25/05/2006

Satsang du 20 mai 2006 - mail de ssrava@yahoo.fr - Shruti Seva

PENSEE DU JOUR :

Celui qui dans son expérience directe de la suprême Béatitude éternelle et immaculée,

est arrivé à comprendre que l'univers tout entier n'est qu'un jeu de la Pure Conscience, projeté par son "ignorance" exprimée dans les trois modes d'être de son mental, alors que lui-même est cet Absolu, lui seul est mon gourou, qu'il soit balayeur ou brahmin!

Manîsha Panchakam

(Shankara)

 

 SHANKARA

(Encore quelques mots !)

Shringeri Math

 

Dans le nord-ouest de l'Etat de Mysore, blottis dans les contreforts des Ghats occidentaux, entouré de forêts vierges, il y a le village de Shringeri. Shankara y établit son premier Math, son premier monastère. La rivière Tunga une branche de la rivière Tungabhadra - coule dans la vallée en touchant les murs du temple. Ses eaux pures et limpides sont aussi célèbres pour boire que les eaux de la Gangâ le sont pour le bain (Gangâ Snânam, Tungâ Pânam). Shringeri est un lieu de grande sainteté et on doit voir sa beauté pour l’apprécier. Le Math « va toujours bien» comme on dit. L'hommage payé au Math par des visiteurs et des fidèles innombrables est autant dû à la grandeur des hommes illustres comme Vidyâranya qui a été à sa tête depuis sa fondation qu’à la renommé du fondateur lui-même.

 

Il n’est peut-être pas hors de propos de mentionner ici que le célèbre professeur de sanscrit Max Muller a mis trente ans pour traduire le commentaire du Rig-Veda, écrit par Vidyâranya, aussi connu sous le nom de Shayana. Le savant professeur, dans sa préface, dit qu’en trente ans, il n’a passé aucun jour sans consacrer au moins dix minutes à la traduction. Il y a aussi un petit incident intéressant qui dit que, quand le manuscrit était parfois illisible par endroit, il a obtenu une transcription autorisée de l’original toujours préservé dans le Math de Shringeri, par l'intermédiaire du Mahârâjâ de Mayisur de cette époque-là.

 

Le célèbre lieu saint du Shrî Sharada est aussi une source d'attraction pour les dévots. Nombreux sont les Maths ou les monastères en Inde où des hommes saints ou leurs successeurs sont installés et où les Hindous de toute l'Inde se réunissent, mais aucun n’est aussi grand ou célèbre que Shringeri, le premier Math d'Âdi Shankarâchârya. Le Shringeri Pîtha est un des monastères les plus vieux du monde, fleurissant depuis plus de douze siècles maintenant. Il est le premier des quatre lieux d’enseignement établis par Shankarâchârya, les autres trois étant Puri, Dvâraka et Joshi Math - chacun d'entre eux représentant un des quatre Védas.

 

Shankara a placé ses quatre disciples éminents (Sureshvara Âcârya, Padmapâda, Hastamâlaka et Totakâcârya) comme responsables du Shringeri Math, Jagannath Math, Dvâraka Math et Joshisha Math respectivement. Le sannyâsî le plus célèbre dans la succession des gourous du Shringeri Math était, bien sûr, Vidyâranya, le grand commentateur des Védas et le père de la dynastie de Vijayanâgar. Il était le Diwan de Vijayanâgaram. Il est devenu sannyâsî  vers 1331 ans de notre ère. Les onze sannyâsîs avant Vidyâranya étaient Shankarâchârya, Viswarûpa, Nityabodhaghana, Jnânaghana, Jnânottama, Jnâna Giri, Simha Girishvara, Ishvara Tirtha, Nârasimha Tirtha, Vidyâ Shankara Tirtha et Bhârati Krishna Tirtha.

 

Le trône pontifical historique et sacré du Shringeri Math est connu comme le Vyâkhyâna Simhâsana ou le Siège de la Connaissance. La tradition veut que Sarasvati, la Déesse de la Connaissance,  ait donné ce siège au grand Shankara, en appréciation de l'énorme érudition du philosophe. Trente-cinq âcâryas se sont assis sur ce trône pontifical avant Son actuelle Sainteté, Shrî Bhârati Krishna Tirtha Mahâswâmigal, dans une succession régulière et ininterrompue.

 

Dashanâmi Sannyâsis

 

Shankara a organisé dix ordres définis de sannyâsîs sous le nom « Dashanâmis » qui rajoute, à la fin de leurs noms un des dix suffixes suivants : Sarasvati, Bharati, Puri (Shringeri Math), Tirtha, Âshrama (Dwâraka Math); Giri, Parvata et Sagar (Joshi Math); Vana et Âranya (Govardhana Math).

 

Le Paramâhamsa représente le plus haut de ces catégories. Il est possible de devenir un Paramâhamsa par une longue série d'études de Védanta, de méditation et de réalisation du Soi. L'Ativarnâshramis est au-delà des castes et des étapes de la vie. Ils dînent avec toutes les classes des gens. Les sannyâsis de Shankara se trouvent partout en Inde.

 

La Philosophie de Shankara

 

Shankara a écrit des Bhâshyas ou des commentaires sur les Brahma Sutras, les Upanishads et la Gîtâ. Le Bhâshya sur les Brahma Sutras est appelé Sarîrika Bhâshya. Shankara a écrit des commentaires du Sanat Sujâtiya et sur le Sahasranâma Adhyâya. Il est dit que "Pour l'étude de la logique et de la métaphysique, étudiez les commentaires de Shankara ; pour obtenir la connaissance pratique qui se développe et qui renforce la dévotion, étudiez ses œuvres tels le Viveka Chûdâmani, l’Atma Bodha, l’Aparoksha Anubhûti, l’Ânanda Lahari, l’Âtma-Anâtma Viveka, le Drik-Drishya Viveka et l’ Upadesha Sahasrî !" Shankara a composé des œuvres innombrables en vers qui sont incomparables en douceur, en mélodie et en profondeur.

 

Le Brahman suprême, selon Shankara, est nirguna (sans caractéristique), nirâkara (informe), nirvisesha (sans attributs) et akartâ, non-agissant. Il est au-delà de tous les besoins et de tous les désirs. Shankara dit : "Cet Atman est évident ! Cet Atman ou le Soi n'est pas établi par les preuves de l'existence du Soi. Il n'est pas possible de nier cet Atman, car c'est l'essence même de celui qui le nie. L'Atman est la base de toutes les sortes de connaissance. Le Soi est à l’intérieur, le Soi est en dehors, le Soi est devant et le Soi est derrière ! Le Soi est à droite, le Soi est à gauche, le Soi est au-dessus et le Soi est au-dessous !"

 

Satyam-Jnânam-Anantam-Ânandam (Vérité-Connaissance-Infini-Bonheur) ne sont pas des attributs séparés. Ils forment l'essence même de Brahman. Brahman ne peut pas être décrit, parce que la description implique la distinction. Brahman ne peut pas être distingué d'autre chose que Lui.

 

Le monde objectif – le monde de noms et de formes – n’aucune existence indépendante. L'Atman seul existe réellement. Le monde est seulement vyavahârika ou phénoménal.

 

Shankara exposait la philosophie du Kevala Advaita. Ses enseignements peuvent être résumés dans les termes suivants :

 

Brahma Satyam Jagat Mithya, Jîvo Brahmaiva na aparah

 

Brahman seul est réel, ce monde est irréel ; le jîva est identique au Brahman !

 

Shankara a prêché le Vivarta vâda. De même que le serpent est en superposition sur la corde, ce monde et ce corps est superposé sur Brahman ou le Suprême Moi. Si vous obtenez une connaissance de la corde, l'illusion du serpent disparaîtra. Cependant, si vous obtenez la connaissance de Brahman, l'illusion du corps et du monde disparaîtra.

 

Shankara est une des plus grandes intelligences et des grandes âmes que l'Inde ait produites. Il était l’enseignant de la philosophie de l’Advaita. Shankara était métaphysicien géant, un philosophe pratique, un logicien infaillible, une personnalité dynamique et avait une force morale et spirituelle extraordinaire. Sa maîtrise et ses pouvoirs de clarification ne savaient aucune limite. Il était un yogî, un jnânî et un bhakta totalement épanoui. Il était un karma yogi suprême. Il était un aimant puissant.

 

Il n'y a pas de branche de connaissance que Shankara n’ait pas explorée et qui n'ait pas reçue le contact, qui n’ait pas été poli et affiné par son intellect surhumain. Nous avons une très haute révérence pour Shankara et ses œuvres. La grandeur, le calme et la fermeté de son esprit, l'impartialité avec laquelle il traite les questions diverses, sa clarté d'expression - tout ceci fait que nous ayons de plus en plus de respect pour le philosophe. Ses enseignements continueront à vivre tant que le soleil brillera.

 

L'érudition de Shankara et sa manière magistrale d'exposer les problèmes philosophiques complexes ont gagné l'admiration de toutes les écoles philosophiques du monde. Shankara était un génie intellectuel, un philosophe profond, un propagandiste doué, un prédicateur incomparable, un poète de génie et un grand réformateur religieux. Peut-être, jamais dans l'histoire, on a trouvé un auteur aussi extraordinaire que lui. Même les savants occidentaux actuels lui payent leur hommage et leur respect. De tous les systèmes antiques, celui de Shankarâcârya sera considéré comme étant le plus agréable et le plus facile à accepter pour un esprit moderne.

 

Prière :

 

Bénis cette adoration,

O Seigneur qui Te suffis par Toi même !

Tu es apprécié dans mon cœur,

Que nous réussissions à garder ce que nous avons acquis

Et que nous sommes capables d’acquérir encore plus

Par Ta grâce !

Rg Veda. 7.86.8

10:34 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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