26/02/2006

L'hindouisme s'ancre en France

PARIS (AFP) - L'Hindouisme, religion née en Inde il y a 5.000 ans, s'ancre et se répand en France, où les Indiens, Sri-Lankais et Mauriciens qui en sont adeptes forment une communauté de plus de 150.000 personnes, tandis que de nombreux Français y trouvent un apaisement spirituel.
"L'hindouisme, c'est la loi éternelle, +"sanatana dharma+. On peut parler de religion, ou plutôt de métaphysique. Mais cette religion est sans fondateur, sans prophète et sans appel à la conversion", explique à l'AFP le pandit -"érudit"- Vishwanath Shastri, qui préside, en sanskrit, les prières, dans un temple du Xème arrondissement.

Les Indiens, ou Français d'origine indienne (65.000 en France), et de plus en plus de Mauriciens -30.000, en majorité hindouistes-, quêtent apaisement et réponse à leurs angoisses auprès de ce théologien charismatique, formé à Bénarès.

"Ici, les gens trouvent joie, détachement, solidarité avec les pauvres, ces valeurs de nos quatre livres sacrés védiques. Nous célébrons Brahman, le dieu créateur, mais aussi Vichnou, dieu protecteur, et Shiva, dieu qui détruit pour renouveler, ainsi que 30 autres divinités!", explique-t-il.

"Nous accueillons tout le monde. Nous administrons 16 sacrements, le premier au bébé dans le ventre de sa mère, le dernier au défunt. Il y a aussi le yoga, méthode hindouiste qui libère l'homme de sa dépendance à la matière", souligne-t-il. "Mais tout yoga n'est pas hindouiste!", relève-t-il.

A Paris, trois autres temples, dont deux dans le XVIIIème, accueillent surtout les Tamouls sri-lankais, 80.000 en France.

Sri-lankais lui-même, Vaithilinjam Sandharasekaram a fondé le premier, "Ganesha", dans une ancienne menuiserie où se serait produit une guérison miraculeuse.

"Deux prêtres brahmanes assurent les trois prières quotidiennes. Le week-end, nous sommes 500. Le temps fort, c'est le festival Ganesha, début septembre, où nous sommes 25.000", explique-t-il.

Porté sur un char multicolore, par des hommes pieds et torses nus, célébré par des musiciens et des femmes vêtues de splendides saris, le "dieu éléphant" est fêté, tandis que les fidèles chantent, tout en brisant et lançant des noix de coco, ce qui symbolise leur rejet de l'égoïsme.

Le temple reçoit aussi des Réunionnais, Malgaches, Guadeloupéens, Népalais, Vietnamiens et même Mexicains. Il y a aussi de nombreux Français "de métropole". "J'ai découvert la spiritualité hindouiste, sans renier ma religion catholique. Ici, je suis accueillie beaucoup plus simplement qu'à l'Eglise. Je me sens en famille, chez Dieu", explique une femme, comptable.

Tout près, se trouve le temple Amman, consacré à la déesse fille de Shiva. La grande majorité des fidèles sont également tamouls, travaillant souvent dans la restauration.

"Il y a de plus en plus de fréquentation et de ferveur", assure Tharhan Punnyamoothy, évoquant la mobilisation pour les victimes du tsunami de décembre 2004, dont il s'est occupé comme responsable de L'Organisation de réhabilitation tamoule (ORT).

Se défendant de toute "politique", son association, qui a recueilli 700.000 euros, est en contact avec de nombreuses collectivités de la région parisienne qui ont aidé le Sri Lanka.

"L'aide va aux Tamouls, qu'ils vivent dans les régions tenues par la rébellion (nord) ou celles du pouvoir de Colombo, ou ceux réfugiés en Inde", explique-t-il. "Cet élan traduit le renouveau hindouiste .

12:59 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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