25/04/2006

Satsang du 15 avril 2005

PENSEE DU JOUR :

 

                O Seigneur, toutes mes recherches arriveront à leur fin quand j’aurai Ta vision !

Tâyumânavar

 

 Maturité émotionnelle

(suite & fin)

Swami Dayananda Sarasvati

 

Le soi doit être compris              

 

Un autre problème concernant le Védânta est que les gens pensent que le Védânta est une connaissance intellectuelle et qu’une fois cette connaissance acquise, il faut la mettre en pratique. Pratiquer quoi ? Si une pratique est requise, c’est la pratique de l’étude du Védânta. Atma va re srotavyah : le Soi doit être écouté ! Quand vous êtes en train d’écouter la Gîtâ, vous ne faites rien d’intellectuel car la Gîtâ est tout ce qu’il faut. La Gîtâ est un pramana, un moyen de connaissance valide, approprié. Les mots de la Gîtâ sont un miroir qui vous montrent ce que vous êtes. Quand vous voulez voir votre visage, vous avez besoin d’un miroir car vos yeux ne peuvent objectiver votre visage. Quand vous regardez votre visage dans le miroir, c’est avec vos yeux que vous le voyez, mais vous avez toujours besoin d’un miroir. De la même façon, quand vous écoutez la Gîtâ, c’est seulement avec votre intellect que vous comprenez, mais vous avez besoin de ce miroir sous forme de mots qu’est la Gîtâ. La personne qui utilise l’intellect est la personne qui utilise le moyen de connaissance et cette personne est le tout, param brahma. Les mots “tout”, “complet” servent de miroir, pour que vous reveniez à vous-même, et vous ne vous lassez jamais de vous regarder dans le miroir.

 

Vous vous regardez dans un miroir le matin même quand vous vous êtes déjà regardé la veille. La première chose que quelqu’un fait le matin, c’est de se regarder dans le miroir de la salle de bains. Et ensuite, il saisit l’opportunité de regarder le soi sur toutes les surfaces brillantes qu’il rencontre. Si ce corps physique, avec toutes ses limitations, est aimé à ce point par les gens, que dire de ce soi qui est ananda, la plénitude et du miroir qui reflète ce soi, la totalité ? Personne ne se lassera jamais de regarder ce miroir qui ne me dit pas que je suis un pécheur. Le Seigneur Krsna dit :

 

                               Api cedasi papebhyah sarvebhyah papakrttmah      

                               Sarvam jnanaplavenaiva vrjinam santarisyasi

 

Même si tu es le pire pécheur parmi les pécheurs, malgré cela tu traverseras  avec aisance le samsara grâce au seul radeau de la connaissance.

                                                               (Bhagavad-Gîtâ IV,36)

 

Si vous êtes le plus grand des pécheurs et que vous avez commis tous les crimes mentionnés dans les Écritures et de nombreux autres, vous traverserez tout de même l’océan du péché avec l’aide du radeau de la connaissance - cette connaissance étant la Gîtâ.

 

Il n’est pas nécessaire d’avoir de nouvelles expériences. C’est la compréhension de l’expérience qui est nécessaire. Le soi est toujours expérimenté. Vous êtes capable de m’entendre parce que le soi est tout le temps lumineux. Il faut comprendre, connaître que le soi est plénitude. Et cette connaissance demande une certaine maturité intérieure.

 

Il est essentiel de vivre une vie de yoga pour être mature. La Gîtâ est également un yogashâstra car elle parle de yoga, du moyen d’acquérir cette maturité intérieure. Tout ce dont j’ai parlé jusqu’à présent se fonde entièrement sur la Gîtâ. Pour un yogi qui possède un mental mature, suddhantahkaranam, il y a quelque chose à comprendre, à connaître. Connaître le soi est le but ultime de la vie. Tout ce que vous cherchez toute votre vie, c’est l’acceptation de soi, et cela n’est possible que si le soi est acceptable ; autrement, il est impossible d’apprécier cet enseignement.

 

Quand je dis que vous êtes le soi heureux, ce n’est pas une pensée positive, c’est une pensée juste. La pensée positive ne vous mène pas très loin car dés qu’il y a une pensée positive, il y a invariablement une pensée négative qui lui est attachée. Cet homme a une image très basse de lui-même – il se considère comme quelqu’un d’inutile – et si on lui dit qu’il est utile, grand, cela peut l’aider, mais en fin de compte, la pensée positive a le même niveau de validité que la pensée négative. Mais quand je dis que vous êtes déjà acceptable, ce n’est pas  de la pensée positive car c’est un fait ; le soi est acceptable, il est pûrna. Vous avez l’expérience de cette pûrnatvam, de cette acceptabilité chaque fois que vous êtes heureux, ce qui doit également être compris.

 

Vous devez étudier les Écritures

 

Nos Écritures, c’est-à-dire les Upanishads, la Gîtâ, sont un miroir. Leur étude est merveilleuse, surprenante. Il n’y a rien d’intellectuel dans cette étude, si elle est menée de manière appropriée. Par exemple, vous êtes en train de m’écouter en ce moment. Il n’y a rien d’intellectuel là-dedans. J’utilise des arguments logiques pour contrer l’absence de logique de vos conclusions au sujet de vous-même. Vous devez suivre, voir mon raisonnement pour détruire vos conclusions incohérentes. Le caractère fallacieux, erroné de vos conclusions doit être reconnu en tant que tel. En l’absence d’arguments pertinents, justes, tout semble être cohérent et logique. Ce que les shâstras, l’Écriture, accomplissent, c’est d’exposer, de faire apparaître toutes nos conclusions erronées puis de les démolir. La méthode des shâstras ne peut être remplacée par aucune autre méthode. Aucun yoga ne peut remplacer l’étude des shâstras et c’est pourquoi il est dit :

 

                               Sannyâsa shravanam kûryat

                               Renonce à tout et écoute les Écritures !

 

Shravanam veut dire shâstras vichâra, la recherche de la vérité avec l’aide des shâstras. Les Shâstras sont un miroir pour vous et vous devez saisir l’opportunité d’étudier les Écritures et les laisser vous révéler, voir vous-même. Tout est dans votre sang, votre culture, votre éducation. Vous ne savez peut-être pas que vous êtes déjà imprégné d’un bon nombre de choses. Vous devez le savoir. Il a fallu que Jambavân dise à Shri Hanumân qu’il pouvait franchir d’un bond l’océan et accomplir sa mission. Il a fallu qu’on le lui dise et de la même manière, il faut aussi que l’on vous le dise. Vous l’avez en vous. Il y a un certain nombre de choses dans notre culture religieuse, mais vous devez avoir cette connaissance et c’est ce que vous accomplissez en étudiant nos Écritures : la Gîtâ et les Upanishads.

 

Om Tat Sat

 

Telle est Ta grandeur, ô Seigneur généreux !

Les innombrables formes sont les Tiennes !

Les millions sont Tes millions,

Ou Tu es un milliard par Toi-même !

Atharva. Véda 13.4

22:21 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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