13/06/2006

Satsang du 3 juin 2006

PENSEE DU JOUR :

Nul   ne peut concevoir les  insondables limites de Ta grandeur !

Si Te prier  était dérisoire, vaines Te sembleraient les paroles de Brahma et des Dieux !

Que  dire de celui qui Te célèbre jusqu'aux confins de sa propre pensée ?

0 Hara  ! Ici pourtant commence mon propre chant, il est sans reproche !

 

 (Pushpadanta)

 

LES VALEURS UNIVERSELLES :                           

Origine et Fonction

Swami Dayananda Sarasvati

(suite)

Valeurs et conflit

 

Personne ne veut que son mental soit en conflit. Un mental en conflit n’est pas un mental désirable. Une fois que des conflits sont présents, les problèmes mentaux sont inévitables : l’auto-condamnation, des regrets, une culpabilité, un sentiment d’échec sont les produits d’un conflit mental. Les conflits naissent quand je suis incapable de vivre selon mes valeurs, que j’ai consciemment ou inconsciemment acceptées. Les normes sociales ont un contenu universel, et je ne peux vraiment pas échapper à leur influence. Mon désir naturel d’être bien et en sécurité me contraint à instaurer des normes pour le comportement des autres, en établissant un code de conduite éthique qui se retourne vers moi-même. La codification par la religion du consensus éthique de la société en une table rigide de lois, “ tu dois faire ceci ”, et d’interdits,  “ tu ne feras pas cela ” rend ma conformité à ces normes encore plus difficile. Quand je ne peux pas vivre selon mon système de valeurs, je suis en conflit avec moi-même et je souffre d’un sentiment de culpabilité.

 

Vivre en marge ne résout pas le conflit

 

La marginalité du comportement de la génération hippie qui prévalait pendant les années 60 en Occident apparaît surtout comme une tentative d’échapper aux conflits. A l’époque de la guerre du Vietnam, le choc entre les valeurs traditionnelles non assimilées et les valeurs personnelles et relatives était particulièrement violent pour la jeune génération. La réponse de nombreux jeunes était une expérience visant à faire  du “ pas de valeurs ” leur valeur fondamentale. Les valeurs traditionnelles étaient condamnées et un style de vie basé sur “ l’individualité ”, “ l’expression de soi ” et “ la spontanéité ” était érigé en remplacement. Cela n’a pas marché. C’est vrai que les valeurs ont conduit à un conflit mais les valeurs ne peuvent pas être rejetées en bloc si simplement, comme nous l’avons vu. Le contenu universel des valeurs peut être rejeté seulement si je ne me soucie pas de la manière dont les autres se comportent avec moi. Si je veux que les autres se conduisent d’une certaine manière envers moi, je n’ai pas d’autre choix que d’adhérer à un système de valeurs.

 

Comment les valeurs entraînent un conflit

 

Mes valeurs ne produisent en moi aucun conflit quand je me conforme à un système de valeurs de la même manière dont j’attends que les autres s’y conforment. Cependant, le problème se pose quand je veux que les autres se comportent d’une certaine façon et que, pour des raisons qui me sont propres, je ne suis pas capable ou je ne veux pas me comporter moi-même de cette façon. Je suis en conflit avec moi-même quand j’ai une valeur et que quelque chose m’empêche d’exprimer cette valeur. Qu’est-ce qui  entrave l’expression de mes valeurs générales ? Les valeurs individuelles dépendantes de la situation où je me trouve, liées à un désir personnel puissant de réaliser un but particulier, peuvent contrarier l’expression des valeurs générales, quand ces valeurs générales ne sont pas devenues pour moi des valeurs personnelles pleinement assimilées.

 

La valeur universelle accordée à la véracité nous fournit un bon exemple d’une norme générale qui est souvent seulement à moitié assimilée :

 

Valeur :                  Dis la vérité !

                                               Je veux que les autres me disent la vérité (origine universelle)

                                               Les autorités me disent de dire la vérité (origine imposée)

                                                               Les parents disent “ dis la vérité ”

                                                               La société dit “ dis la vérité ”

                                                               La religion dit “ dis la vérité ”

                                               La véracité fait partie de mon système de valeurs

 

Assimilation :                       La valeur (ou l’importance) de la véracité des autres est tout de suite évidente pour moi

Je peux voir que de fausses informations qui me sont données peuvent être dommageables ou me nuire

La valeur (ou l’importance) de la véracité des autres est devenue personnelle et est assimilée

 

La valeur (ou l’importance) de ma véracité n’est pas tout de suite claire à mes yeux

               Je ne vois pas ce que je peux gagner à dire la vérité

La valeur (ou l’importance) de ma véracité est imposée ou rendue obligatoire

               Elle m’est imposée par mes parents

               Elle m’est imposée par la société

               Elle m’est imposée par ma religion

 

Résultat :                               Cette valeur est partagée en deux : moitié personnelle et moitié imposée.

 

La valeur accordée à l’argent illustre le développement et l’assimilation d’une valeur puissante, personnelle et situationnelle.

Une valeur : aime l’argent !

 

Enfant, quand j’avais trois ans, j’avais ramassé un morceau de papier. Il était vert, imprimé, et très coloré. J’ai commencé à jouer avec, comme je le faisais avec n’importe quel morceau de papier. Maman m’a dit : “ Non, c’est de l’argent ! ”. “ Ah bon, argent ? argent ? ” ai-je répondu. Mais je ne savais pas ce qu’était cet “ argent ”. Je ne cessais de répéter : “ Argent, argent, argent. ” Ensuite quand je voyais ce morceau de papier vert, je savais que c’était de “ l’argent ”, que je ne devais pas toucher, mais je ne savais pas ce qu’était l’argent. Un jour, quand j’étais un peu plus grand, Maman m’a emmené faire des courses à l’épicerie avec elle. J’ai vu plein de chocolats et de bonbons transparents. J’ai étiré la main : “ Donne moi ces bonbons ! ” Le monsieur derrière le comptoir a haussé les sourcils et a regardé Maman. Je me demandais pourquoi il ne me donnait pas ces bonbons alors qu’il en avait tant. Puis Maman a ouvert son porte-monnaie et en a tiré un morceau de papier vert qui s’appelait “ argent ”. Quand elle a donné cet argent à l’épicier, il a souri et m’a tendu un paquet de bonbons transparents. Je n’avais pas compris ce qui s’était passé, mais j’étais content d’avoir eu mes bonbons. La fois suivante que nous sommes allés à la boutique, elle a donné l’argent et l’homme m’a donné des chocolats. Un autre jour que nous faisions des courses, j’ai voulu avoir un ballon. De l’argent est sorti et le ballon était à moi. Oh, oh ! Si on donne de l’argent, on peut avoir des bonbons transparents, des chocolats, et même des ballons. C’est une grande découverte pour un jeune enfant. J’ai appris que l’argent peut acheter des choses, toutes sortes de choses. Il n’y a pas beaucoup de gens qui comprennent le système monétaire mais tout le monde sait que l’argent permet d’acheter !

 

Plus tard en grandissant, je suis parvenu à apprendre toutes les choses que l’argent permet d’acheter : des maisons, des voitures, et même des gurus et des dieux. Rien ne permet d’acheter plus que l’argent.

Dés que je parviens à connaître la puissance de l’argent, tout ce que l’argent permet d’acheter, je dispose d’une valeur personnelle bien comprise et assimilée pour l’argent.

       

 

Prière :

PROXIMITE

 

Le Seigneur suprême est trop proche

Pour être abandonné,

Trop prêt pour être observé !

Telle est la splendeur de la nature

Et la poésie divine du Seigneur,

Tous deux sont au-delà de la décadence et de la mort !

Atharva.10.8.3.

09:44 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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