16/01/2006

Satsang du 7 janvier 2006

PENSEE DU JOUR :

 

L’arbre de la Connaissance

 

Deux oiseaux amis sont perchés sur l’arbre de la connaissance, l’arbre d’immortalité. L’un d’eux mange les fruits sucrés. L’autre regarde sans consommer. Sans cligner des paupières, les oiseaux chantent comment ils partageront l’immortalité avec les sages.

L’oiseau qui mange le sucré, fera son nid et vivra sur l’arbre de la connaissance, l’arbre d’immortalité. Cet oiseau apprendra que le fruit qui pousse au bout de la branche est le plus sucré. Et il apprendra aussi que pour manger ce fruit, il doit connaître le parent de la création !

Rig-Véda.1.164.20-22

 

 

Maturité émotionnelle

(suite)

Swami Dayananda Sarasvati

Il faut comprendre Dieu et non croire en Dieu

 

Ishvara n’est pas un objet de croyance. C’est une réalité qu’il faut comprendre. Ce monde n’est pas un objet de croyance, car vous le percevez. Dieu n’est pas non plus quelque chose en quoi il faut croire, c’est un défi de Le comprendre. Si Dieu est au Paradis, hors de la portée de votre perception ou de votre inférence, alors Il devient un objet de croyance. Dans ce cas, vous acceptez simplement ce que l’on vous dit sans poser de questions. Mais le Dieu des Hindous n’est pas un objet de croyance. Les Hindous ne croient pas simplement en Dieu, ils perçoivent la signification ou la réalité de Dieu.

 

C’est la raison pour laquelle les Hindous adorent même l’espace. Il y a un temple dédié au Seigneur Natarâjâ à Chidambaram, dans le sud de l’Inde. Il y a dans ce temple chidambara rahasyam, le secret de chidambaram. Chit veut dire Dieu omniscient et ambara, l’espace et donc, dans ce temple ils adorent Dieu en tant qu’espace. Quand, jeune homme, je suis allé pour la première fois dans ce temple, j’étais impatient de connaître ce rahasyam. Quand le prêtre a tiré le rideau au moment de montrer l’ârati, j’ai vu qu’il n’y avait aucune forme. Tout ce qu’il y avait, c’était une guirlande de feuilles de bilva suspendue dans l’espace. Le secret, rahasyam, est donc que l’espace lui-même est Dieu. De la même façon, il y a un temple où l’air est adoré comme Dieu et un autre où le feu est Dieu, et ainsi de suite. Seul un vaidika peut adorer les éléments, c’est-à-dire l’espace, l’air, le feu, l’eau et la terre comme étant Dieu. C’est la vision des Vedas.

 

Vous n’avez nul besoin d’un endroit particulier pour prier ou invoquer Dieu. Vous pouvez L’invoquer partout car qu’est-ce qui n’est pas Dieu ? L’ordre qui existe dans l’univers est Dieu, toutes les lois sont Dieu. C’est là le sentiment, la vision d’une personne mûre.

 

La maturité n’est rien d’autre que l’appréciation de ce qui est. La maturité consiste à être objectif, à être pleinement conscient de la réalité. Ce sont là de simples faits. Nous ne croyons en rien. Nous prenons juste les faits avec une certaine discrimination, nous ne prenons pas les choses comme allant de soi. Nous parlons de ce qui est et donc il n’y a là aucune question de croyance. Nous pouvons voir que l’or est différent du cuivre et du plomb car chaque métal a sa propre masse atomique, ses propres propriétés physiques et autres. Mais un physicien sait que tous ces métaux ne sont que de l’énergie, des quanta d’énergie. Ce n’est pas une croyance. Si quelqu’un dit : “ Ce n’est pas ce que je vois ! ”, alors cette personne devra peut-être y croire, mais ce n’est pas le type de croyance avec lequel il faut vivre et mourir, comme la croyance en un Dieu qui est aux cieux. Il s’agit ici de shraddha, une croyance provisoire dans l’attente d’une validation ou d’une découverte personnelle ultérieure. Il y a quelque chose à comprendre. Nous comprenons la différence et aussi la non-différence, ce qui est au-delà de ce que peuvent voir nos yeux. C’est en cela que consiste la vision des Védas : la création tout entière n’est pas séparée d’Ishvara, car Il est à la fois la cause efficiente et matérielle de l’univers.

 

Dieu est appelé “ Il ” du point de vue du créateur, et “ Elle ” du point de vue du matériau, de la substance. En fait, “ Il ” et “ Elle ” sont utilisés indifféremment, et “ Cela ” est utilisé pour indiquer leur Vérité, leur Réalité essentielle.

 

Puisque Dieu est tout, Il est tous les noms et toutes les formes, nous pouvons l’invoquer sous n’importe quel nom ou dans n’importe quelle forme. C’est la conception la plus mature de l’adoration de Dieu. Nous pouvons Le prier dans toutes les langues, car il est omniscient et, de ce fait, devrait connaître toutes les langues. Il devrait même nous répondre avant même que nous ne L’appelions. Ce n’est pas de la tolérance ou je ne sais quoi d’autre, c’est simplement une certaine forme de compréhension. On dit que les Hindous tolèrent les diverses formes d’adoration. Nous sommes tolérants sans doute, mais dans ce cas précis, nous ne sommes pas simplement tolérants. Nous avons une acceptation totale ou une validation absolue de tout ce qui a trait à l’adoration, à la prière. C’est pourquoi on trouve très souvent de nombreuses déités -devatas - dans les salles de pûjâ. Tous les aspects de Dieu y sont représentés. Quand nous considérons le soleil comme étant Dieu, nous avons Suryadevata ; quand nous considérons l’air comme étant Dieu, ce sera Vâyudevata ; pour la terre, ce sera Prthvidevata, et ainsi de suite. Nous adorons le nimitta kârana, la cause intelligente, et l’upâdana kârana, le matériau devient le symbole qui la représente. C’est Dieu omniscient et omnipotent que nous adorons à travers le symbole, la représentation de l’upâdâna. Le soleil, la lune, l’air, etc... deviennent les symboles à travers lesquels nous adorons Dieu, et il y a divers devata ou divinités au travers desquelles nous adorons un Dieu unique.

Le seul(ement) Dieu

 

Nous ne disons même pas : “ Il y a un dieu unique ! ” ; nous disons : “ Il y a uniquement Dieu ! ” Quand vous dites qu’il y a un unique Dieu, cela signifie que vous êtes différents de Lui et qu’Il est situé quelque part dans les cieux. Si Dieu est différent de vous, Il ne vous inclut pas, ce qui veut dire que Sa force, Son pouvoir n’inclut pas votre force. S’Il est différent de vous, alors Il est différent de moi et différent de tous les être vivants. Cela signifie que la puissance de Dieu ne contient pas la puissance que vous possédez, que je possède, que les autres dieux et demi-dieux ont, et que les moustiques et les insectes ont aussi. Alors Il doit être seulement puissant mais Il n’est pas Tout-Puissant.  Il est comme mon oncle qui est lui aussi un homme très puissant. Mais même une personne puissante est sujette à des limitations. Même le président des États-Unis est  soumis aux piqûres de moustiques et aux attaques de virus ! De la même manière, ce puissant dieu sera lui aussi soumis à ces limitations.

 

Par conséquent, comprenez bien qu’il n’y a pas un seul Dieu. Il y a seulement Dieu et donc, si certains L’invoquent sous le nom d’Allah, c’est bien ; si d’autres L’invoquent sous le nom de Jésus, c’est bien aussi. Il n’y a aucun problème à cela. Si quelqu’un ne peut accepter le fait que les gens invoquent Dieu avec différents noms et différentes formes, c’est son problème. Nous n’avons pas ce problème parce que nous n’avons pas différents dieux, nous n’avons pas non plus un seul Dieu, nous avons seulement Dieu.

 

Il y a des gens qui pensent que Dieu devrait être invoqué uniquement sous un nom et une forme bien déterminés. Il y a quelques années, j’étais dans un train, en voyage. J’étais assis près de la fenêtre et un  homme était assis sur le siège opposé, près d’une autre fenêtre. Il lisait. Le troisième passager du compartiment observait l’homme qui lisait. Après un moment, il demanda à cet homme :

- “ Que lisez vous ?  ”

- “ Je lis la Gîtâ ! ” répondit-il.

- “ Qu’est-ce que la Gîta ? ”

- “ C’est une Écriture sacrée hindoue. ”

- “ De qui provient cette Écriture sacrée ? ”

- “ Du Seigneur Krsna ! ”

- “ Oh ! Est-ce que Krsna est Dieu ? ”

- “ Oui, Krsna est Dieu ! ”

- “ Et Rama alors ? ”

- “ Rama est aussi Dieu. ”

- “ Et Nârâyana ? ”

- “ Nârâyana aussi est Dieu ! ”

- “ Et Ganesha alors ? ”

- “ Il est Dieu aussi ! ”

- “ Combien de dieux avez-vous ? Vous ne vous y perdez pas ? ”

- “ Je ne m’y perds pas. J’ai des représentations des différentes divinités dans ma salle de prière ( de pûjâ) et je fais l’ârati, je les célèbre toutes et elles s’en réjouissent toutes ! Je m’y retrouve donc très bien ! ”

- “ Comment est-ce possible ? Vous devez être perdus avec de si nombreux dieux ! ” insista l’autre homme, et pour démontrer son point de vue, il entreprit de raconter une histoire. En racontant cette histoire, il regardait de temps à autre vers moi pour s’assurer que je l’écoutais aussi.

 

L’histoire est la suivante :

 

“ Il était une fois deux hommes qui voyageaient ensemble. Ils devaient traverser une rivière. Aucun de ces hommes ne savait nager, mais comme il n’y avait pas beaucoup d’eau dans la rivière, ils ont décidé de la traverser à pied. Alors qu’ils atteignaient le milieu de la rivière, il y eut une crue subite et ils se sont retrouvés en train de se noyer avant de pouvoir réaliser ce qui leur arrivait. Il n’y avait plus aucun moyen de sauver leur vie, et ils ont commencé à appeler Dieu.

 

L’un d’eux était Hindou et il a commencé à crier : “ O Nârâyana, viens, je t’en prie, sauve-moi ! ” Le Dieu Nârâyana entendit ses cris et entreprit de venir à sa rescousse mais avant qu’Il ne puisse lui porter secours, l’Hindou a commencé à crier : “ O Sadâshiva, viens, je t’en prie, sauve-moi ! ” Nârâyana a alors pensé que l’homme ne l’appelait pas, et appelait plutôt le dieu Sadâshiva, et Il est reparti. Sadâshiva qui avait entendu ses prières et s’est dirigé vers l’Hindou en train de se noyer, mais avant qu’il ne l’atteigne, l’homme a changé d’avis et a commencé à appeler le Dieu Ganesha au secours. Alors Sadâshiva s’est éloigné lui aussi et l’homme se noya avant que Ganesha ne puisse le sauver. »

 

L’autre homme qui était chrétien, lui, criait, “ O Jésus, je t’en prie, sauve moi ! ” Et devinez ce qui s’est passé ? Un morceau de bois est arrivé, flottant sur la rivière, il a pu l’attraper, et a donc pu traverser sain et sauf la rivière ! ”

 

“  Voyez vous ce qui se passe quand on a autant de dieux ? ” Le narrateur conclut l’histoire et ayant démontré son point de vue, me regarda triomphalement.

 

Je réfléchis un moment et puis je lui ai demandé : “ Quand cela s’est-il passé ? ” Il ne put me répondre et je dis :

“  Supposons que cet incident soit arrivé un vendredi après-midi à 4 heures, OK ? ”

“  OK ! ”, dit l’homme. Puis je dis :

“  Maintenant, alors que cet homme en train de se noyer appelait Jésus en Inde, une femme à Londres avait un accident et criait : “ O Jésus, je t’en prie, sauve moi ! ” Au même instant, un homme se faisait attaquer au couteau à Johannesburg et criait : “ O Jésus, aide moi, s’il te plaît ! ” Au même moment une femme souffrait dans son travail d’accouchement à New York et disait : “ O Jésus, aide-moi, je t’en prie ! ”

“  Dites moi, s’il vous plaît, où ira Jésus ? Ce sont tous des chrétiens pleins de foi et si Jésus se rend auprès de l’un d’eux, qui va s’occuper des autres ? Voyez, nous les Hindous n’avons pas ce genre de problème. Nos dieux se répartiront le travail : “  Nârâyana, tu vas là ! Ganesha, tu vas là-bas !  ”

 

Je dois admettre que ma logique n’était absolument pas meilleure que la sienne, mais elle a suffi à le réduire au silence. Il eut de la chance car le train était sur le point de s’arrêter à une station, il se leva donc rapidement et partit.

 

Tout cela est absurde. Nous n’adorons pas plusieurs dieux, nous n’adorons pas non plus un seul Dieu, nous adorons le seul(ement) Dieu. Nous L’invoquons avec différents noms et diverses formes. Chaque aspect de Dieu devient un devata. C’est la vision d’Isvara d’une personne mature.

PRIERE :

O Resplendissant Seigneur,

Tu as fait que le soleil,

Etoile sans âge,

Traverse le ciel

Pour donner la lumière

Aux hommes !

O Toi, la Splendeur,

Tu es la Lumière des hommes !

A nos côtés, Tu es cher et proche !

Pense au chanteur, accorde-lui la vie !

Rg.10.156.4

11:11 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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