28/02/2006

La longue marche pour Shiva - Ile Maurice

Sacrifice, ferveur et piété ont marqué le Maha Shivaratree. Dès ce matin, l’eau sacrée puisée du Grand-Bassin sera versée sur le Shiva Lingum.

Fourbus mais heureux d’avoir accompli le pèlerinage jusqu’au lac sacré, ils étaient nombreux hier à prendre le chemin du retour.
Ce soir, le Char Pahar ki Pooja, une prière qui sera dite dans tous les temples de l’île, marquera la fin du Maha Shivaratree. L’eau sacrée du Ganga Talao obtenue après un long sacrifice, aura été versée ce matin sur le Shiva Lingum.

De Pamplemousses à Bramsthan hier, on a vu défiler des groupes composés d’hommes, de femmes et d’enfants en blanc. Ils transportent de lourds kanwar où est accroché le pot en cuivre contenant l’eau du lac sacré.

La fatigue se lit sur les visages, les corps ruisselant de sueur, se laissent tomber à l’ombre d’un badamier au jardin de Pamplemousses. Quelques gorgées d’alouda glacé gracieusement offert par des volontaires apaisent les gosiers en feu. Et on se laisse tenter par l’épais tapis de gazon. Une petite pause avant l’ultime effort. « La chaleur est assez inconfortable.

A part l’absence de toilettes sur le trajet, tout s’est bien passé », commente Kamla Dulthumun de Poudre d’Or Hamlet.
Les quinze membres du Mahatma Gandhi Cultural Circle de Piton s’apprêtent à reprendre la route. Le temps de remplacer le vétiver séché de leur kanwar par des brindilles plus fraîches. Rahul, le benjamin du groupe, n’a que 11 ans. Vêtu d’un kurta impeccable, le gosse ne porte aucune trace de fatigue. « Il dit qu’il est prêt à refaire le trajet jusqu’à Grand-Bassin », sourit le président de l’association, Sanjeev Bandoo.

Le kanwar représente le poids et les souffrances de la vie. Est-ce pour cette raison que les pèlerins le fabrique de plus en plus grands et lourds ? « Nous n’y avons pas réfléchi », avoue Vishal Seedheeyan debout devant l’imposante structure en bambou fabriquée dans le village de Trou-d’Eau-Douce. « Les compagnons se relaient à tour de rôle pour la porter, ainsi on ne ressent pas la fatigue. »

Leur famille est venue leur rendre visite sur les berges de la rivière Coignard à Bramsthan où ils font une halte. « Les aînés nous ont apporté courage et bénédiction. » Les derniers kilomètres à parcourir sont les plus durs.

 

Article du 26/02/06 de l'Express (http://www.lexpress.mu/)

17:47 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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