28/11/2005

Satsang du 26 octobre 2005

 

PENSEE DU JOUR

 

O Seigneur, je ne sais quel exercice spirituel faire. Je sais que je souffre d’une maladie spirituelle grave et je ne connais pas le médicament pour la guérir.  Ma maladie est que je n’arrive pas à distinguer l’illusion de la Vérité !

 

Dans un rêve, un roi peut imaginer qu’il a tué un prêtre. Le poids du péché pèse sur lui et il se désespère d’obtenir le pardon. Il fait toutes sortes de sacrifices mais personne n’efface son sentiment de culpabilité. Le fardeau reste toujours sur son cœur, à moins qu’il ne se réveille !

 

Un homme peut avoir une guirlande à se mettre autour du cou mais sa vue est basse et il prend la guirlande pour un serpent. Il fait voltiger la guirlande et la frappe avec un bâton. Il continuera aussi longtemps qu’il pensera que le serpent est vivant. Il continuera à frapper jusqu’à ce qu’il soit épuisé!

 

Je suis comme ce roi, épuisé par le sentiment de culpabilité des péchés que j’ai commis. Mais ces péchés sont-ils réels ou imaginaires ? Je suis comme cet homme à la vue basse, pris par la peur de la maladie, les blessures et la malchance de souffrir. Mais la malchance est-elle réelle ou imaginaire ?

 

La culpabilité et la peur sont liées au sentiment du soi. A moins d’éliminer ce sentiment du soi – jusqu’à ce que je cesse de penser « je », moi », et «  mon », je ne serai jamais libre.

Tulsidas, Vinaya Pâtrika 122

 

Maturité émotionnelle

(suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

La réaction est un événement

 

Il  se produira des réactions à l’intérieur de moi si je n’accepte pas les faits. Une réaction est un événement ; c’est quelque chose de mécanique, de machinal qui se produit dans une personne. Une réaction n’est pas quelque chose sur laquelle vous avez un quelconque pouvoir. Elle n’a pas le visa de votre approbation consciente. Elle se présente à votre esprit. Elle est comme un moteur électrique qui est réglé pour tourner à une vitesse donnée, et qui ne fait que tourner à cette vitesse. Il bouge mécaniquement ; il n’est pas conscient qu’il tourne à une vitesse donnée. Il ne pense pas. S’il pouvait penser, s’il était libre, peut-être qu’il ne tournerait pas à la même vitesse tout le temps. Quelquefois, il pourrait aller plus vite, et d’autres fois plus lentement. Mais il n’est pas conscient qu’il tourne à une certaine vitesse, l’acte de tourner arrive tout simplement. On pourrait dire que le moteur n’agit pas, il réagit. Il ne tourne pas à une vitesse déterminée de sa propre volonté ; il est réglé pour fonctionner de cette façon et donc c’est une réaction. Ainsi, à chaque fois que vous n’avez pas conscience de quelque chose qui se produit en vous, c’est quelque chose de mécanique, c’est une réaction.

 

Quand les nuages s’assemblent et que la situation est propice, la pluie arrive. Ce n’est pas par choix. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas plu sur Baroda depuis longtemps que les nuages ont décidé de venir ici et de donner de la pluie. Les nuages n’ont aucun choix. C’est ainsi que la pluie survient, en résultat de certaines conditions favorables. De la même façon, une réaction se manifeste. La colère, la frustration, la jalousie, la tristesse, le désespoir, sont toutes des réactions, elles se produisent en vous.

 

Il est dommage que certaines personnes croient qu’il est nécessaire de se mettre en colère pour que les choses soient faites. Cet homme se met en colère à chaque fois que les choses ne se déroulent pas comme il le veut. Mais c’est un mauvais type de management, car personne ne respecte la colère. Ce n’est pas à cause de la colère de la personne, mais du fait de son pouvoir et sa position que les gens se soumettent à ses désirs. Ce type de personne a certains “boutons” déclencheurs et les gens autour de lui connaissent ces boutons. Au bureau, les subordonnés connaissent les “boutons” des supérieurs, et prennent soin d’éviter certains sujets et d’aborder certains problèmes. Toutes les femmes connaissent les points sensibles de leurs maris et elles préviennent aussi leurs enfants : “ Ne dites pas ceci à votre père. Sinon, il va se mettre en colère ”. Elles ont découvert au fil des ans ses différents boutons. Tous les enfants découvrent quels sont les “boutons” de leurs parents. Quand le père est vraiment en colère, ils se tiendront à distance de lui pendant trois heures, car ils ont compris que leur père met ce temps là à se calmer. Il est puéril de donner de la valeur à la colère. Enfant, vous vous mettiez en colère à chaque fois que l’on ne vous donnait pas un deuxième bonbon. Vous criiez et vous arrachiez les cheveux, et finalement votre mère vous donnait ce deuxième bonbon. Vous aviez découvert que la colère marchait et donc, à partir de ce moment, vous vous mettiez en colère à chaque fois que vous vouliez que les choses se passent comme vous le désiriez. Mais la colère est un événement ; vous ne vous mettez pas consciemment en colère, car la colère est une réaction.

 

Vous êtes un individu conscient qui dispose du libre-arbitre, d’une liberté de choix. Vous n’êtes pas comme les voitures-jouets réglées pour répondre de manière déterminée. Une voiture-jouet peut être programmée en sorte qu’elle tourne à droite si elle rencontre un obstacle. Quand vous lâchez la voiture, elle va en avant et tourne à droite en face d’un obstacle. Puis elle va dans une autre direction et à nouveau tourne à droite dés qu’elle rencontre un autre obstacle. Elle peut tourner uniquement à droite, et pas à gauche ou en arrière. Pourquoi ? Parce c’est une voiture automatique. Elle est programmée, mécanique. Mais vous ne pouvez pas vous comparer à cette voiture-jouet. Vous êtes plutôt comme quelqu’un qui a une voiture avec un volant de direction et un accélérateur. Avec la voiture, vous pouvez tourner à droite, à gauche, aller en avant et en arrière, et tout droit. Vous pouvez faire une variété de choses avec une voiture. En tant qu’être humain, vous disposez donc de la liberté de faire une variété de choses. Si par exemple, je vous demande d’applaudir, vous pouvez applaudir ou ne pas applaudir, ou le faire plus tard ! Vous avez la liberté d’agir ou de ne pas agir, ou d’agir de la manière que vous souhaitez. Mais cette faculté de choix, ce libre arbitre n’entre pas en jeu quand vous vous retrouvez en colère, triste ou frustré, car ce sont tous des événements mécaniques. Vous dites et faites des choses dans votre colère que vous regrettez plus tard. Je peux comprendre ce que ressent quelqu’un qui accorde de la valeur à la colère. Le Seigneur Krsna dit :

 

                               Kama esa krodha esa rajogunasamudbhavah

                               Mahasano mahapapma viddhyenamiha vairinam

 

Ce désir, cette colère, né de rajoguna est un grand dévoreur, un grand pécheur !              

Sachez qu’il est l’ennemi ici !                            

                                                               (Bhagavat Gîtâ III,37)

 

Le Seigneur qualifie la colère de grand pécheur. Une personne en colère peut même maltraiter son enseignant, ce qui signifie qu’elle peut faire n’importe quoi sous l’impulsion de la colère. Elle n’a d’égards pour personne, elle peut tirer sur quelqu’un, ou même sur elle- même. Par conséquent, sachez que la colère est votre ennemi. Il n’est pas à l’extérieur, il est à l’intérieur de vous. Votre propre mental peut devenir votre propre ennemi.   

 

Si la colère est un événement imprévu ou une réaction, la tristesse l’est également, car personne ne veut être triste. De la même manière, les émotions comme la haine, la jalousie, etc... que vous n’acceptez ni chez les autres, ni en vous sont des réactions.


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25/11/2005

Protest Against Human Right Abuses of Hindus in Pakistan



The recent upsurge in the kidnappings of Hindu women and girls in Pakistan has raised deep concerns about the rights and future of the Hindu minority in the Islamic Republic of Pakistan. Reports suggest that murders and lootings of Hindus have also been on the increase in Pakistan. Numerous Hindu temples have been vandalised or destroyed in the last few years.

The small Hindu minority lives in constant fear of persecution and harassment in Pakistan. Yet the authorities have failed in every case to take action against known criminals and have yet to lift a finger to help find those Hindus who are still missing.

Indeed, the constitution and legal system of the country openly discriminates against the Hindu minority. Enough is enough and it is time for all civilised people to stand up and let their voices be heard in a protest to the Pakistani authorities.

Before independence from colonial rule, in 1947, Hindus made up approximately 25% of the population of what became Pakistan. Even after the Partition of the Indian Sub-continent, Hindus were still a 15% minority in that region.

Today, repeated genocide and ethnic cleansing has forced the number of Hindus down to below 2% of the population – however this represents more than 5 times the number of Hindus living here in the UK.

Join us to protest against the ongoing Human Rights abuses against the Hindu minority in Pakistan on Sunday 18 December 2005 from 12 pm onwards outside the Pakistan High Commission, 34-36 Lowndes Square, London. Nearest tube station: Knightsbridge (Piccadilly line).

Hindu Human Rights Serving Hindus Worldwide

www.hinduhumanrights.org

Please come and show your support for our brothers and sisters!




20:04 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/11/2005

SAIBABA BHAJANS AND SONGS

http://www.saisannidhi.org/audio/AaliPrasadachiwat.mp3

http://www.saisannidhi.org/audio/AkraWachan.mp3 

http://www.saisannidhi.org/audio/Ananta.mp3

http://www.saisannidhi.org/audio/AratiSaibaba.mp3

http://www.saisannidhi.org/audio/SaiDigambara.mp3

http://www.saisannidhi.org/audio/TujKayMagu.mp3

Source : http://www.saisannidhi.org/bhajans.htm


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21/11/2005

Satsang du 19 octobre 2005

 

PENSEE DU JOUR

Si un homme est dénué de sagesse,

Son esprit vagabonde sans cesse

Et ses sens sont des chevaux fous

Qui ballottent le conducteur !

Katha Upanishad I.3.6

 

 

LE KATHOPANISHAD

 

Nous avons vu la semaine dernière que le Mundakopanishad (III.1.2) prend l’exemple de deux oiseaux sur une branche pour nous faire comprendre que si nous dégustons les fruits de nos actions, nous en subissons les conséquences alors que si nous restons détachés, nous nous installons dans l’équanimité.

 

Dans un autre texte, le Kathopanishad, le sage compare l’individu à un char mené par son cocher. Il nous demande de connaître le jîvâtma - le soi individuel - comme étant le maître, le passager ; le chariot, c’est le corps ! Le cocher est l’intellect et les rênes sont le mental !

 

Notes du Cours du 22.06.1981

 

Le texte nous dit que les connaisseurs de Brahman disent qu’il y a deux sortes d’atman. Ils sont tous les deux entrés dans la caverne de l’intellect - comparable à l’âkâsha, l’espace pur et illimité par nature. Là se trouve la demeure du Seigneur car, bien qu’étant omniprésent, Il y est reconnu. Bien que je sois présent partout dans mon corps, le miroir est le meilleur instrument pour me voir ! De même, l’Atman est présent partout mais son aspect en tant que conscience se manifeste dans certains instruments seulement (dans les plantes, les animaux et les êtres humains, par exemple). De même ânanda se manifeste dans le cœur humain qui est appelé dans l’upanishad « paramam parardham » - la demeure (ardha) du Suprême (para), car Dieu s’y manifeste.

            Dans l’espace du cœur – le cœur est comparé à l’espace où l’Atman y serait entré pour ainsi dire.

Comment sont ces deux atmas ? Je me sens comme un mais je recherche un autre. Qu’est-ce que je recherche en réalité ?

Je ne peux que rechercher l’âtman et le seul endroit où je peux le trouver, c’est dans le cœur. Quand l’antahkarana, l’équipement intérieur, est pur, l’appréciation de l’âtman devient possible.

Il y a comme si deux âtmans du fait de l’ignorance de soi. Il y a une division dans la vie entre la Réalité et ma vie de tous les jours, entre l’idéal que je veux atteindre et la personne limitée que je pense être en ce moment. Toute la vie devient ainsi une longue recherche de l’Atmâ. Il y a un gouffre entre le but (sâdhya) et le chercheur (sâdhaka), et tous les efforts que je fais, sont faits pour combler l’espace entre ces deux pôles. Par l’action, je veux combler le trou. C’est cela le samsâra de vouloir créer un pont entre moi et le but à atteindre. Cela devient une existence de recherche et d’actions.

Il y a deux ponts possibles selon les buts à atteindre : shreyas (pour quelques rares individus) et preyas (pour la majorité des êtres humains) - la plénitude éternelle est pour quelques rares personnes alors que la plupart d’entre nous, nous nous engageons dans la voie du plaisir éphémère.  Tout dépend donc de la notion du but que nous avons – shreyas – ce qui est vraiment bon - ou preyas – ce qui semble être bon.

 

Mantra 2

            Nous avons connu ce feu Nâchiketa qui est aussi le pont pour les sacrificateurs, comme étant aussi cela qui est le brahman suprême impérissable au-delà de la peur pour ceux qui veulent aller au-delà (du monde) !

 

Est-ce que quelqu’un a déjà atteint la libération ? Y a-t-il des gens qui sont vidvadanubhava ?

Les gens qui veulent atteindre le svarga, le paradis, ils utilisent les nâchiketânis, les rituels, pour atteindre le preyas. Le nâchiketam est le pont qui mène à ce but. C’est le chemin de l’avidyâ, de l’ignorance, selon les sages. Ceux qui veulent atteindre la vraie bravoure, abhaya, ou parabrahman. C’est vidyâ, la connaissance, en est le pont.

 

L’auteur de l’upanishad pour nous aider à comprendre, utilise l’image du chariot pour ces deux sortes de « Soi », un chariot comme moyen d’atteindre la destination.

 

Mantra 3

Sache que le soi est le maître du chariot, et le corps le chariot ! Sache l’intellect comme étant le cocher et le mental comme vraiment les rênes !

 

Mantra 4

Ils appellent les organes des sens les chevaux, les organes étant imaginés comme des chevaux, les objets comme les chemins ! Les gens qui discernent appellent ce Soi le jouisseur quand il est associé au corps, aux organes et au mental !

 

Mantra 5

Mais les organes de cet intellect qui, étant toujours associés à un mental incontrôlé, dépourvu de discernement, sont vraiment comme les chevaux fougueux du cocher !

 

Mantra 6[1]

            Mais les organes de cet intellect qui, étant associé à un mental sous contrôle, doté de discernement, sont contrôlables comme les bons chevaux du cocher !

 

            Tout d’abord qui est un bon cocher sur le chemin spirituel ? C’est celui qui a une personnalité intégrée. Cette personne ne se laisse pas emporter par son mental propulsé par ses instincts naturels mais primaires. L’intellect est aussi une faculté naturelle qu’Ishvara a mis à notre disposition pour pouvoir atteindre le but de la vie.

Ainsi l’intellect devient comparable à une force que nous devons utiliser pour contrôler le mental afin d’empêcher les chevaux des sens de nous amener à la catastrophe.

Un bon cocher est celui qui sait discerner et qui sait appliquer les bonnes méthodes pour atteindre son but. Mais le but lui-même doit être clair ! Si nous sommes comme la majorité des hommes, nous ne savons pas quel est notre parama dharma, notre devoir suprême, notre raison d’être dans la vie, comment saurons-nous utiliser les rênes du mental pour guider les chevaux de nos sens ?

Le discernant est celui pour qui les choses sont claires. Il sait où il va et il sait aussi comment utiliser son vâhanam, sa monture. Tout d’abord, il ne laisse pas son énergie mentale se dissiper par tous les trous sensoriels. Régulièrement, il marque une pause pour réajuster sa machine et faire le point. Alors dans le chemin religieux et spirituel que nous empruntons, notre mental devient alors disponible pour le japa - la récitation des mantras, pour le kirtanam – les chants sacrés, le dhyânam – la méditation.

Dans ce chemin, la shraddhâ - la dévotion, est aussi indispensable que l’huile et l’eau dans un moteur à combustion. Une certaine dose de volonté et de force de caractère est nécessaire pour découvrir la joie qu’il y a sous tes tas de choses inutiles. Chaque jour devient une joie de découverte de la présence de Dieu dans toutes les activités que nous faisons.

Notre mental devient de plus en plus affiné. Il n’y a plus aucun doute qu’il découvrira la présence divine partout – dans un brâhmana, dans une vache, dans un éléphant ou un mangeur de chien comme le dit la Gîtâ (V.18)[2]. Alors seulement nous aurons la liberté d’engager ou de retirer le mental dans ce que nous voulons ou ne voulons pas.

Le mental doit devenir un samâhitachittam, concentré sur un but. Cela est possible après un entraînement assidu, comme pour les chevaux. Le voyage de la vie devient alors un plaisir.

 

PRIERE :

 

O Créateur divin,

Sûrement Tu accordes l’immortalité

A l’homme hautement élevé,

Engagé dans la recherche de la connaissance

Et dans la dévotion !

Tu lui accordes ensuite toute Ta protection

Et Tu n’arrêtes pas de faire pleuvoir

Tes bénédictions sur lui !

Ôg Veda.4.54.

 

 

[1] Yastu vijnânavân bhavati yuktena manasâ sadâ/

Tasyendriyâni pashyati sadashvâ iva sâratheh

 


[2] Vidyâ vinaya sampanne brâhmane gavi hastini

shuni chai va shvapâke cha pânditâ samadarshinah


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Sri Radhastami

Mathura, Inde, 14 Septembre 2002
 
Le matin du 14 Septembre eut lieu la célébration de Sri Radhastami dans le temple de Sri Kesavaji Gaudiya Matha à Mathura, qui avait été décoré avec faste pour l’occasion. Srila Narayana Maharaja demanda aux dévots de chanter Sri Krishna-virahe  de Srila Bhaktivinoda Thakura. Il expliqua ensuite quelques-uns des versets:
 
sri krsna virahe, radhikara dasa, ami to’ sahita nari
yugala milana, sukhera karona, jivana chadite pari
 
«Je ne peux supporter la pitoyable condition de Srimati Radhika lorsqu’Elle souffre de la séparation de Sri Krishna, mais je suis prêt à renoncer sur le champ à ma vie pour qu’ait lieu Leur rencontre.» (verset 1)
 
Ce n’est qu’en étant guidé par Srila Bhaktivinoda Thakura que l’on pourra servir Srimati Radhika. Empreints des sentiments d’une de Ses servantes, Srila Bhaktivinoda Thakura écrit qu’il ne peut tolérer la condition de Radhika quand Elle est séparée de Krishna. Et pour qu’Ils Se retrouvent, il est prêt à renoncer à sa propre vie.
 
radhika-carana, tyajiya amora, krsaneke pralaya hoya
radhika tare, sata-bara mori, se dukha amor soya
 
«Si je devais renoncer, même pour un instant, aux pieds de lotus de Radhika, je serais totalement dévasté. Pour Son bien, j’accepterai allègrement la peine et l’agonie de la mort.» (verset 2)
 
Srila Bhaktivinoda Thakura dit: «Je peux tout abandonner. Je peux même abandonner Krishna, mais je ne peux abandonner les pieds de lotus de Radhika, même pour un instant. Pour Son service, je suis prêt à mourir des millions de fois, mais je ne pourrai jamais renoncer à Sa compagnie, ne serait-ce qu’une seconde. Quand viendra ce jour où je  pourrai rendre quelque service à Ses pieds de lotus? Comment puis-je m’attacher à cette Radhika et atteindre le service parfait de Ses pieds de lotus?»
 
e heno radhara, carana yugala, paricarya pabo kabe
haha braja-jana, more doya kori, kabe vraja-vane laibe
 
«Quand serai-je capable de servir les pieds de lotus de Srimati Radhika? Je vous implore
tous, ô résidents de Vraja, soyez miséricordieux envers moi. Quand m’emmènerez-vous dans les forêts de Vraja?» (verset 3)
 
vilasa manjari, ananga manjari, sri rupa manjari ara
amake tuliya, loho nija pade, deho more siddhi sara
 
«Ô Vilasa Manjari, ô Ananga Manjari, ô Rupa Manjari! S’il vous plaît, gardez-moi proche de vos pieds de lotus, m’accordant ainsi la quintessence de la perfection éternelle.» (verset 4)
Pleurant amèrement, Srila Bhaktivinoda Thakura prie: «Ô Vrajavasis, s’il vous plaît, soyez miséricordieux envers moi! Mettez-moi au service du couple divin, et tout particulièrement au service des pieds de lotus de Radhika. Quand viendra ce jour où Sri Vilasa Manjari et d’autres manjaris m’emmèneront à Vraja? J’ai hâte d’accomplir se service.»
 
Ensuite, les dévots chantèrent Uddesye racita gita boliya pracalita de Srila Gaura-kisora Dasa Babaji Maharaja, qui glorifie le but de l’existence de Srila Raghunatha Dasa Gosvami:
 
kothaya go premamayi radhe radhe
radhe, radhe go, jaya radhe radhe

 
«Où Se trouve Celle qui est submergée de prema? Toutes gloires à Sri Radha! (1)
«Ô Radha, s’il Te plaît, accorde-moi Ton darsana et sauve ma vie. Ton mendiant très déchu T’appelle: ‘Radhe! Radhe!’ (2)
«Ô Radha, Tu Te réjouis de Tes divertissements dans la forêt de Vrindavana, où Tu enchantes le mental de Krishna. (3)
«Ô Radha, Tu es le joyau parmi Tes huit principales sakhis. Ô Radha, fille de Vrsabhanu Baba. (4)
«Raghunatha Dasa Gosvami appelait sans cesse: ‘Radhe! Radhe!’ (5)
«Parfois à Kesi Ghata, d’autres fois à Vamsivata… (6)
«Parfois à Nidhuvana, d’autres fois à Seva Kunja… (7)
«Parfois à Radha-kunda, d’autres fois à Syama-kunda… (8)
«Parfois à Kusuma Sarovara, d’autres fois à Giriraja-Govardhana… (9)
«Parfois à Talavana, d’autres fois à Tamalvana. (10)
«Raghunatha Dasa portait un vêtement tout simple qui pouvait sembler sale parce qu’il se roulait constamment sur le sol en pleurant: ‘Radhe! Radhe!’ (11)
«Appelant ‘Radhe! Radhe!’, ses yeux laissent couler des torrents de larmes. (12)
«Il déambule dans Vrindavana en pleurant: ‘Radhe! Radhe!’ (13)
«Il ne connaît rien d’autre que Radha-Govinda tout au long du jour et de la nuit – ‘Radhe! Radhe!’ (14)
«Il ne se repose que pendant 4 dandas [1h36]. A ce moment, il reçoit le darsana de Radha-Govinda dans ses rêves – ‘Radhe! Radhe!’» (15) [56 dandas: 1 danda = 24 minutes]
 
Srila Narayana Maharaja: Srila Krishnadasa Kaviraja Gosvami a entendu les enseignements de Srila Svarupa Damodara, Srila Raya Ramananda, Sri Rupa Gosvami, et particulièrement Srila Raghunatha Dasa Gosvami, et c’est pour cela qu’il présente ce tattva. Srimati Radhika est Govinda-nandini – Celle qui rend Sri Krishna heureux, et il n’existe rien de plus élevé.
Srila Krishnadasa Kaviraja Gosvami a révélé quelques-uns des noms de Radhika dans son Caitanya-caritamrta (Adi-lila chapitre 4). L’un des Ses noms est Govinda-nandini. Govinda est le contrôleur de toutes choses. Il est l’extrême limite de la conception du Seigneur Suprême, Sri Krishna. Il est le réservoir d’opulences illimitées et de douceur infinie. Qui peut Lui procurer du bonheur? Une seule personne: Sri Krishna Lui-même dans Sa forme de Srimati Radhika.
Radhika est Govinda-mohini. Krishna attire tous les êtres vivants, les animaux, les arbres, les plantes. Il attire surtout les Vraja-gopis, mais Radhika peut L’attirer, Lui. Krishna fascine tout le monde ici-bas par Sa maya-sakti, Son énergie d’illusion, et dans le monde spirituel, Il fascine tous les êtres par Sa forme merveilleuse, Ses qualités, Ses divertissements. Cependant, seule Srimati Radhika peut L’enchanter.
Radhika est Govinda-sarvasya. Elle est tout pour Krishna. Sri Radha est sarva-kanta-siromani, le joyau de la couronne des bien-aimées de Krishna. Toutes les gopis cherchaient Krishna après Sa disparition de la danse rasa. Lorsque les svapaksa-gopis (celles appartenant au groupe de Radhika) virent Ses traces avec celles de Krishna, elles en furent très heureuses. Toutefois, lorsque les gopis du camp opposé virent ces mêmes traces, ne sachant à qui elles appartenaient, elles purent seulement comprendre que cette gopi particulière avait servi Krishna plus que toute autre, et qu’Il avait quitté la danse rasa avec Elle seule. Sri Radha Elle-même est devenue Candravali et toutes les autres gopis. Il n’existe aucune autre bien-aimée pour Krishna que Srimati Radhika. Elle a pris la forme de toutes les Laksmis (déesses de la fortune) et de toutes les reines de Dvaraka. Celui qui médite profondément sur le sujet en comprendra la grandeur. Sita-devi et toutes les Laksmis sont des manifestations de Radha, et Elle assume ces formes uniquement pour satisfaire les désirs de Krishna. 
Elle est Krishnamayi. Elle voit Krishna partout, à l’intérieur d’Elle-même et à l’extérieur. Quelle que soit la direction dans laquelle se dirigent Son mental et Ses sens, Krishna est Son unique objectif. Lorsqu’Elle voit un arbre tamal, Elle pense: «C’est Krishna.» Son nom est Radhika parce qu’Elle comble tous les désirs de Krishna et parce que Lui aussi La vénère. 
Krishna L’adore tant qu’Il L’emmena dans un lieu solitaire après avoir quitté la danse rasa, ce que confirment aussi les vipaksa-gopis (le camp opposé à celui de Radha). Radhika est para-devata: tout comme Krishna, Elle est la plus digne d’adoration. Qui plus est, Elle est adorée par Krishna Lui-même. Ne devrait-Elle donc pas être adorée par tous les êtres?
Un jour, Radhika demanda à Vrinda-devi: «D’où viens-tu?» Vrinda répondit: «De Radha-kunda. J’y ai vu Krishna.» Radharani l’interrogea alors: «Que fait-Il?» Vrinda-devi répondit qu’Il dansait. Radha dit alors: «Qui est Son professeur de danse?» Vrinda: «Ton image, Radhika, qu’Il voit dans chaque arbre.»
Tout le prema, l’amour, de ce monde vient de Radhika. Elle est la mère de tous parce qu’Elle nourrit chacun en leur donnant prema. Krishna est la déité principale de tous les jivas, de même que Radhika. Ce que confirme la Brahma-samhita (5.37):
 
ananda-cinmaya-rasa-pratibhavitabhis
tabhir ya eva nija rupataya kalabhih
goloka eva nivasaty akhilatma-bhuto
govindam adi-purusam tam aham-bhajami
 
«J’adore Govinda, le Seigneur originel qui réside dans Son royaume de Goloka avec Radha, qui a des traits tout aussi spirituels que les Siens et qui personnifie Sa puissance de félicité (hladini). Leurs compagnes sont Ses confidentes à Elle, qui sont une extension éternellement merveilleuse de Sa forme et qui sont emplies de rasa spirituel.»
 
Sri Radhika est sarva-laksmi-mayi, ce qui signifie que toutes les gopis émanent d’Elle; Elle est, de ce fait, la déité prédominante de toutes les sakhis. Aussi nombreuses que soient les bien-aimées de Krishna, Sri Radhika est la déité maîtresse.
Elle est Kanti, ce qui signifie qu’Elle comble tous les désirs de Sri Krishna. Des centaines de millions de gopis dansaient, mais lorsque Radhika quitta la danse rasa, celle-ci s’arrêta.
Krishna est apparu en tant que Mahaprabhu afin de savourer tous les sentiments d’amour de Radhika, ce qu’Il ne peut faire dans les vraja-lilas. Quelles pensées nourrit Krishna lorsqu’Il est à Mathura et à Dvaraka, séparé de Radhika? Il La prie ainsi: «Ô Radha, Toi la plus digne d’adoration! Mon esprit est toujours auprès de Toi. Je suis très anxieux d’obtenir la poussière de Tes pieds de lotus. D’une manière ou d’une autre, Je reste à Vrindavana. Ô Srimati Radhika, Je ne déambule dans ces forêts en jouant de la flûte que parce que Je Te cherche. Ô Radhika,  Je Me rends à la Yamuna non pour Me baigner, mais pour T’y retrouver. Je n’ai aucun autre intérêt à y aller. Je M’assieds sur les berges de la Yamuna pour Te rencontrer et Te servir. J’ai cessé de garder les vaches et toute autre activité. En voyant Ta beauté, Je suis devenu si avide, Mes yeux bougent dans toutes les directions à Ta recherche et Mon mental est très agité. Je m’assieds sous un arbre kadamba en pensant: «Quand passera-t-Elle par ce chemin?» Je médite sur Tes qualités et Ta beauté, qui est comme la constellation svati-naksatra. L’oiseau cakora ne boira rien d’autre que l’eau qui vient des nuages durant cette constellation particulière. Ainsi, Je suis comme cet oiseau et Ta beauté est comme la pluie qui tombe lors de cette constellation. J’attends avec impatience d’avoir Ton darsana. Ta beauté et Tes qualités ravissent Mon cœur. Je n’ai pas le désir que ces qualités volent Mon cœur, mais J’oublie toute chose lorsque Je suis séparé de Toi.»
En entendant cela, Radhika répondit: «Ô Prananatha, Tu es le Seigneur de Mon souffle vital et Je suis Ta servante éternelle. Tu es Ma vie et Mon âme, le seul amour de Ma vie. Je Me soumets à Tes pieds de lotus. Tu peux M’aimer ou Me négliger, Me quitter et aussi Me faire souffrir; quel que soit Ton désir, Ton bonheur est le Mien et Ta vie est Ma vie. Je ne désire rien d’autre que Ton bonheur. De même, Tu peux réaliser Mon bonheur et Ma peine, Je peux aussi comprendre les Tiens. Tu ressens du bonheur en Me voyant, mais Moi, lorsque Je Te vois, Je deviens des millions de fois plus heureuse encore. Mon bonheur n’a aucun égal dans les trois mondes. Je suis si heureuse que Je ne réalise pas le bonheur d’autrui, seul Ton bonheur M’importe. Je ne veux voir que Ton bonheur du matin au soir et du soir au matin.
«Lorsque Tu Me vois, Tu deviens très heureux et pour c’est pour Ton plaisir que J’orne Mon corps de diverses décorations (sringara, alankara). Je ne le fais que pour Toi, parce que lorsque Tu Me vois ainsi vêtue et décorée, Tu ressens un grand bonheur. Je Me dédie à Tes pieds de lotus à seule fin d’accroître Ta satisfaction et combler Tes désirs. Je deviens très heureuse lorsque Tu Me dis: ‘Tu es Ma bien-aimée, Ma maîtresse, Ma vie et Mon âme.’ Personne ne peut comprendre le bonheur que Je ressens, rien en ce monde ne peut lui être comparé.   
«Lorsque Tu Me dis: ‘Ô Svamini, ô Pranesvari Radhike, ô Ma Kanta’, Mon cœur s’emplit de joie car Tu es heureux lorsque Tu goûtes ces mots. Extérieurement, Je suis timide lorsque Je les entends, mais intérieurement J’en conçois un immense bonheur.»
Puis Krishna dit à Radhika: «Tu es le royaume de l’amour incomparable. Ô Vrsabhanu-nandini [fille de Vrsabhanu Maharaja], Tu es la demeure de tous les rasas, et que suis-Je, Moi, en comparaison? Je ne fais qu’aller de forêt en forêt pour garder les vaches. Je suis dénué d’intelligence et de morale. A part ça, Je ne sais rien faire d’autre. Je ne connais pas les règles de l’amour, Toi seule peut Me les enseigner. Je cours après les vaches et joue à cache-cache et à d’autres jeux comme un garçon de village, alors que Toi, Tu es une rivière de prema. Je suis comme le sable brûlant à la saison chaude et Toi, en comparaison, Tu es la rivière de l’amour. Comment peut-il exister quelque comparaison entre Toi et Moi? Lorsque Tu m’accordes le darsana de Ton amour, J’en deviens aussitôt très heureux, aucun bonheur ne peut être comparé au Mien. Lorsque Tu Me bénis de Ta miséricorde et Me regardes, Je Me sens endetté envers Toi.»
Lors de la danse rasa, Krishna dit aussi aux gopis: «Je n’ai aucune qualification, Je ne  suis qu’un mendiant de votre amour.»
 
na paraye ham niravadha-samyujam
sva-sadhu-krtyam vibudhayusapi vah
ya mabhajan-durjara-geha-srnkhalah
samvresya tad vah pratiyatu sadhuna
 
«Je ne pourrai jamais rembourser la dette que J’ai envers vous, même durant toute une vie de Brahma. Votre dévouement est exempt de tout reproche, parfaitement pur. Vous êtes venues à Moi, brisant tout attachement familial si difficile à rompre. Aussi, que vos actes glorieux soient votre compensation.» (Srimad-Bhagavatam 10.32.22)
 
Maintenant, Il le confirme à Sri Radha: «Je suis si endetté envers Toi. Comment puis-Je M’affranchir de cette dette? S’il Te plaît, sois miséricordieuse. Tu es un royaume de compassion. Toi seule peux Me donner de l’amour et satisfaire Mes désirs.»
En entendant cela, Srimati Radhika devint timide et répondit: «Ô Syamasundara, Toi dont les yeux sont comme des pétales de lotus, Toi le fils du roi de Vraja, Tu as volé Mon cœur. Pour pouvoir Te retrouver, Je briserai toutes les règles et tous les principes de la société. Je quitterai la maison de Ma belle-famille, Je laisserai toute timidité ou quelconque besoin du respect d’autrui, religion et irréligion. Je veux venir à Toi et Te garder comme Ma possession. Je veux Te garder même pour un moment, mais Je ne suis qu’une jeune fille de village. Je n’ai aucune qualité et ne suis pas jolie. Toi, par contre, Tu es extrêmement qualifié et si beau, et Tu es l’ornement de Ta dynastie. Il n’y a aucun rasa en Moi. Je n’ai aucune idée de ce qu’est le rasa, alors que Toi, Tu es le royaume du rasa. Tu es un océan de miséricorde, s’il Te plaît, accorde-Moi Ta miséricorde. Tel est Mon désir. »
Sans la miséricorde de Srila Rupa Gosvami et Srila Raghunatha Dasa Gosvami, personne n’aurait pu écrire sur ces sujets. La conception que Radhika est le centre de tout est l’exclusivité de notre gaudiya-sampradaya. Nous avons cette particularité: Krishna ressent la séparation de Radhika. Aucun autre acarya ne peut discourir ou écrire sur ces vérités.
Srila Gaura-kisora Dasa Babaji Maharaja glorifie et prie Srila Raghunatha Dasa Gosvami dans son kirtana Uddesye racita gita boliya pracalita. Il y dit que Raghunatha Dasa Gosvami appelait partout: «Radhe! Radhe!», tantôt à Nidhuvana, tantôt à Vamsivata.
 
Gaura-premanande!
 
Edition: Syamarani Dasi
Traduction: Krishna-bhakti Dasi
Saisie: Vishnupriya Dasi
Correction: Syamananda Dasa

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14/11/2005

Satsang du 21 octobre 2005

 

BHAJANAMS & PRIERES :

  • Gangâ Stotram - Chants & Prières p. 72 – Prarthanâh p. 31
  • Kalainirai Ganapati - Chants & Prières p.57
  • Margabandhu stotram – Prarthanâh. p.55
  • Adi Parâshakti – Chants & Prières p.55
  • Anbarukku - Chants & Prières p.40
  •  

 

PENSEE DU JOUR :

Sur le même arbre,

Plongé dans le monde changeant,

le soi individuel, égaré,

Déplore son manque de liberté !

Mais s’il découvre le Seigneur,

Tout empreint de puissance

Et plein de dignité,

Il échappe à toutes ses souffrances !

Mundaka Upanishad.III.1.2

 

Maturité émotionnelle (suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

L’objectivité est la maturité

 

Nous sommes très objectifs quand quelqu’un d’autre a un problème. Nous devenons alors des philosophes, des grands conseillers ! Quand votre ami est en deuil, vous allez auprès de lui et le consolez en disant :

“ Eh bien, la mort est une réalité de la vie ! La mort est toujours au coin de la rue et chacun doit la rencontrer un jour ou l’autre ! Comme le dit la Gîtâ, l’âme abandonne le corps quand il est usé et en prend un nouveau, tout comme une personne abandonne ses vieux vêtements et en prend des neufs. Ainsi, l’âme ne meurt pas, elle continue d’exister ! ”

Vous le réconfortez de cette façon, et l’autre personne se sent consolée elle aussi, comme si elle avait souhaité entendre ce genre de paroles. Mais, plus tard, vous perdez votre femme. Maintenant vous avez besoin d’être consolé - et c’est à l’autre de venir vous consoler ! Vous n’avez aucun problème tant que “le caillou est dans la chaussure de l’autre”. Vous êtes tout à fait capable de donner des conseils. A ce moment-là, la Gîtâ est sur  vos lèvres. Vous savez exactement ce qui est juste et ce qui est faux.

 

Vous êtes très éthique tant qu’il s’agit du comportement des autres. Personne ne devrait vous blesser ou vous voler, personne ne devrait se mettre en colère contre vous ou vous haïr, personne ne devrait être jaloux de vous, et ainsi de suite. Les autres devraient tout  partager, être amicaux, avoir de la compassion, être sympathiques. Même Dieu devrait toujours être miséricordieux et compatissant envers vous ! Vous savez exactement comment les autres devraient se comporter à votre égard. Qui ne sait pas cela ? Tout le monde le sait. Mais c’est une tout autre chose quand il s’agit de votre vie, de votre propre situation. Vous êtes assez objectif, quand vous regardez une montagne. Mais supposez que vous avez une propriété sur cette montagne, et que vous vous rendez compte que vous en perdez une partie tous les ans, à cause des glissements de terrain, alors vous devenez une montagne de chagrin à chaque fois que vous regardez cette montagne ! C’est beau de voir un glissement de terrain quand vous n’êtes pas en dessous ! Vous êtes objectif aussi longtemps que vous n’êtes pas affectés.

 

Comme je l’ai dit plus haut, vous êtes un jnâni, un sage, vis-à vis d’une poupée en terre cuite – vous êtes très objectif quand la poupée de votre enfant se brise et vous êtes capable de lui en acheter une nouvelle – vous êtes un sannyâsi, une personne mature ! Le Seigneur Krishna dit :

 

                        Jneyah sa nityasannyasi yo na dveshti na kankshati /

Comprends que cette personne est un sannyasi, celle qui ne tombe pas sous l’emprise  des raga et dvesa ! (Bhagavat Gîtâ V,3)

 

Vous êtes un sannyâsi, par rapport à une poupée en terre cuite, car vous n’avez ni râga ni dvesha envers elle. Vous n’êtes ni tenté ou attiré ni effrayé par une poupée. Vous pouvez acheter une poupée et jouer à la poupée pour faire plaisir à votre enfant, mais vous êtes au-dessus de cette poupée. Vous ne devenez pas triste quand la poupée se casse. Mais l’enfant pleure quand cela arrive. Pourquoi ? Car il n’est pas encore devenu mature comme vous. De la même manière, vous êtes mature par rapport aux billes. Il était une fois, quand vous étiez enfant, les billes avaient de l’importance pour vous. Peut-être les comptiez-vous tous les soirs pour vous assurer que vous n’en aviez pas perdu en jouant pendant la journée. Maintenant vous êtes grand-père, et quand votre petit-fils vient vous voir et vous demande de jouer aux billes avec lui, vous n’avez pas le problème de vous sentir attiré, tenté par les billes ou d’avoir le besoin d’éviter ce jeu. Vous n’êtes pas submergé par la joie quand vous gagnez quelques billes en jouant avec votre petit-fils, et vous n’éprouvez pas non plus un sentiment de défaite, quand vous en perdez, car vous êtes acquis de la maturité par rapport aux billes.

 

Supposons que vous alliez voir un homme riche. Vous remarquez qu’il y a des billes éparpillées sur le sol pendant que vous attendez seul dans une pièce. Vous n’êtes aucunement affecté car les billes ne vont pas rendre votre vie meilleure qu’elle ne l’est actuellement, et elles ne vont pas non plus vous créer de problèmes, et donc vous n’avez ni de l’attachement ni de l’aversion pour elles. Mais supposez que vous voyiez des billes en or ! Vous doutez du fait qu’elles soient réellement en or, car il est possible qu’elles n’ait que l’apparence de l’or. Alors vous en prenez quelques-unes dans votre main, et d’après leur poids, etc..., vous concluez définitivement qu’elles sont réellement en or ! Mon Dieu, cet homme doit être si riche que son enfant joue avec des billes en or ! Il y a bien sannyâsa par rapport aux billes mais pas par rapport à l’or ! C’est une toute autre affaire !

 

Nous sommes tous matures par rapport à certaines choses. Si nous pouvons être matures par rapport à des billes, je suis sûr que nous pouvons l’être par rapport à tout le reste. C’est de cette maturité-là dont parle le Védanta !

 

Source : mail (Satsang du 29 octobre 2005) Swami Advayananda

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13/11/2005

Le passé n'est pas un pays étranger

par Taslima Nasreen, écrivaine

Conférence donnée le 20 octobre 2004 à la librairie parisienne Violette and Co et le 6 novembre 2004 à la librairie Ombres Blanches à Toulouse, dans le cadre d'une série d'événements initiés et organisés par Bagdam Espace Lesbien.

Dans mon pays, le Bangladesh, lorsque j'étais jeune, les filles de mon milieu social abandonnaient fréquemment l'école vers l'âge de 15 ou 16 ans, c'est-à-dire au moment où leurs parents les contraignaient à se marier. Peu de filles avaient la chance de poursuivre leurs études, car après leur mariage arrangé, elles n'avaient plus le droit de poursuivre leurs études secondaires ou d'accéder à l'université, pas plus qu'elles ne pouvaient travailler. Autrement dit, elles étaient sous la totale dépendance de leur mari.

La coutume voulait que, tôt le matin, nous, les enfants, nous lisions le Coran en arabe, et tout comme les autres enfants du Bangladesh, c'est ce que je faisais. Mais je me suis rapidement posé des questions. Je voulais savoir ce que je lisais, connaître le contenu des versets coraniques. Notre langue est le bengali, pas l'arabe, il nous était donc impossible d'en comprendre le sens. Nous lisions, un point c'est tout. Quand j'ai demandé à ma mère la signification de ce que je lisais, elle m'a expliqué que cela n'avait aucune importance. L'essentiel était qu'Allah soit heureux de savoir que je lisais le Coran en arabe.

Une critique de la religion

À quatorze ans, j'ai trouvé une traduction du Coran en bengali. À ma grande surprise, j'ai découvert qu'Allah disait que les hommes sont supérieurs et les femmes inférieures. Les hommes peuvent avoir quatre épouses. Les hommes peuvent divorcer à n'importe quel moment. Les hommes ont le droit de battre leurs épouses.

J'ai ainsi découvert que l'islam ne considère pas une femme comme un être humain autonome. L'homme est la création originale et la femme a ensuite été créée pour le plaisir des hommes. L'islam considère une femme comme une esclave ou un objet sexuel, rien de plus. Le rôle des femmes est de demeurer à la maison et d'obéir aux ordres de leur mari. Voilà leur devoir religieux. Elles sont considérées faibles, ce qui justifie que tant leur corps que leur esprit, leurs désirs et leurs souhaits seront pris en charge. Leurs droits et leur liberté sont sous le contrôle des hommes. L'islam traite les femmes en être intellectuellement, moralement et physiquement inférieurs. Dans le cadre du mariage, l'islam protège uniquement les droits des hommes. Une fois le mariage consommé, les femmes ne bénéficient d'aucun droit en la matière. Le Coran accorde une liberté totale aux hommes en stipulant : "Les femmes sont votre champ. Cultivez-les de la manière que vous entendrez…" (sourate n° 2, verset 223 )(1)

On ordonne aux femmes d'accourir auprès de leur mari dès qu'il le demande, peu importe où elles sont ou ce qu'elles sont en train de faire. Un hadith stipule que deux seuls types de prières n'accèdent jamais au ciel : celles des esclaves en fuite et celles des femmes qui résistent à leur mari la nuit.

L'islam considère que les femmes sont inférieures sur le plan psychologique. Ainsi, leur témoignage n'est pas recevable dans les domaines du mariage, du divorce et des hudud, soit le système de punition de la loi islamique qui s'applique à la fornication, l'adultère, l'adultère avec une personne mariée, l'apostasie, la criminalité, le vol, et ainsi de suite. Si une femme est violée, elle doit présenter devant le tribunal quatre témoins hommes. Si cela lui est impossible, aucune charge n'est retenue contre le violeur. Dans la loi islamique, le témoignage de deux femmes équivaut à celui d'un seul homme. Lorsqu'un homme soupçonne son épouse d'adultère ou croit que ses enfants sont nés d'un autre homme que lui, son témoignage vaut celui de quatre témoins. Dans des cas similaires, une épouse n'a pas le droit d'intenter un procès à son mari. Les femmes n'ont pas accès au même héritage que leurs frères. Allah ordonne de "donner au fils mâle la portion de deux filles" (4.12).

En plus de leur accorder droits et la liberté, en plus de les faire bénéficier du plaisir sexuel et d'être les maîtres, Allah récompense les hommes en leur offrant au paradis vin et nourriture à profusion ainsi que 72 vierges, sans compter les épouses qu'ils ont eues sur terre. Allah dit : "Accoudés sur des lits rangés en ordre, nous les avons mariés à des filles aux grands yeux noirs". (52.20). "Ils auront des vierges au regard modeste, aux grands yeux noirs et au teint éclatant, semblable à celui d'une perle dans sa coquille" (37.47). Quelle est la récompense décernée à une femme pieuse ? Rien. Rien, sinon le même vieux mari qui l'a tant fait souffrir lorsqu'ils vivaient sur terre.

En tant qu'étudiante en sciences, il me fut difficile d'accepter l'idée que le soleil tournerait autour de la terre, que la lune produirait sa propre lumière, que la seule fonction des montagnes serait de soutenir la terre pour l'empêcher de tomber dans le néant.

J'en suis venue à soupçonner que le Coran n'a pas été écrit par Allah, mais plutôt par un homme avide et égoïste, à la recherche de son seul confort. Puis j'ai lu les hadith, c'est-à-dire les préceptes du prophète Mohammed rapportés pas ses compagnons. J'ai découvert de nombreux faits prouvant que lorsqu'il avait des problèmes, Allah les réglait immédiatement pour lui. Par exemple, quand Mohammed a été sexuellement attiré par sa belle-fille, Allah lui a fait parvenir un message décrétant qu'il pouvait l'épouser car, puisqu'il avait adopté son fils, il n'était pas véritablement le sien. Ce mariage fut donc rendu possible. Encore plus, il a créé une nouvelle règle, interdisant à tout musulman d'adopter un enfant. Mohammed s'est marié treize fois, l'une de ses épouses étant Aïcha, alors âgée de six ans. Allah, a décrété le prophète, lui a permis de profiter de ses épouses, de ses esclaves femmes et de toutes les femmes en captivité. Il a voilé sa magnifique jeune épouse Aïcha parce qu'il ne supportait pas l'idée que ses amis puissent la regarder avec admiration. Allah, a dit Mohammed, a ordonné à ses amis de ne pas se rendre chez lui comme bon leur semblait mais s'ils y allaient, ils ne pouvaient jeter un regard sur aucune de ses femmes ou s'adresser à elles. Il était tellement jaloux qu'il a introduit le voile pour ses femmes et, finalement, l'a imposé à toutes les musulmanes. Bien que le remariage des veuves était légal, il a interdit à tous les hommes d'épouser l'une de ses femmes après sa mort. Il m'est devenu évident que Mohammed a écrit le Coran pour son propre bien-être et afin d'assouvir ses envies personnelles.

J'ai donc cessé de croire en l'islam. Et quand j'ai étudié le contenu des autres religions, j'ai découvert qu'elles aussi oppriment les femmes. J'ai alors cessé de croire à quelque religion que ce soit.

L'oppression des femmes

Mon père, un médecin, avait une approche scientifique mais il était aussi un homme extrêmement autoritaire. Il ne me permettait pas de jouer, de sortir, de rencontrer mes amis, d'aller au cinéma ou au théâtre, ou de lire les livres qui ne relevaient pas du programme scolaire. Il voulait que je devienne médecin afin qu'un de ses enfants suive ses traces. D'un côté, il désirait que je devienne indépendante et, de l'autre, il voulait que je sois mariée à un homme éduqué dans la mesure où certains de ces hommes tiennent à épouser une femme éduquée.

En grandissant, j'ai continué à observer la condition des femmes dans notre société. Ma mère, pour ne citer qu'elle, était le parfait exemple d'une femme opprimée. Elle a été donnée en mariage lorsqu'elle était enfant ; elle était une excellente étudiante à l'école, mais on lui a interdit de poursuivre ses études. Mon grand-père et mon père le lui ont refusé parce qu'ils voulaient qu'elle soit une bonne épouse, une bonne mère, une bonne ménagère. Elle a été malheureuse à partir du premier jour de son mariage. Mon père ne l'a jamais aimée. Et elle savait qu'il entretenait des relations extra maritales. Frustrée, elle s'est réfugiée dans la religion, le résultat étant que j'ai pensé que cela était bête, que ma mère était inintéressante, sans valeur. Je devais respecter mes parents et j'en étais pourtant incapable.

J'ai grandi la peur au ventre. J'en étais réduite à dissimuler mes envies de liberté et ma curiosité envers le monde extérieur. Je n'avais pas le droit de sortir sauf pour de me rendre à l'école, puis au collège et au lycée. Cette interdiction a eu pour conséquence que j'ai développé une passion pour la lecture, que ce soit la fiction, la poésie, les essais ou toute autre forme d'écriture. Mais je devais cacher mes livres. Et j'avais une autre passion : écrire de la poésie.

J'en suis venue à croire que les filles étaient certainement inférieures aux garçons. Ils pouvaient jouer à l'extérieur dans les champs tandis que les filles étaient confinées à la maison où elles jouaient avec leurs poupées. Mes frères pouvaient aller où bon leur semblait, assister à des tournois sportifs, s'adonner aux activités qu'ils désiraient. Je ne le pouvais pas. Ma sœur ne le pouvait pas. On m'a enseigné que les filles n'étaient pas faites pour cela, que leur rôle était de rester à la maison, apprendre à faire la cuisine, faire les lits, nettoyer la maison.

Ma mère n'était pas la seule femme opprimée. Mes tantes, mes voisines et les femmes de mon entourage l'étaient elles aussi. Dans notre esprit, la torture des femmes n'était pas une oppression, mais plutôt une tradition, à laquelle nous étions habituées. J'ai finalement compris que les femmes sont opprimées. Qu'elles soient pauvres ou riches, belles ou laides, qu'elles aient les yeux bleus ou noirs, qu'elles aient la peau blanche, noire ou brune, qu'elles soient mariées ou non, analphabètes ou éduquées, intelligentes ou stupides, les femmes sont opprimées. Les femmes sont opprimées partout à cause du patriarcat, de la religion, de la tradition, de la culture et des coutumes inventés par les hommes.

Bien que personne ne m'ait poussée à protester, j'ai acquis la certitude qu'il est important de lutter contre les oppressions. Personne ne m'a demandé de verser une larme, mais je l'ai fait. Au moment où j'ai commencé à écrire de la prose, qui fut publiée chaque semaine dans les journaux, j'ai réalisé que mes protestations retenaient l'attention et que les lecteurs se divisaient entre ceux qui me détestaient et ceux qui m'aimaient. L'un après l'autre, mes livres furent publiés.

Ecrire pour la liberté

Ceux qui détestaient ce que j'écrivais se sont mis à organiser des manifestations contre moi et les gens ont défilé dans les rues. Lors du salon du livre national, mes livres furent brûlés en public. Le comité "Détruisez Taslima" fut mis en place, et je n'ai plus eu le droit de me rendre au salon du livre, car les organisateurs de l'événement ont décrété que le contenu de mes livres était la source du problème. J'ai pu retourner à ce salon du livre annuel en 1993. Mais cette fois-ci, les fondamentalistes et une foule en colère m'ont agressée en public et se sont introduits par la force, en cassant tout sur leur passage, dans les librairies qui vendaient mes livres. J'ai certes reçu le plus important prix littéraire, mais au même moment, j'ai été victime de la plus grave campagne de haine. Le gouvernement a par la suite confisqué mon passeport et m'a ordonné de cesser d'écrire si je voulais conserver mon poste de médecin dans un hôpital public. J'ai protesté en démissionnant.

J'ai continué à écrire. J'ai défendu les femmes et les communautés minoritaires opprimées, tant à travers ma poésie, ma prose que mes essais. J'ai revendiqué haut et fort l'égalité et la justice pour tout le monde, quels que soient leur religion ou leur sexe. Je me suis prononcée fermement en faveur de la laïcité. J'ai dénoncé toutes les lois religieuses qui oppriment les femmes. Mes livres furent interdits par le gouvernement.

Les femmes sont toujours flagellées, lapidées jusqu'à la mort, les femmes sont violées, elles sont accusées d'avoir permis leur propre viol, et leurs violeurs sont innocentés. Les femmes sont victimes du trafic sexuel, de l'esclavage, et de multiples discriminations. Les hommes lancent de l'acide sur le visage des femmes et repartent satisfaits. La religion et ce qu'on appelle la tradition ne considèrent pas les femmes comme des êtres humains. Au sein d'un couple, l'être le moins désiré est un enfant fille. Lorsqu'un enfant fille naît, l'épouse est divorcée pour le crime d'avoir enfanté d'une fille ou bien elle passe le reste de son existence en état de disgrâce.

Par le biais de l'écriture, je voulais être constructive. Je voulais aider les femmes à comprendre qu'elles sont opprimées et que ce n'est pas une fatalité. Je voulais les encourager à lutter pour leurs droits et leur liberté. Ma voix a fourni aux femmes l'occasion de penser différemment. Cependant, cela a rendu furieux les religieux et les chauvinistes mâles. Les fondamentalistes ont décidé de ne tolérer aucune de mes prises de position. Ils se sont élevés contre une femme qui, ayant brisé ses chaînes, était devenue libre et ils n'ont pu tolérer que j'aie déclaré que le Coran est inapproprié et dépassé et qu'il est nécessaire d'instituer un code civil uniforme garantissant la liberté aux femmes.

Les extrémistes ont envahi les rédactions des journaux, ils ont poursuivi mes éditeurs ainsi que moi-même. Ils ont exigé mon exécution par pendaison. Des centaines de milliers de gens sont descendus dans la rue. Ils ont appelé à une grève générale dans l'ensemble du pays, et réclamé ma mise à mort. Les fondamentalistes ont émis des fatwas de mort contre moi et ont mis ma tête à prix. Au lieu de prendre des mesures contre eux, le gouvernement s'est retourné contre moi. Il m'a poursuivie en justice pour le motif que j'avais heurté les sentiments religieux de la population. Je n'ai eu d'autre choix que d'entrer dans la clandestinité. À cette époque, j'ai eu la chance de bénéficier du soutien des gouvernements démocratiques, des féministes et des organisations de défense des droits humains. Ils ont littéralement contribué à me sauver la vie. En fait, j'étais persuadée que je serais assassinée, car chaque jour des foules défilaient pour exiger ma mise à mort et la police me recherchait activement.

Quoi qu'il en soit, j'ai survécu. Le gouvernement m'a jetée hors du pays. Depuis lors, j'ai voulu retourner au Bangladesh, mais cela est impossible. Je n'ai absolument pas le droit d'y mettre les pieds. Et cinq de mes livres y sont toujours interdits. A ce jour, j'en ai publié vingt-huit, et des procédures ont été entamées pour en interdire d'autres. Une cour du Bangladesh m'a condamnée à une année d'emprisonnement pour ce que j'ai écrit.

Alors que j'ai écrit pour la libération des femmes, ma propre liberté d'expression a été continuellement violée par les autorités et je ne peux donc plus atteindre les lecteurs de mon pays.

Communiquer la force aux femmes

Mon autobiographie, en réalité, ne se résume pas à l'évocation de ma vie. C'est une histoire que des centaines de milliers de femmes subissent. Elle raconte comment les femmes musulmanes vivent dans un pays patriarcal où des centaines de traditions les font souffrir, elles et leurs filles. J'ai exploré mon enfance et j'ai décrit la vie d'un enfant fille, j'ai dit comment j'ai été élevée, j'ai expliqué que j'avais bénéficié de privilèges inaccessibles à tant de filles. J'ai eu l'opportunité d'étudier et je suis devenue médecin, un métier auquel des centaines de milliers de filles ne peuvent même pas rêver. J'ai voulu montrer où et comment j'ai grandi et ce qui m'a menée à penser différemment, ce qui m'a incitée à agir différemment. Il est important de communiquer aux femmes un peu de force pour qu'elles puissent se révolter contre le système d'oppression dans lequel j'ai été élevée et qui est toujours en place. J'ai dit la vérité. C'est un tabou que de révéler le viol ou la tentative de viol commis par un homme de la famille.

Dans notre pays, où le sexe est tabou, les seules personnes à avoir le droit d'en parler sont les hommes. Ils peuvent décrire ce qu'ils infligent aux femmes : agressions, brutalités, viols et assassinats. Ils peuvent en parler librement, alors que nous, nous sommes condamnées à taire ce qu'ils nous font subir. Mais je ne me suis pas tue. Et je me fichais de ce que les gens me diraient à moi, ou à ma famille. Je sais très bien que beaucoup de femmes ont le sentiment que j'ai raconté leur propre histoire.

Nous, les victimes, devons crier haut et fort. Nous avons besoin d'être entendues. Nous devons protester vigoureusement et exiger notre liberté et nos droits. Nous devons refuser d'être maltraitées, enchaînées, battues et menacées. Si les femmes ne se battent pas pour cesser d'être opprimées par un patriarcat et un système religieux honteux, alors honte aux femmes ! Honte à nous de ne pas protester, de ne pas lutter, de permettre la perpétuation d'un système qui opprimera nos filles.

Essayons de transformer le monde en un lieu magnifique et sûr dans lequel aucune fille, aucune femme, ne sera opprimée, ne subira le trafic sexuel, se fera jeter de l'acide au visage, ne sera victime de viol ou de quelque forme d'agression sexuelle que ce soit.

Mon histoire n'est pas unique. Mes expériences sont malheureusement celles de millions de femmes. Dans mes livres, j'ai pleuré sur mon sort. J'ai aussi pleuré pour celles qui n'ont pas la possibilité de jouir de la vie productive à laquelle elles aspirent et qu'elles méritent ! Nous qui sommes des femmes, nous ne devons plus demeurer solitaires et pleurer doucement dans des lieux solitaires.

Je sais seulement que je dis la vérité, et c'est la raison pour laquelle je souffre. Un segment entier de notre société proclame que je n'ai pas le droit de m'exprimer ni même de vivre.

Au lieu d'habiter au Bangladesh, où je suis née, je n'ai qu'une seule alternative : vivre en Occident où je me sens une étrangère. Autrement dit, je suis une étrangère dans mon propre pays et une étrangère là où je vis, ici en Occident. Où puis-je aller ? Nulle part. Pour moi, l'exil est un arrêt de bus, où j'attends l'arrivée du bus qui me ramènera à la maison. Je suis en exil depuis plus de dix ans maintenant, et malgré cela, je ne me sens chez moi nulle part, aucun pays n'est le mien. Cette situation sans espoir me fait ressentir un sentiment d'impuissance.

Je me demande parfois s'il est vrai que je n'ai pas de pays. En fait, ce n'est pas vrai. J'ai un pays. Mon pays est l'amour. L'amour que vous me donnez est mon pays. L'amour que je reçois de la part des femmes opprimées partout sur terre est mon pays. L'amour que je reçois de la part des rationalistes, des libres-penseurs et des humanistes partout sur terre est mon pays.

Je ne regrette pas ce que j'ai accompli jusqu'à maintenant ni ce que j'ai écrit. Peu importe ce que me réserve l'avenir, je poursuivrai sans compromis ma lutte contre toutes les forces religieuses jusqu'à la fin de mes jours. Je suis toujours aussi engagée et déterminée dans mon combat.

Source : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1471





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12/11/2005

108 noms du Seigneur VENKATESHWARA

Om Shri Venkateshaaya Namaha

Om Shri Nivasaaya Namaha

Om Shri Lakshmi Patayé Namaha

Om Shri Anamaayoma Namaha

Om Shri Amrutaanshaya Namaha

Om Shri Jagadhandyaya Namaha

Om Shri Govindaaya Namaha

Om Shri Saswataya Namaha

Om Shri Prabhavé Namaha

Om Shri Shéshadree Nila Yanamaha

Om Shri Dewaaya Namaha

Om Shri Keshavaaya Namaha

Om Shri Madhousoudhanaya Namaha

Om Shri Amroutaaya Namaha

Om Shri Madhavaya Namaha

Om Shri Krishnaaya Namaha

Om Shri Harayé Namaha

Om Shri Gyanapanjaraaya Namaha

Om Shri Watsa Wakshasé Namaha

Om Shri Sarvé Shaaya Namaha

Om Shri Gopaalaya Namaha

Om Shri Poorooshottamaya Namaha

Om Shri Gopishwaraaya Namaha

Om Shri Paramjotisé Namaha

Om Shri Vaykunthapatayé Namaha

Om Shri Avyamaaya Namaha

Om Shri Soodhatanaré Namaha

Om Shri Yaadavendraaya Namaha

Om Shri Nityayawanarupawaté Namaha

Om Shri Cahtuvédatma Kaaya Namaha

Om Shri Vishnavé Namaha

OmShri Achyoutaaya Namaha

Om Shri Padmanipriyaaya Namaha

Om Shri Dharapatayé Namaha

Om~Shri Soorapâtàyé Namaha

Om Shri Nirmalaayo Namaha

Om Shri Devapoujitaaya Namaha

Om Shri Chaturbhoujaaya Namaha

Om Shri Chatradharaaya Namaha

Om Shri Tridhamré amaha

Om Shri Trigounashrayaaya Namaha

Om Shri Nirvitalpaaya Namaha

Om Shri Nishkalam Kaaya Namaha

Om Shri Nirantaraaya Namaha

Om Shri Nirnashaaya Namaha

Om Shri Niranjanaaya Namaha

Om Shri Gadaadharaaya Namaha

Om Shri Shaarangapaanayé Namaha

Om Shri Sudgounaaya Namaha

Om Shri Nandatiré Namaha

Om Shri Shankadharaataaya Namaha

Om Shri Arékamurtayé Namaha

Om Shri Avyaktaaya Namaha

Om Shri Katihastaaya Namaha

Om Shri Warapradaaya Namaha

Om Shri Arékaalmaré Namaha

Om Shri Dinabandhavé Namaha

Om Shri Artalotaabhayapradaaya Namaha

Om Shri Aakasharaajawaradaaya Namaha

Om Shri Yogivridpadma Mandiraaya Namaha

Om Shri Damodaraaya Namaha

Om Shri Jagatpaalaaya Namaha

Om Shri Papagnaaya Namaha

Om Shri Bhaktavatsalaaya Namaha

Om Shri Trivikkramaaya Namaha

Om Shri Shinshoomaraaya Namaha

Om Shri Jatamakatashobhitaaya Namaha

Om Shri Nilameghasshayamatanavé Namaha

Om Shri Paramjotishé Namaha

Om Shri Bilwapatrarchanpriyaaya Namaha

Om Shri Jagatvyaapiné Namaha

Om Shri Jagatkartré Namaha

Om Shri Jagatshakshiré Namaha

Om Shri Jagatpatayé Namaha

Om Shri Chititartapradaaya Namaha

Om Shri Jishnavé Namaha

Om Shri Dasaaraaya Namaha

Om Shri Dasharoupapaté Namaha

Om Shri Nityatuptaaya Namaha

Om Shri Niroupadrawaaya Namaha

Om Shri Hayagrivaaya Nanaha

Om Shri Janardhanaaya Namaha

Om Shri Kanyaashravanataré jaaya Namaha

Om Shri Pitambharadhaaraaya Namaha

Om Shri Anaghaaya Namaha

Om Shri Wana maaliré Namaha

Om Shri Padmaana bhaaya Namaha

Om Shri Mrougavaasaktmaana Saayané Namaha

Om Shri Aswaroudhaaya Namaha

Om Shri Kadgadhaariné Namaha

Om Shri Dhanaarjana Sa moutsoiMiaaya Namaha

Om Shri Ghana Saara sanma dhyoukastouri tilakodfwala lalaataaya Namaha

Om Shri Shankha madhyollanma dakinti nyaddhya karandakaaya Namaha

Om Shri Sachinandaroupaaya Namaha

Om Shri Jaganmangala daaya kaaya Namaha

Om Shri Yagya roupaaya Namaha

Om Shri Yagyabhoktré Namaha

Om Shri Chinmayaaya Namaha

Om Shri Parané Shwaraaya Namaha

Om Shri Paramartha Pradhaaya Namaha

Om Shri Shantaaya Namaha

Om Shri Shri Pâté Namaha

Om Shri dordhanva Vrikamaaya Namaha

Om Shri Parabhammané Namaha

Om Shri Vibhavé Namaha

Om Shri Jagadish-waraaya Namaha

Om Shri Shésha Shay Laaya Namaha

Source :  Uttara Vaani 27 septembre 2005

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11/11/2005

Sanatana Dharma à Rodrigues






Rodrigues Hindu Sabha



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Sanatana Dharma à Rodrigues


 
 
 
 

Rodrigues Hindu Sabha

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Mon Temple

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10/11/2005

Comme un ami intime

 

 

Badger, Californie, 16 juin 2005                         

 

 

Ceux qui sont avisés et intelligents doivent dès maintenant mettre en pratique ces enseignements. S’il est très facile de parler de ces sujets, il est bien plus difficile de les appliquer. Srila Sukadeva Gosvami nous dit:

ayur harati vai pumsam

vayann astam ca yann as

tasyarte yat-ksano nita

uttama-sloka-vertaya

«A chaque aurore et chaque crépuscule, le soleil écourte la durée de l’existence de tous les êtres, sauf de celui qui consacre tout son temps à s’entretenir du Seigneur, la source de toute heureuse fortune.» (Srimad-Bhagvatam 2.3.17)

C’est l’un des versets choisis par Srila Bhaktivinoda Thakura dans son commentaire du Srimad-Bhagvatam: Bhagavat-arka-maricimala. Vous avez entendu l’histoire des deux rats, l’un noir, l’autre blanc, qui représentent le jour et la nuit. Ils grignotent une branche, imageant l’existence, le temps qui passe. Cette alternance jour-nuit vient du mouvement du soleil, ainsi le soleil réduit-t-il la durée de notre vie. Vous ignorez combien de jours, d’heures ou de moments il vous reste à vivre, mais vous pouvez comprendre que le soleil réduit ce temps. Il peut raccourcir l’existence de chacun, mais pas de celui qui chante et se souvient des gloires du Seigneur Sri Krishna.

 

srnvatah sraddhaya nityam

grnatas cas va-cestitam

kalena natidirghena

bhagavan visate hrdi

 

«Ceux qui écoutent régulièrement le Srimad-Bhagavatam et en prennent au sérieux les enseignements verront Dieu, la Personne Suprême, Sri Krishna, Se  manifester très bientôt dans leur cœur.» (Srimad-Bhagavatam 2.8.4)

 

pravistah karna-randhrena

svanam bhava-saroruham

dhunoti samalam krsnah

salilasya yatha carat

«Dans Sa manifestation sonore, celle du Srimad-Bhagavatam, Sri Krishna, l’Ame Suprême, pénètre le cœur du bhakta réalisé et siège sur le lotus de sa relation d’amour, le purifiant ainsi de la poussière de la concupiscence, de la colère et de la convoitise, accumulée au contact de la matière. Son action est donc comparable à celle d’une pluie d’automne qui assainit les bassins d’eau boueuse.» (Srimad-Bhagavatam 2.8.5)

Si vous avez foi dans les paroles du guru, des sadhus et des sastras, alors, par le simple processus de l’écoute, vous serez facilement libérés de toute difficulté et de tout problème. Si vous avez une telle foi et prenez la peine d’écouter, vous serez immédiatement libérés. Dans le verset ci-dessus, il est précisé «très bientôt», qui signifie après quelques jours ou encore dans un délai très court. Cependant, dès le début du Bhagavatam, Srila Sukadeva Gosvami dit plutôt «immédiatement.»

 

dharmah projjhita-kaitavo ‘tra paramo nirmatsaranam satam

vedyam vastavam atra vastu sivadam tapa-trayonmulanam

srimad-bhagavate maha-muni-krte kim va parair isvarah

sadyo hrdy avarudhyate ‘tra krtibhih susrusubhis tat-ksanat

 

«Rejetant complètement toute activité religieuse motivée par un quelconque désir matériel, ce Bhagavata Purana dévoile la vérité la plus haute, accessible aux dévots dont le cœur est totalement pur. Cette vérité la plus élevée qui soit distingue la réalité de l’illusion pour le bien de tous. Elle met littéralement fin aux trois formes de souffrance. Ce magnifique Bhagavatam, compilé par le grand sage Sri Vyasadeva, suffit en lui-même à conférer la réalisation spirituelle, la réalisation de Dieu. Le Seigneur Suprême s’établit dans le cœur de celui qui écoute attentivement et avec soumission le message du Bhagavatam.» (Srimad-Bhagavatam 1.1.2)

Les mots tat-ksanat cités à la fin du verset ci-dessus signifient «immédiatement». Comme c’est merveilleux! Nous devrions donc écouter hari-katha, mais au lieu de cela nous préférons écouter des sujets favorisant la gratification des sens. Nous devons écouter hari-katha avec foi. Ainsi, sans délai aucun, immédiatement, Sri Krishna viendra dans notre cœur comme un ami intime. Il nettoiera et enlèvera tout désir matériel, anartha (mauvaise habitude) et aparadha (offense) qui s’y trouve. Simplement en écoutant avec foi ce qui Le glorifie, Krishna entrera dans votre cœur et y accomplira ce qui est nécessaire.

Il était une fois un rishi nommé Khatvanga Maharaja qui remporta une bataille contre les démons sur les planètes édéniques. Le fils de Sankara (Siva), Kartikeya, qui était le commandant en chef des devas, lui dit: «Nous sommes très satisfaits de toi, tu peux nous demander une bénédiction».

Khatvanga Maharaja déclara: «Je souhaite la véritable libération, c'est-à-dire le service du Seigneur Krishna. Si vous ne pouvez me l’accorder, eh bien dites-moi alors combien de jours ou d’années il me reste à vivre?» Il lui répondit: «Il ne te reste que 12 minutes». Ce à quoi il répliqua: «Alors emmenez-moi à Vrindavana». Les devas l’y emmenèrent et il dédia le restant de sa vie à Krishna. Il abandonna son royaume et ses attachements à femme et enfants et médita sur Sri Krishna. Il existe de nombreux exemples comme celui-là.

Une âme conditionnée doit suivre la vaidhi-bhakti (voir note 1). Atteindre raganuga-bhakti (voir note 2) est très rare. Nous ne devons pas prétendre être déjà des raganuga-bhaktas.

Dans notre gaudiya-vaisnava-sampradaya, nous lisons et écoutons le Srimad-Bhagavatam et le Caitanya-caritamrita, qui, bien que semblant relever de la vaidhi-bhakti, nous accorderont très rapidement raganuga-bhakti. Nous devons suivre la vaidhi-bhakti et alors la raganuga-bhakti apparaîtra.

Qu’est-ce que la sadhana-bhakti?

krti-sadhya bhavet sadhya

bhava sa sadhanabhidha

nitya-siddhasya bhavasya

prakatyam hrdi sadhyata

 

 «Lorsque le service de dévotion transcendantal par lequel s’obtient le pur amour pour Krishna est accompli par les sens, il a pour nom sadhana-bhakti, c’est-à-dire la pratique réglée du service de dévotion. Une telle dévotion existe éternellement dans le cœur de tout être vivant. L’éveil de cette dévotion éternelle est le résultat de la pratique du service dévotionnel.» (Caitanya-caritamrta, Madhya lila 22.105)

Ce que nous, âmes conditionnées, pratiquons n’est pas la sadhana, parce que nous chantons et méditons, certes, mais sans but véritable. Par l’accomplissement d’une véritable sadhana-bhakti, nous pouvons atteindre bhava-bhakti. Qu’est-ce que bhava-bhakti?

 

suddha tattva visesatma

prema siryamsu samya bhak

rucibhis citta-marnya

krd asam bhava ucyate

«Lorsque le service de dévotion est accompli au niveau transcendantal (la pure vertu), il est pareil au rayon du soleil de l’amour pour Krishna. Il adoucit le cœur de ses diverses saveurs et se nomme alors bhava (émotion transcendantale).» (Caitanya-caritamrta, Madhya-lila 23.5)

Ici, ruci signifie le désir de servir Krishna. C’est à ce moment que cit (le cœur) fond; cela se nomme rati ou bhava. C’est lorsque le cœur est consumé de ce sentiment au cours de la sadhana que bhava se manifeste. Si vous pratiquez le chant et le souvenir après avoir défini votre objectif de même que le sentiment spirituel auquel vous aspirez, bhava-bhakti apparaîtra. Alors que si vous êtes déjà au niveau de bhava, votre souhait sera d’atteindre prema. Tel est le processus, et le progrès peut être très rapide.

 

ko nama loke purusartha saravit

pura-kathanam bhagavat-katha-sudham

apiya karnan jalibhir bhavapaham

aho virajyeta vina naretaram

 

«Qui donc, parmi les humains, peut vivre en ce monde et ne pas s’intéresser au but ultime de l’existence? Qui peut refuser le nectar des récits concernant les activités du Seigneur Suprême, lesquels suffisent pour nous affranchir de toute souffrance matérielle?» (Srimad-Bhagavatam 3.13.50)

Sri Krishna Se déguisa un jour en ange et Il Se rendit au village de Yavat, où Srimati Radhika était assise avec Ses sakhis. Il apparut sous la forme d’une très jolie jeune fille au teint sombre. Radhika demanda à l’une de Ses sakhis: «Qui est cette personne?» La sakhi répondit: «Je ne sais pas, mais elle est très attirante. C’est la première fois que nous la voyons.»

Srimati Radhika Se leva et accueillit la jeune fille. Elle S’enquit: «Qui es-tu et d’où viens-tu? Tu ressembles à un ange.»

La fille garda le silence. Alors Srimati Radhika demanda: «Pourquoi as-tu l’air si triste? Y a-t-il quelque chose qui te perturbe? Tu peux M’en parler et Je te donnerai un remède. Lorsque nous rencontrons une souffrance, celle-ci s’évanouit lorsqu’on en parle à autrui. Peut-être ton mari ne se comporte-t-il pas correctement et, de ce fait, tu ne ressens pas d’amour pour lui. Peut-être ne l’aimes-tu pas et as-tu quelque attraction pour une autre personne. Est-ce là ton problème?»

La jeune fille restait grave et ne prononçait toujours pas un mot. Srimati Radhika lui dit alors: «Peut-être as-tu mal à la tête ou à une autre partie du corps, ce qui explique la raison de ton silence. Mon père M’a donné un peu d’huile de massage maha-narayana. Elle peut soigner n’importe qui et le rendre très heureux. Je t’en mettrai un peu, car tu es Ma sakhi.» Mais la fille ne parlait toujours pas.

Que se passa-t-il ensuite? Je vous en parlerai plus tard. C’est un divertissement très mystérieux et merveilleusement doux que vous pourrez bientôt lire, car je vais le publier. (Cette publication se nomme Prema-samputa. Elle est la traduction de Srila Narayana Maharaja du livre du même nom écrit par Srila Visvanatha Cakravarti Thakura.)

Srila Rupa et Srila Sanatana Gosvamis avaient l’habitude de s’entretenir de doux divertissements comme celui-là. C’est ainsi qu’ils se souvenaient de Sri Krishna et Srimati Radhika. Ils écoutaient et se demandaient: «Que se passa-t-il ensuite? Et après?» Suivez ce principe et vous verrez que vous oublierez tous vos désirs matériels.

Gaura premanande!

Note 1: On doit servir Krishna selon ces principes régulateurs, mais si l’on développe l’amour pour Krishna tel que le vivent au quotidien les habitants de Vrajabhumi, on atteindra la plateforme de raganuga-bhakti. Qui a développé cet amour spontané est éligible pour s’élever à la dimension que savourent les habitants de Vrajabasis. A Vrajabhumi, il n’y a pas de principe régulateur nécessaire au service de Krishna. Au contraire, tout y est accompli par amour spontané pour Lui. (Caitanya-caritamrta, Madhya-lila 8.221 Teneur et portée de Srila Prabhupada)

«Le service d’amour spontané est vivement exprimé et manifesté par les habitants de Vrndavana. Leur service de dévotion s’appelle raganuga-bhakti.» (Caitanya-caritamrta, Madhya-lila 22.154)

Note 2: Ceux qui ont atteint la plateforme de l’attachement spontané dans le service de dévotion l’accomplissent sous la tutelle d’un maître spirituel authentique selon les principes régulateurs mentionnés dans les Ecritures révélées. Ce service se nomme vaidhi-bhakti. (Caitanya-caritamrta, Madhya-lila 22.109)

Edition: Syamarani Dasi     Traduction: Krishna-bhakti Dasi    Saisie: Vishnupriya Dasi

Correction: Syamananda Dasa      Source : mail du forum Krishna Bhakti dasi

17:38 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2005

Satsang du 29 actobre 2005

 

La nature immortelle de l’univers apparaît

Dans le cœur des humains mortels

Et elle les bénit

Dans toutes leurs aspirations sacrées

Par la splendeur spirituelle,

Réfléchissant un amour intense

Et connaissant tous les secrets de la sagesse,

Elle brille infiniment !

Rg.3.1.18

 

 

ENSEIGNEMENT :

 

Ce soir nous célébrons la Dîpa-pûjâ que nous aurions dû faire le soir du Dîpâvali. Mais pour des raisons de calendrier, il ne nous a pas été possible de le faire le jour voulu.

Nous savons tous que le Dîpâvali est la célébration du Bien sur le Mal. Mais si nous regardons de plus près, nous voyons que toutes les cérémonies hindoues ne cessent de célébrer cette Victoire inéluctable. Le mal ne peut en aucun cas triompher définitivement. Le temps, kâla, ramène toujours la raison à ceux qui l’ont perdue.

Nous ne sommes pas ici ce soir, juste pour faire un rituel mécanique mais nous sommes ici pour célébrer la Lumière. Nous sommes comme les habitants d’Ayodhya qui s’apprêtaient à célébrer le retour de leur prince héritier qu’ils allaient couronner roi. Je veux bien sûr parler de Shri Râma, l’incarnation du dharma, qui fut exilé pendant quatorze années au fin fond des forêts denses de l’Inde ancienne.

 

Pendant quatorze années, les citoyens d’Ayodhya qui savaient que Shri Râma avait été exilé injustement, ont patienté car ils savaient qu’Il reviendrait glorieux monter sur le trône des Raghu.

Quelle joie, quel bonheur immense, avaient-ils dans leur cœur lorsqu’ils apprirent la nouvelle du retour du Seigneur.

 

Pour vous comprendre leur tristesse pendant cet exil, lisons le passage du Râmâyana qui décrit le départ de Shri Râma pour la forêt, dans le chant 41 de l’Ayodhya Khanda (p.390) :

« Alors que Shri Râma (ce tigre parmi les hommes) quittait Ayodhya, les mains jointes, un cri plaintif surgit des entrailles des dames du gynécée : « Où va le Seigneur qui était le refuge des faibles, des indigents et des oubliés ? Où va ce Prince pour qui le plaisir et la douleur ne faisaient pas de différence, qui ne perdait pas son sang-froid même lorsqu’il était attaqué, qui évitait les mots provocateurs et qui pacifiaient tous ceux qui étaient en colère ? Où va cette grande âme, Shri Râma, qui est doté des qualités exceptionnelles et qui se comportait avec nous comme si nous étions sa propre mère, Kausalya ? Où part Shri Râma qui est non seulement notre protecteur mais aussi celui du monde entier, Lui que son père, tourmenté par Kaikeyi, a dit de partir en forêt ? Qu’il est insensé ce roi qui exila le vertueux prince Râma qui est le support de la création toute entière et qui est établi dans la vérité ! »

 

Frappées de douleurs, les dames se lamentaient ainsi et criaient au plus fort de leur voix comme des vaches pleurant leurs veaux.

 

En entendant la plainte du gynécée, le roi Dasharatha qui était déjà tourmenté par le chagrin dû à la séparation avec son fils, tomba encore plus dans la détresse. Aucune offrande ne fut faite dans le feu sacré par ceux qui en étaient en charge. Personne ne faisait cuire à manger à la maison. Les gens ne s’occupaient plus de leurs affaires. Et le soleil était hors de vue. Les éléphants laissaient l’herbe tomber de leur bouche. Les vaches refusaient aux veaux de s’allaiter. Les mères ne se réjouissaient plus de voir leurs nouveaux-nés. Se mettant en conjonction avec la lune, Trishanku, Mars et même Jupiter et Mercure, ainsi que tous les astres, assumaient un aspect terne. Les cases lunaires perdaient de leur brillance et les planètes leurs splendeurs. Allant sur une mauvaise voie, elles jetaient une pâle lumière dans les cieux. Poussé par un éclat de vent, une masse de nuages se leva comme un océan turbulent. Shri Râma, parti pour la forêt, la ville d’Ayodhya tremba. Tous les points cardinaux devinrent obscurs comme s’ils étaient enveloppés dans la nuit. Aucune planète, aucun astre n’émettait la moindre lumière. Tout d’un coup, les habitants d’Ayodhya furent réduits au pire désespoir. Personne ne pouvait donner la moindre idée à la nourriture ou au plaisir. Tourmentés par le chagrin, les habitants d’Ayodhya maudirent l’empereur. Les hommes qui marchaient dans les rues avaient leurs visages recouverts de larmes. Personne n’était joyeux, tout le monde était plongé dans le chagrin.

 

Aucune brise fraîche ne soufflait ni la lune n’avait un aspect placide, ni le soleil ne réchauffait les gens de ses rayons. Tout le monde était perturbé. Les fils étaient indifférents envers leurs mères ; les maris n’étaient d’aucune utilité pour leurs épouses, et les frères pour leurs frères. En renonçant à tout, leurs pensées concentrées sur Shri Râma seulement. Tout ceux qui étaient les amis de Shri Râma étaient perplexes, n’avaient plus sommeil et ils avaient un excès de chagrin. Par la peur et le chagrin, la ville d’Ayodhya était perturbée… »

 

Nous comprenons mieux d’après ce passage du Râmâyana pourquoi le retour de Shri Râma est, en fait, le retour de la Lumière. Dans l’hindouisme, Il est la manifestation même de Dieu. Ce texte - comme tous les autres textes hindous d’ailleurs - nous montre comment nous sommes lorsque nous ne sommes pas en présence de la Lumière du Suprême. C’est la raison pour laquelle lorsque le prêtre tourne la lampe au camphre, un des mantras déclare : « Tam eva bhântam anubhâti sarvam ! Lui seul brille, tout brille ensuite ! »

 

Pour réussir notre vie complètement, nous devons réaliser que Sa Lumière est la seule vraie lumière. Nous pouvons le faire que lorsque nous rangeons les lampes que sont nos pensées - embrouillées la plupart du temps.

 

Prions le Suprême pour que Sa Lumière resplendisse dans nos cœurs et dans nos vies afin d’atteindre le vrai but de notre vie sur terre.

 

Source : mail (Satsang du 29 octobre 2005) Swami Paramânanda Shri  Ramakrishna Math


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01/11/2005

Happy Diwali

07:40 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |