13/04/2006

Satsang du 8 avril 2006

Namaste ! Vanakkam ! Bonjour !

Voilà revenu le temps des célébrations : Varusha Pirappu et Pâques. Varusha Pirappu (Jour de l’An tamoul) est un moment très important pour les Tamouls hindous. C’est le signe d’un changement – l’entrée du Soleil dans le signe du Bélier. Quelque soit le fait astronomique ou astrologique, nous devons nous rappeler surtout du symbolisme. Le soleil –Sûrya dans la tradition hindoue- est le symbole de la splendeur de Dieu. Il est auto-resplendissant ; il n’emprunte pas sa lumière. Il donne la lumière et la chaleur, donc la vie. Ce changement de signe est très fort - surtout pour cette année 5107 – puisque le nom de l’année est Vyaya (Viya en langue tamoule). Vyaya est synonyme de changement, de mouvement. Le changement ne doit en aucun cas être négatif. Nous devons trouver la force et l’énergie pour “changer ce que nous pouvons changer et accepter ce que nous ne pouvons changer !”
Voici donc le dernier e@satsang de l’année 5106. Je profite de cette occasion pour vous souhaiter à toutes et à tous, tous mes “nalputtandu vazhttukkal”, tous mes meilleurs voeux de bonheur et de prospérité spirituelle pour l’année 5107.
A l’année prochaine !
Swamiji

 

PENSEE DU JOUR :

 

Dieu est l’océan et notre âme est la rivière qui, par tous les moyens, court vers Lui !

                                 Maturité émotionnelle

(suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

Personne ne peut vous blesser       

 

Le Védânta va un pas plus loin. Il affirme que personne ne peut vous blesser. Nâyam hanti na hanyate.1 Âtmâ, Je, le Soi, ne blesse pas et ne peut pas être blessé. Si vous écoutez attentivement l’enseignement, vous allez découvrir que le Soi est akarta, non-agissant. Âtmâ est libre de toute action. Il n’accomplit jamais d’action et n’a donc pas de complexe de culpabilité. Tout ce qu’il y a, c’est uniquement votre mémoire, vos impressions. Dieu ne nous a pas donné une mémoire pour nous juger nous-même, mais pour que nous nous rappelions  des choses nécessaires dans notre vie – pouvoir reconnaître votre femme et votre enfant quand vous rentrez à la maison, ou pour que vous ne demandiez pas deux fois votre déjeuner le même jour !

 

La mémoire n’est pas vous. Vous avez collecté, rassemblé des impressions au cours de votre vie - certaines plaisantes, d’autres déplaisantes. La maturité consiste à reconnaître le fait que tous les événements ne peuvent être plaisants. La vie est un mélange d’agréable et de désagréable. Une personne qui est mature accepte facilement, sans effort, à la fois l’agréable et le désagréable tout au long de son voyage, de son chemin. Les souvenirs ne sont que des souvenirs, alors que le “Je” en vous est simple et pure conscience.

 

Le Soi n’accomplit aucune action. Quand vous me regardez, ce n’est pas le Soi qui regarde. Le Soi qui est derrière les yeux, derrière le mental est pure conscience. Quelle action accomplit-il ? C’est le mental qui bouge, pense, souhaite, veut et toutes les actions se déroulent à cause de cette conscience. La conscience donne sa grâce au mental, fait que les choses fonctionnent, et cette conscience est Je. Elle n’accomplit absolument aucune action et vous êtes donc toujours libre de toute culpabilité, car la culpabilité est centrée sur un “ Je ” qui est non-agissant.

 

Et “Je” ne peut être blessé que s’il est possible d’objectiver ce “Je”. Mais quelqu’un peut-il objectiver ce “Je” ? Vous êtes le seul qui puisse objectiver le monde tout entier mais le monde ne peut vous objectiver. Est-ce exact ou non ? Vous êtes le “Je” et tout le reste est l’objet, est objectivé par ce “Je”. Ce corps, les organes des sens, le mental, le temps, l’espace, sont tous des objets de connaissance de la part de “Je” et “Je” est le seul sujet dans la création. Il n’y a absolument aucun autre ou second sujet. Nul ne peut objectiver le “Je” pour vous blesser. Nâyam hanti na hanyate, ni blessure ni culpabilité ne sont possibles pour l’Âtmâ , le Soi.

 

Le sentiment de blessure ou de culpabilité sont relativement peu présents chez un individu mature. Il ne permet pas au monde de le toucher, de l’affecter car le monde ne peut blesser uniquement que celui qui exige que le monde se comporte d’une manière précise envers lui. Si vous acceptez les gens comme ils sont, avec leurs limites, leurs inquiétudes, leurs peurs, alors vous devenez bienveillant, indulgent à leur égard, vous ressentez ce qu’ils ressentent. Quand quelqu’un essaye de vous tromper et que vous le savez, supposons que vous laissez cette personne vous tromper. Cela veut dire que vous êtes plus fort. Vous savez que vous êtes assez grand, immense pour permettre aussi cette tromperie d’avoir lieu. C’est comme une vis sans fin. Vous serrez la vis et elle continue à tourner sans fin. Rien n’y fait car il n’y a pas d’hélice. Je ne veux pas dire que vous devriez être excentrique, bizarre ou vous faire facilement avoir2. Ce que je veux dire, c’est que le monde ne peut pas vous blesser, vous toucher, si vous comprenez justement le monde.

 

Ce n’est pas de l’arrogance ou de l’orgueil. Vous ne ferez qu’attirer les problèmes si vous êtes fier, supérieur : “Personne ne peut me faire de mal.” Quand vous avez ce type d’ego, il y a toujours quelqu’un d’autre qui aura un ego encore plus grand. Je ne parle pas ici de l’ego. Je suis en train de dire que vous devez essayer de comprendre celui qui est en face de vous. Pourquoi se sent-il obligé de vous accuser ? Pourquoi ne peut-il pas s’empêcher de vous embêter ? Pourquoi a-t-il peur de vous ? Pourquoi est-il jaloux de vous ? Qu’est-ce qui le rend ainsi ? Dés l’instant où vous vous posez ces questions, vous essayez de le comprendre, vous devenez bienveillant, tolérant et dans le même temps, vous apprenez aussi comment il faut se comporter avec cette personne. Il faut parfois garder ses distances, parfois s’éloigner,  il faut dire quelquefois dire quelque chose et d’autres fois être patient. Vous êtes en mesure de faire tout cela suivant votre disposition, aussi longtemps que vous n’êtes pas blessé, affecté.

 

Ainsi il est essentiel de devenir mature et la maturité consiste à se développer intérieurement. C’est vous qui devez lancer, entreprendre ce processus de développement et non Dieu, car vous disposez d’une volonté libre, sans contrainte. Et vous ne serez jamais  perdant. Il se peut que vous perdiez un peu d’argent dans cette quête de la maturité, “bien et alors ? ” Vous serez en tout cas une personne intégrée, unifiée et quand vous avez acquis cette maturité, vous êtes capable de comprendre la vérité, la réalité que le Soi, “ Je ”, est pûrna, le tout, la plénitude.

 

Vous êtes le tout

 

Vous êtes le tout, la plénitude. Le tout ne peut être fait de morceaux collés ensemble. Tout comme l’infini n’est pas constitué de nombres finis, le tout est toujours le tout et n’est pas quelque chose de séparé de moi. Par conséquent, en tant que Soi, vous êtes une personne complète, entière. Vous rencontrez cette personne entière à chaque fois que vous êtes heureux. Quand vous écoutez de la musique et que vous êtes bien, content, il y a en présence la musique que vous aimez et il y a aussi vous, vous la personne, que vous aimez aussi. Tous  deux sont aimés dans cette expérience de contentement. A cet instant, vos râga et dvesha n’interviennent pas, ce qui signifie que le Soi qui veut, le Soi qui lutte, le petit Soi, ne se montre pas. Vous réalisez alors que la situation et vous formez un tout, un cercle complet. C’est ce cercle que nous appelons pûrnatvam, la plénitude, la totalité. Ce cercle peut se manifester dans toute situation qui vous rend heureux. 

 

Vous regardez les étoiles, vous êtes content. Vous ne voulez pas que les étoiles ou les autres composants de la situation Soient différents de ce qu’ils sont. Quand vous êtes content d’être dans une certaine situation, vous et cette situation devenez un cercle complet, vous ne faites plus qu’un. A cet instant, vous êtes en fait en train de faire l’expérience de vous-même parce que la totalité, la plénitude est vous. Il est important de comprendre cela. Du point de vue de l’expérience, pûrnatvam, la plénitude est une chose que vous connaissez. Vous n’avez pas besoin d’avoir une nouvelle expérience de cette plénitude. C’est la confusion qui est le problème et non l’absence d’expérience.

Prière :

 

O Seigneur, Toi qui est Amour,

Puissé-je ne jamais T’oublier !

Puissé-je toujours me souvenir

Que Tu es mon ami et mon compagnon,

Mon guide spirituel

Et mon refuge quand le monde m’assaille !

Tu es Celui qui donne la Vue !

Accordes-moi Ton darshan, Ta vision !

De Ta radiance, illumine mon cœur

Afin que je ne détourne jamais mon regard de Toi !

Swami Paramânanda


1 Bhagavat Gita II,19

2 Note du Traducteur : Jeu de mots sur loose screw. Have a loose screw signifie être bizarre. To screw, en langage familier, signifie extorquer, maltraiter ou tromper.

11:57 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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