15/03/2006

Satsang du 11 mars 2006

PENSEE DU JOUR :

            

 Aruni parla :

«  Au début, il y avait une âme unique – un âme sans rien d’autre ! De l’âme est apparût tout l’univers, et tout ce qui existe en lui. Il n’y a rien dans l’univers qui ne viennent pas de l’âme. L’âme demeure dans tout ce qui existe ; elle est la vérité de tout ce qui existe ! Oui, mon fils, tu es l’âme ! »

Son fils répondit :

« Père, parle-moi encore de l’âme ! »

Aruni continua :

Commençons par le sommeil ! Que se passe-t-il quand tu dors ? Quand tu sombres dans le sommeil sans rêve, tu es en union avec l’âme – même si tu n’en es pas conscient ! Pense à un oiseau que retient un fil ; il vole dans toutes les directions. Voyant qu’il ne peut aller quelque part, il se repose sur la branche à laquelle il est attaché ! De même l’esprit est attaché à l’âme ! Il vole en tous sens pendant la journée et, la nuit venue, il se repose dans l’âme ! L’âme est la demeure de tous les êtres vivants ! De l’âme, tous les êtres en retirent leur force !

Parlons maintenant de la mort ! Quand une personne meurt, la parole est absorbée par le mental, ce dernier est absorbé par le souffle, le souffle par le feu et le feu par l’âme ! Comme je l’ai dit, il n’y a rien en dehors de l’univers qui ne vienne de l’âme. L’âme demeure dans tout ce qui est ! Toi, mon fils, tu es l’âme ! »

                        « Père, parle-moi encore de l’âme ! » lui dit son fils.

 

Chandogya Upanishad 6.2.2-3,8.1-2.6-7

 

 

Maturité émotionnelle

(suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

Adorez Dieu par vos actions

 

Le dharma est inscrit dans notre psyché. Si vous avez lu ou entendu le Râmâyana, vous savez ce que cela représente d’être un frère, un père, un mari, une épouse et ainsi de suite. Et le Râmâyana nous montre aussi ce que cela signifie d’être un râkshasa, un démon. Ainsi, nous ne considérons pas le dharma comme quelque chose de séparé de Dieu ; nous ne disons pas que vous atteindrez Dieu par le dharma, car le dharma lui-même est Dieu. Par conséquent, nous invoquons, prions Dieu chaque fois que nous suivons le dharma. C’est cela la vision védique de la vie humaine et du monde. Cette vision est exprimée joliment dans le verset suivant de la Bhagavad-Gîtâ :

 

                        Yatah pravrttibhûtanâm yena sarvamidam tatam

                        Svakarmanâ tamabhyarcya siddhim vindati mânavah

 

Un être humain atteint le succès (siddhi) en adorant, au travers de son propre devoir         (svakarma), Celui de qui provient cette création toute entière, et Celui qui imprègne tout !

                                               (Bhagavad-Gîtâ XVIII,46)

 

En adorant Dieu par svakarma, en agissant en accord avec l’ordre, on gagne le siddhi, le succès. Siddhi est un très beau mot. Généralement, siddhi se traduit par “pouvoir extraordinaire ” ou “miracle”, mais ici il signifie kârya siddhi, le succès dans l’action.

 

Dieu est présenté ici non seulement comme l’auteur de la création mais aussi comme Celui qui imprègne, Celui qui est présent dans la création toute entière. Tout comme un pot est imprégné d’argile, sa cause matérielle, la création est imprégnée par Dieu. La création toute entière, qui inclut ce corps physique, est imprégnée par Dieu. On doit adorer Dieu par svakarma. Tout ce qui devrait être fait dans une situation donnée, en accord avec la loi du dharma, est appelé svakarma, le devoir propre à chacun. Dans chaque situation, que ce soit creuser un fossé, conduire une voiture ou travailler au bureau, il vous est demandé d’agir d’une certaine manière. Ce qui doit être fait dans une situation donnée est généralement évident. Quand cette action évidente est accomplie, elle devient un acte d’adoration de Dieu.

 

Dieu n’a pas créé ce monde puis s’en est retiré. La création se poursuit constamment. Même si le Seigneur Vishnou est représenté allongé sur un serpent en guise de lit et en yoga nidra (sommeil yogique), Il remplit tout à fait bien sa mission de maintien de l’ordre dans la création. Tout  se déroule grâce à Sa présence ; comme cela ne Lui demande aucun effort particulier, Il est donc représenté allongé sur un serpent. Un ordre nouveau est constamment en création, l’ancien étant perpétuellement remplacé par le nouveau. Nous nous rendons compte que les choses changent constamment et ce qui disparaît ne revient pas. Il y a un processus de destruction et de création. Il ne peut y avoir de création nouvelle sans destruction simultanée de l’ancien. Il ne peut y avoir de monde sans cet élément qu’est kâla, le temps, et la nature du temps lui-même est le passé, le présent et le futur. Ainsi les trois divinités Brahma, Vishnou et Roudra travaillent toutes simultanément.

 

Tout dans la création fonctionne suivant sa nature. Un manguier ne donne que des mangues, et pas de citrons ! Les arbres assimilent du dioxyde de carbone et rejettent de l’oxygène. Le comportement de chaque élément de la création est prévisible car il suit des lois déterminées. Tout fonctionne en conformité avec l’ordre universel et ainsi tout participe au grand yagna, à l’écologie du cosmos. Chaque plante, chaque animal y participe. Ils possèdent tous l’instinct dont ils ont besoin et se comportent en accord avec un ordre déterminé.

 

Je suis moi aussi un participant à ce yagna (sacrifice) de la création. Je ne suis pas supposé être un simple témoin. Car s’il avait été prévu que je sois seulement un témoin au lieu d’être un participant, je n’aurais pas été doté d’organes d’action, de mains et de jambes. En tant qu’être humain, je suis aussi un participant à cette écologie cosmique. Il m’a été donné un libre arbitre et une faculté de choix. Puisque je dispose de la liberté de choisir, je dois nécessairement savoir comment participer au yagna de la création.

 

Le Seigneur Krishna dit : « Adore Dieu en agissant en conformité avec ce qui doit être la norme ! » Une telle instruction n’est pas nécessaire pour les animaux ou les autres êtres vivants car ils sont programmés pour agir en accord avec l’ordre. Mais l’être humain doit arriver par son intelligence à comprendre ce qui est attendu de lui dans une situation donnée, en un lieu et à un moment donnés, et pour cela, il doit connaître les normes sur la base desquelles il pourra choisir ses actions. Cette base, cet ordre est l’ordre cosmique, l’ordre moral qui a pour base le libre-arbitre. Les vaches n’ont pas besoin d’Écriture sacrée comme la Gîtâ car les vaches sont toutes éthiques. Il n’y a pas de vache immorale. Même les animaux carnivores ne privent pas les autres êtres vivants en faisant des réserves de nourriture. Ils semblent être dénués de convoitise ou de cupidité. Un animal mettra peut-être de la nourriture de côté pour ses enfants, mais il le fera dans certaines limites, alors qu’un être humain voudra épargner pour ses enfants et aussi pour ses petits enfants ! C’est pour cette raison qu’un être humain peut déposséder ses congénères de leurs droits et de leurs besoins.

 

Les animaux et les autres êtres vivants suivent instinctivement l’ordre cosmique et c’est pourquoi leur comportement est prévisible. Quand vous rentrez chez vous, vous pouvez être sûr que votre chien vous accueillera en remuant la queue, car vous êtes son maître. Mais si un homme souriant s’approche de vous, vous ne pouvez pas être sûr qu’il soit amical ; il est même possible qu’il sorte un revolver et vous tire dessus, un moment après vous avoir serré la main.

Prière :

 

O Agni, Feu cosmique,

Après une profonde contemplation et recherche,

Le chercheur résolu T’a découvert

Du lac en forme de feuille de lotus, le Cosmos,

Qui est la tête et le support de l’univers !

Rg.6.16.13

10:26 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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