15/06/2006

Satsang du 10 juin 2006

Bonjour !
Le voleur n’aime pas qu’on lui vole quoi que ce soit ! C’est que lui aussi a de la valeur pour ses affaires ! Mais en ce qui concerne les autres, c’est une autre affaire. La spiritualité nous enseigne que tout est en Tout ! Voler ou faire du mal à quelqu’un, c’est se voler ou se faire du mal. Personne n’aime se donner un coup de marteau sur les doigts. C’est la raison pour laquelle la compréhension des valeurs est une chose importante. Appliquer les valeurs dans sa vie l’enrichit, lui donne encore plus de goût.
Voici donc la suite du e@satsang concernant la valeur des valeurs par Swami Dayanandaji.
Bonne méditation !
Swami Advayananda

 

 

PENSEE DU JOUR :

 

Parmi les facteurs de guérison, le temps est le meilleur. Il pousse les atrocités des hommes au dernier plan

Mahâbhârata

 

 

LES VALEURS UNIVERSELLES :                           

Origine et Fonction

Swami Dayananda Sarasvati

(suite)

Une demi-valeur : plus irritante qu’une norme de conduite

 

Quand une valeur universelle est divisée en deux moitiés – une valeur personnelle vis-à-vis de ce que j’attends des autres et une valeur imposée pour ce que j’attends de moi-même – un conflit est toujours possible. Une valeur personnelle est suivie spontanément pour elle-même. Une valeur imposée est sujette à des compromis quand elle fait obstacle à la réalisation d’un but personnel fortement désiré. Quand une demi-valeur générale et éthique cède devant une valeur assimilée et opportuniste, cette demi-valeur ne se remplie pas et ne disparaît pas. Elle reste en place comme une substance irritante. Le plus souvent ce que j’appelle mes valeurs éthiques ne sont en général que des substances irritantes pour mon cœur. Cela est vrai même pour le criminel le plus endurci, le récidiviste invétéré qui semble totalement insensible aux normes éthiques de conduite. Quel que soit le choix qui est fait ou le nombre de fois qu’il est fait, la voix de la demi-valeur qui reflète un contenu naturel et universel n’est jamais entièrement réduite au silence.

 

Par exemple, la plupart d’entre nous a une valeur personnelle bien assimilée pour l’argent ; mais quand il s’agit de dire la vérité, notre valeur est souvent générale et à demi assimilée. Qu’arrive-t-il en cas de conflit entre la valeur pour l’argent et la valeur pour la vérité ? Qu’arrive-t-il dans une situation où en disant un mensonge, je peux gagner 500 roupies de plus ? Disons que quelqu’un me propose de m’acheter un objet au même prix que son prix d’achat initial. Il m’a coûté 1000 roupies mais je peux facilement dire que je l’ai acheté 1500 roupies. Ce petit mensonge me fera gagner 500 roupies de plus. Je sais ce que ces 500 roupies de plus peuvent m’apporter, ce que je pourrai m’acheter avec. De l’autre côté, je ne vois pas très clairement quel bénéfice m’apportera le fait de dire la vérité dans cette situation. Est-ce que je dois dire la vérité ou mentir ? Quelle valeur va l’emporter ? Vraisemblablement ce sera la valeur pour l’argent qui l’emportera. Mais dans tous les cas quelque chose ne cessera de murmurer à l’intérieur de moi : “ Dis la vérité ! Dis la vérité ! ”

 

Il se peut que je mente mais je ne serai pas à l’aise, car je ne suis pas capable d’éviter ce qui arrive quand je mens. Qu’arrive-t-il ? Tout d’abord, il y a un conflit, puis il y a de la culpabilité. Je peux ignorer la culpabilité mais je ne peux pas l’éviter car je ne peux pas échapper à cette demi-valeur pour la vérité. La culpabilité est un grand corrosif, plus grand que les piments ! C’est un corrosif trés puissant. Une fois que je me sens coupable, je ne peux pas être à l’aise avec moi-même. Obtenir un résultat immédiat aux dépends d’une valeur générale peut me procurer un bien-être passager, mais cela augmente à long terme mon malaise en s’ajoutant à toutes les culpabilités, petites et grandes, que j’ai accumulées.

La division entre le penseur et l’acteur

 

Se produit-il quelque chose d’autre quand j’ignore les normes éthiques générales ? Oui. Je crée une division penseur-acteur à l’intérieur de moi-même. Par exemple, quand je mens, je deviens quelqu’un qui parle : parler est une action et en tant que personne qui parle, je suis un acteur, une personne qui agit. Dans le même temps, je sais ce dont je parle. Je suis conscient que ce que je dis est quelque chose de contraire à la vérité. Par conséquent, je, la personne qui sait, suis dans une position et je, celle qui agit, dans une autre. Par mon mensonge, je crée une division, une scission entre le je qui est conscient et le je qui agit. Tout le monde a fait quelques mensonges dans ce genre. Quel est votre âge ? Combien gagnez-vous ? Quels diplômes avez-vous ? Quand je dis une série de mensonges de ce genre, je crée une division en moi-même, le penseur étant une personne et l’acteur une autre. Je n’ai pas de personnalité bien intégrée. Je me suis divisé en un penseur “ idéal ” qui accorde de la valeur à un certain type d’action et un acteur “ présent ” qui agit autrement. J’ai créé en moi-même un conflit du même genre que Dr Jekyl et Mister Hyde. Il est difficile de réaliser quoi que ce soit en vivant avec Jekyl et Hyde. C’est même impossible. Cette division penseur-acteur fait des dégâts même aux petites choses. Le penseur décide de se lever 30 minutes plus tôt le matin pour faire de l’exercice. L’acteur arrête le réveil et dort 45 minutes de plus. Le penseur débute un régime. L’acteur se sert une deuxième fois. Je me dis que je suis un incapable, que je ne peux pas faire ce que je veux faire et que je ne suis pas celui que je veux être.

 

Je ne peux profiter pleinement de rien quand je suis “ désintégré ”. Même les plaisirs de la table ne peuvent être appréciés à moins que le mental ne se consacre pleinement au fait de manger. Cette relation entre le penseur et l’acteur est peut-être plus reconnue dans les traditions culturelles indiennes qu’en Occident. En Inde, la mère apprend à l’enfant : “ Mange, ne parle pas. Quand tu es en train de manger, mange. Tu parleras après. ” En Occident où on parle en mangeant, seule la première bouchée est appréciée. Manger devient ensuite mécanique. On parle et mange, puis quand on découvre qu’il n’y a plus rien à manger, on en déduit que le repas a été bon et que l’on a mangé suffisamment. Le penseur n’était pas conscient qu’il était en train de manger, tout préoccupé qu’il était à penser à ce qu’il fallait dire. Cette manière de manger est mécanique et souvent incontrôlée, tandis que l’acte de manger peut être, quand le penseur est présent, un rituel d’une grande beauté.

 

La qualité de ma vie s’en ressent à chaque fois que je me “ désintègre ”, que je suis divisé. Je dois être intégré, entier,  m’appartenir à moi-même, être moi-même pour être en mesure d’apprécier la beauté de la vie, et être présent pour pouvoir en profiter. “ To be together ” est une bonne expression en anglais qui dénote une compréhension intuitive du problème de la division. Si mes valeurs universelles ne sont que des demi-valeurs, elles pourront toujours détruire le fait que je sois “ together ” en  entraînant une division en moi,  quand elles capituleront devant une valeur situationnelle immédiate.

 

Prière :

Où que ce soit ou sur qui que ce soit,

Ta bonté se dirige,

Tu le rends éminent

Et Tu lui donnes une vigueur sans pareille ;

Et de son cœur, Tu en fais Ta demeure !

Rig-Veda. 6.16.17

08:42 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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