06/06/2006

Satsang du 27 mai 2006

PENSEE DU JOUR :

 

Le mal dû à la douleur incontrôlable lors de la naissance, les moments de faiblesses à cause de moi lorsque tu me portais, la souffrance que tu devais endurer pour moi pendant un an à cause de la souillure du lit, sans parler de l'agonie de me porter pendant dix mois que même le meilleur des fils ne peut rembouser, ô Mère, hommage à Toi !

Mâtre Panchakam

(Shankara)

 

 

 

LES VALEURS UNIVERSELLES :                           

Origine et Fonction

Swami Dayananda Sarasvati

(suite)

 

Qu’est-ce qu’une valeur ? “ Valeur ” indique que nous tenons compte d’une chose, d’une situation ou d’une attitude qui est respectée ou tenue pour précieuse pour une certaine raison. Les valeurs appropriées qui préparent le mental au Vedanta sont certaines attitudes éthiques universelles. En sanskrit une valeur éthique peut être définie comme dharma. Dharma est une norme de conduite provenant de la manière dont je souhaite que les autres me voient ou me traitent. Les obligations “ dharmiques ” de conduite et d’attitude, bien qu’elles soient trouvées communément dans les Ecritures sacrées, trouvent en fait leur origine dans une éthique pragmatique et de bon sens que les morales religieuses confirment. En d’autres mots, ma norme pour un comportement “ correct ” ou une “ bonne ” attitude se fonde sur la manière dont je souhaite que les autres me traitent ou me voient. Ce que j’attends des autres ou ce que j’exige d’eux devient ma norme pour dharma, un comportement juste, convenable ; ce que je ne veux pas que les autres fassent est adharma, un comportement inapproprié, inacceptable.

 

         Je veux que les autres me disent la vérité,

         Je ne veux pas que les autres me mentent.

 

         Dire la vérité est dharma pour moi,

         Ne pas dire la vérité est adharma pour moi.

 

         Les Ecritures confirment que dire la vérité est un bon comportement,

         Les Ecritures condamnent le mensonge comme un mauvais comportement.

 

Les autres normes de conduite, comme la non-violence, l’humilité, la charité, sont toutes basées sur la même considération : comment je souhaite que les autres me traitent. Ainsi, les normes éthiques ne sont pas simplement arbitraires, crées par l’homme mais se fondent sur l’attention naturelle que nous avons tous à l’égard de notre intérêt et notre confort individuel. Les normes éthiques sont naturelles et universelles. Il peut y avoir certaines variations culturelles dans le degré ou l’accent mis sur certaines de ces normes mais les normes fondamentales ont une certaine universalité.  

 

Les valeurs éthiques : universelles dans leur contenu, relatives dans leur application

 

L’universalité des codes définissant un comportement acceptable, c’est à dire l’universalité des normes éthiques générales, n’implique pas que ces normes soient absolues. Dharma et adharma sont relatifs. Il y a des situations où ce qui est considéré comme éthique devient non éthique en fonction de la situation. Le fait qu’une norme puisse être relative ne veut pas dire non plus qu’elle est purement subjective. Bien qu’elles soient relatives dans leur application, les normes éthiques de base ont un contenu universel. Nous avons tous une réaction identique quand nous sommes blessés, abusés ou quand nous sommes trompés et écrasés. Les normes éthiques sont basées sur un consensus entre les êtres humains vis-à-vis de ce qui est une conduite acceptable ; ce consensus n’est pas réfuté par le fait que les normes peut être sujettes à interprétation dans certaines situations. Même une valeur aussi clairement marquée que la non-violence vis-à-vis de moi-même est modifiée par les circonstances quand je décide de me soumettre de plein gré au scalpel du chirurgien. Cette suspension de ma valeur pour la non-violence vis-à-vis de moi-même est dépendante de la situation et n’affecte pas la valeur fondamentale que j’accorde à la non-violence à l’égard de moi-même ou sa généralisation, la valeur générale que j’accorde à la non-violence à l’égard de tous les êtres.

 

Bien que mes normes ou mes valeurs de conduite et d’attitude ne soient pas subjectives en elles-mêmes, mon interprétation de ces valeurs sera vraisemblablement très subjective. Mes valeurs sont universelles dans leur contenu mais relative et dépendante de la situation dans l’application que je ferai d’elles. J’appliquerai par exemple invariablement et de façon absolue la valeur de vérité aux paroles des autres ; vis-à-vis de mes propres paroles, mon application sera beaucoup moins systématique et toujours dépendante de la situation. De façon générale et en pratique, j’appliquerai les valeurs plus régulièrement et plus absolument aux autres qu’à moi-même. Après tout, l’origine de mes valeurs réside dans la manière dont je veux que les autres me traitent, ce qui devient ma norme pour un “ bon ” comportement. Je trouve naturel que les autres observent les normes éthiques, pour pouvoir en être le bénéficiaire. Il me semble moins facile d’être régulier dans l’application de ces normes à mon propre comportement. 

         

Les valeurs éthiques ne peuvent pas être rejetées

 

Est-ce que je peux nier l’importance des valeurs ? Non, je ne peux pas éviter la question des valeurs car nul individu vivant dans ce monde ne peut éviter d’être en relation avec les autres. Et cela vient de notre souci de ne pas être blessé ou dérangé par les autres. Et c’est même l’origine d’une règle d’or chez les criminels : ne soyez jamais un dénonciateur ou un indicateur. Le fait que personne ne puisse échapper aux valeurs peut être compris quand nous considérons le cas d’un tueur à gages. Même un tueur à gages expérimenté, un tueur sans pitié, ne désire être tué. Il ne peut pas être au-delà de la valeur de non-violence, il peut seulement défier cette valeur, ce qui crée un conflit même chez quelqu’un d’insensible. Les valeurs ne peuvent pas être rejetées ou écartées, et elles ne peuvent pas non plus être défiées en toute impunité. Si je ne réussis pas à me conformer à une valeur donnée, je me mets dans une situation de conflit avec moi-même. Je sème une graine de culpabilité ce qui suffit à provoquer des insomnies, de la peur et un conflit intérieur. Même le plus petit mensonge entraîne des problèmes, comme le mensonge qui est parfois proféré au sujet de son âge. Dire son âge véritable peut sembler quelque chose de simple et de futile, mais même les petits mensonges s’impriment à l’intérieur de nous-mêmes comme autant de conflits.

Les valeurs sont-elles seulement mithya, apparentes ?

 

Pour ceux qui ont déjà été un peu exposés à l’enseignement du Vedanta, il peut arriver qu’un comportement qui viole les normes de comportement, c’est à dire un “ mauvais ” comportement soit rejeté ou nié car il n’est que mithya, apparent, il n’est pas absolument réel. La réponse à ce type d’argument peut être la suivante : “ Si tu peux rejeter toutes les bonnes actions et les bonnes choses comme mithya, apparentes, dans ce cas, d’accord. Tu peux également et tout aussi bien rejeter les mauvaises actions et les choses mauvaises. ” Quand je peux voir le bien et le mal comme étant tous deux mithya, les valeurs ne me posent pas de problème. Connaissant clairement ce qui est réel et ce qui est apparent, mes actions dans le monde relatif ne peuvent que s’avérer spontanément bonnes, car je n’ai rien à gagner ni rien à protéger. C’est cette connaissance claire du Soi que je recherche. Mon mental doit être préparé par les valeurs appropriées afin d’être prêt à découvrir cette connaissance. Rien ne peut se produire si j’écoute l’enseignement du Vedanta avec un mental rempli de conflits, quand j’ai rejeté ou défié certaines valeurs.

Prière :

Grâce à Tes conseils,

Tu guides l’homme et le protèges !

Aucun danger ne menace

Celui qui T’offre ses offrandes !

Tu punis celui qui rejette la connaissance !

Tu humilies la colère du violent !

Suprême est Ta grandeur, ô Seigneur Suprême !

Rig-Veda.2.23.4

18:59 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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