28/11/2005

Satsang du 26 octobre 2005

 

PENSEE DU JOUR

 

O Seigneur, je ne sais quel exercice spirituel faire. Je sais que je souffre d’une maladie spirituelle grave et je ne connais pas le médicament pour la guérir.  Ma maladie est que je n’arrive pas à distinguer l’illusion de la Vérité !

 

Dans un rêve, un roi peut imaginer qu’il a tué un prêtre. Le poids du péché pèse sur lui et il se désespère d’obtenir le pardon. Il fait toutes sortes de sacrifices mais personne n’efface son sentiment de culpabilité. Le fardeau reste toujours sur son cœur, à moins qu’il ne se réveille !

 

Un homme peut avoir une guirlande à se mettre autour du cou mais sa vue est basse et il prend la guirlande pour un serpent. Il fait voltiger la guirlande et la frappe avec un bâton. Il continuera aussi longtemps qu’il pensera que le serpent est vivant. Il continuera à frapper jusqu’à ce qu’il soit épuisé!

 

Je suis comme ce roi, épuisé par le sentiment de culpabilité des péchés que j’ai commis. Mais ces péchés sont-ils réels ou imaginaires ? Je suis comme cet homme à la vue basse, pris par la peur de la maladie, les blessures et la malchance de souffrir. Mais la malchance est-elle réelle ou imaginaire ?

 

La culpabilité et la peur sont liées au sentiment du soi. A moins d’éliminer ce sentiment du soi – jusqu’à ce que je cesse de penser « je », moi », et «  mon », je ne serai jamais libre.

Tulsidas, Vinaya Pâtrika 122

 

Maturité émotionnelle

(suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

La réaction est un événement

 

Il  se produira des réactions à l’intérieur de moi si je n’accepte pas les faits. Une réaction est un événement ; c’est quelque chose de mécanique, de machinal qui se produit dans une personne. Une réaction n’est pas quelque chose sur laquelle vous avez un quelconque pouvoir. Elle n’a pas le visa de votre approbation consciente. Elle se présente à votre esprit. Elle est comme un moteur électrique qui est réglé pour tourner à une vitesse donnée, et qui ne fait que tourner à cette vitesse. Il bouge mécaniquement ; il n’est pas conscient qu’il tourne à une vitesse donnée. Il ne pense pas. S’il pouvait penser, s’il était libre, peut-être qu’il ne tournerait pas à la même vitesse tout le temps. Quelquefois, il pourrait aller plus vite, et d’autres fois plus lentement. Mais il n’est pas conscient qu’il tourne à une certaine vitesse, l’acte de tourner arrive tout simplement. On pourrait dire que le moteur n’agit pas, il réagit. Il ne tourne pas à une vitesse déterminée de sa propre volonté ; il est réglé pour fonctionner de cette façon et donc c’est une réaction. Ainsi, à chaque fois que vous n’avez pas conscience de quelque chose qui se produit en vous, c’est quelque chose de mécanique, c’est une réaction.

 

Quand les nuages s’assemblent et que la situation est propice, la pluie arrive. Ce n’est pas par choix. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas plu sur Baroda depuis longtemps que les nuages ont décidé de venir ici et de donner de la pluie. Les nuages n’ont aucun choix. C’est ainsi que la pluie survient, en résultat de certaines conditions favorables. De la même façon, une réaction se manifeste. La colère, la frustration, la jalousie, la tristesse, le désespoir, sont toutes des réactions, elles se produisent en vous.

 

Il est dommage que certaines personnes croient qu’il est nécessaire de se mettre en colère pour que les choses soient faites. Cet homme se met en colère à chaque fois que les choses ne se déroulent pas comme il le veut. Mais c’est un mauvais type de management, car personne ne respecte la colère. Ce n’est pas à cause de la colère de la personne, mais du fait de son pouvoir et sa position que les gens se soumettent à ses désirs. Ce type de personne a certains “boutons” déclencheurs et les gens autour de lui connaissent ces boutons. Au bureau, les subordonnés connaissent les “boutons” des supérieurs, et prennent soin d’éviter certains sujets et d’aborder certains problèmes. Toutes les femmes connaissent les points sensibles de leurs maris et elles préviennent aussi leurs enfants : “ Ne dites pas ceci à votre père. Sinon, il va se mettre en colère ”. Elles ont découvert au fil des ans ses différents boutons. Tous les enfants découvrent quels sont les “boutons” de leurs parents. Quand le père est vraiment en colère, ils se tiendront à distance de lui pendant trois heures, car ils ont compris que leur père met ce temps là à se calmer. Il est puéril de donner de la valeur à la colère. Enfant, vous vous mettiez en colère à chaque fois que l’on ne vous donnait pas un deuxième bonbon. Vous criiez et vous arrachiez les cheveux, et finalement votre mère vous donnait ce deuxième bonbon. Vous aviez découvert que la colère marchait et donc, à partir de ce moment, vous vous mettiez en colère à chaque fois que vous vouliez que les choses se passent comme vous le désiriez. Mais la colère est un événement ; vous ne vous mettez pas consciemment en colère, car la colère est une réaction.

 

Vous êtes un individu conscient qui dispose du libre-arbitre, d’une liberté de choix. Vous n’êtes pas comme les voitures-jouets réglées pour répondre de manière déterminée. Une voiture-jouet peut être programmée en sorte qu’elle tourne à droite si elle rencontre un obstacle. Quand vous lâchez la voiture, elle va en avant et tourne à droite en face d’un obstacle. Puis elle va dans une autre direction et à nouveau tourne à droite dés qu’elle rencontre un autre obstacle. Elle peut tourner uniquement à droite, et pas à gauche ou en arrière. Pourquoi ? Parce c’est une voiture automatique. Elle est programmée, mécanique. Mais vous ne pouvez pas vous comparer à cette voiture-jouet. Vous êtes plutôt comme quelqu’un qui a une voiture avec un volant de direction et un accélérateur. Avec la voiture, vous pouvez tourner à droite, à gauche, aller en avant et en arrière, et tout droit. Vous pouvez faire une variété de choses avec une voiture. En tant qu’être humain, vous disposez donc de la liberté de faire une variété de choses. Si par exemple, je vous demande d’applaudir, vous pouvez applaudir ou ne pas applaudir, ou le faire plus tard ! Vous avez la liberté d’agir ou de ne pas agir, ou d’agir de la manière que vous souhaitez. Mais cette faculté de choix, ce libre arbitre n’entre pas en jeu quand vous vous retrouvez en colère, triste ou frustré, car ce sont tous des événements mécaniques. Vous dites et faites des choses dans votre colère que vous regrettez plus tard. Je peux comprendre ce que ressent quelqu’un qui accorde de la valeur à la colère. Le Seigneur Krsna dit :

 

                               Kama esa krodha esa rajogunasamudbhavah

                               Mahasano mahapapma viddhyenamiha vairinam

 

Ce désir, cette colère, né de rajoguna est un grand dévoreur, un grand pécheur !              

Sachez qu’il est l’ennemi ici !                            

                                                               (Bhagavat Gîtâ III,37)

 

Le Seigneur qualifie la colère de grand pécheur. Une personne en colère peut même maltraiter son enseignant, ce qui signifie qu’elle peut faire n’importe quoi sous l’impulsion de la colère. Elle n’a d’égards pour personne, elle peut tirer sur quelqu’un, ou même sur elle- même. Par conséquent, sachez que la colère est votre ennemi. Il n’est pas à l’extérieur, il est à l’intérieur de vous. Votre propre mental peut devenir votre propre ennemi.   

 

Si la colère est un événement imprévu ou une réaction, la tristesse l’est également, car personne ne veut être triste. De la même manière, les émotions comme la haine, la jalousie, etc... que vous n’acceptez ni chez les autres, ni en vous sont des réactions.


18:24 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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