le triomphe de la victoire 2/2

Origine et sens

Ugaadi, le nouvel an telugu, est célébré par les Indiens qui vivent dans l’État de l’Andhra Pradesh et dont la langue est le telugu. Selon les Telugus, le calendrier lunaire hindou commence avec l’Ugaadi. C’est le jour où Brahmâ a commencé à créer l’univers, les planètes, les étoiles, les saisons, les mois... Le mot, scindé en deux, signifie ère (yuga) et commencement (adi). Les Telugus le célèbrent comme le premier jour de l’existence. C’est une nouvelle opportunité pour eux de progresser dans leur quête spirituelle et d’exprimer, obligatoirement, leur gratitude au Divin pour tous ses bienfaits. Le jour d’Ugaadi, on prend ainsi la ferme résolution de tendre vers la réalisation de soi, ou, de façon plus terre-à-terre, d’accepter les douceurs et les amertumes de la vie. Avec la même sérénité, la même paix de l’âme, en signe de soumission à la volonté divine. Au-delà d’une nouvelle année qui commence, c’est une nouvelle façon de vivre qu’il importe de rechercher. Pour que la transformation s’opère, il suffit de regarder en soi et non les années qui passent. Méditer et se tourner vers Dieu. Ce n’est qu’à ce prix que les désirs des fidèles se réaliseront.




La venue à Maurice

La communauté telugue à Maurice s’élève aujourd’hui à environ 100 000 individus. Originaires de l’État de l’Andhra Pradesh, dans le sud de l’Inde, leurs ancêtres, au nombre de 936, ont foulé le sol mauricien dans les années 1830. La Mauritius Andhra Maha Sabha, depuis 2000, est l’institution officielle représentant la communauté telugu. Elle gère les temples telugu à travers l’île et promeut la vie sociale des Telugus tout en ouvrant cette culture à toute la population mauricienne. La fête d’Ugaadi a été introduite à Maurice par le pandit Dharmanand Gunnay, après ses longues études dans l’Andhra Pradesh. Ce n’est qu’en 1962 qu’elle est célébrée à Maurice. Et, en 1965, un jour férié est décrété pour marquer cet événement social et spirituel.

 

Chandrawtee Dristima Appadoo 21 ans

En ce jour du nouvel an, Chandrawtee Dristima Appadoo, jeune femme de 21 ans, se lève aux aurores pour se rendre au Shri Rama Mandiram à Camp-de-Masque-Pavé. “Ma maman me réveille avant quatre heures du matin pour que je puisse me préparer. Je prends un bain purificateur avec de l’eau safranée, ou je m’enduis le corps de dholl broyé. Ensuite, je me vêts de mes nouveaux habits dont la grande jupe traditionnelle. Puis, je fais mes premières prières à la maison avec la famille.” Trois jours auparavant, elle aura aidé ses parents Meni et Souriadev à faire le grand ménage à la maison, pour accueillir le nouvel an. Souriadev place une corde sacrée sertie de 18 feuilles de manguier au seuil de la porte pour faire barrage contre le mal. Autre gage de protection, un muggu, motif à base de riz coloré, est dessiné devant la porte principale.

C’est aussi l’occasion pour Hema et Prema, ses deux sœurs aînées mariées, de se retrouver dans la maison familiale. Tous ensemble se rendent au mandiram. En ce premier jour du calendrier lunaire hindou, Chandrawtee commence le Ram Navni, un jeûne qui durera neuf jours. Après le hawan, le feu sacré allumé, et les prières au temple, la jeune femme et d’autres fidèles du Shri Rama Mandiram parcourent les rues de la localité en entonnant des chants religieux, le Bhajanam et le Kirtanam. “Cette procession vise à faire savoir au public que l’année nouvelle commence. Avec d’autres filles de l’association du Shri Rama Mandiram, nous interprétons des danses, les kolatam dans les rues. Nous sommes toutes parées de fleurs et de longues jupes multicolores.”

Le partage de pachadi, un mélange d’aliments aux six saveurs (l’aigre, le sucré, l’amer, le salé, l’acidulé et le pimenté) est fait en ce jour. “C’est pour nous rappeler que, durant l’année, nous serons empreints de sentiments divers, telles la colère, la peur. Le pachadi nous prépare à faire face à toutes ces expériences, bonnes ou mauvaises”. La journée d’Ugaadi se termine par la visite aux grands-parents.

Petite déjà, Chandrawtee fréquentait le mandiram chaque vendredi. Aujourd’hui, elle se dit heureuse que ces grands-parents et parents ont su lui insuffler toutes ces valeurs. “Je ferai en sorte de perpétuer ces traditions à mes futurs enfants, pour que notre culture perdure”. En attendant, Chandrawtee prépare sa deuxième année de diplôme de telugu au Mahatma Gandhi Institute. Elle-même dispense des cours dans cette même matière au Mauritius Institute of Education.

 

Calendrier des festivités

Aujourd’hui, au Mauritius Andhra Maha Sabha à Grande-Rivière-Nord-Ouest6 h à 10 h 30 : Abishekham pour Lord Venkateswara 10 h 30 à 12 h 00 : Panchaga Sravanam. Lecture de l’horoscope de l’année. A partir de 17 h : Grande fête culturelle à l’auditorium du Mahatma Gandhi Institute à Moka, animée par une troupe venue de Potti Sriramulu Telugu University d’Andhra Pradesh, dirigée par le vice-chanchelier Dr A. Manjulata.
Samedi 24 mars.

19 h : Fête culturelle au SSS Droopnath Ramphul, à Calebasses, par la Pamplemousses Telugu Federation en collaboration avec le Mauritius Andhra Maha Sabha 19 h : Fête culturelle à la salle des fêtes de Moka-Flacq District Council à Quartier-Militaire, par la Moka Telugu Federation en collaboration avec le Mauritius Andhra Pradesh Sabha


Dimanche 25 mars

A partir de 16 h 00 : Fête culturelle de l’Andhra Youth Wing avec la collaboration du Mauritius Andhra Maha Sabha au Indira Gandhi Cultural Centre for Indian Culture à Phoenix.Se déroulent, dans toute l’île, des manifestations qui ont commencé le 10 mars et qui se termineront le 25 mars.

 

Article de l'Express.Mu du 20 mars 2007

03:00 Écrit par Dharma Today dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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