21/11/2005

Satsang du 19 octobre 2005

 

PENSEE DU JOUR

Si un homme est dénué de sagesse,

Son esprit vagabonde sans cesse

Et ses sens sont des chevaux fous

Qui ballottent le conducteur !

Katha Upanishad I.3.6

 

 

LE KATHOPANISHAD

 

Nous avons vu la semaine dernière que le Mundakopanishad (III.1.2) prend l’exemple de deux oiseaux sur une branche pour nous faire comprendre que si nous dégustons les fruits de nos actions, nous en subissons les conséquences alors que si nous restons détachés, nous nous installons dans l’équanimité.

 

Dans un autre texte, le Kathopanishad, le sage compare l’individu à un char mené par son cocher. Il nous demande de connaître le jîvâtma - le soi individuel - comme étant le maître, le passager ; le chariot, c’est le corps ! Le cocher est l’intellect et les rênes sont le mental !

 

Notes du Cours du 22.06.1981

 

Le texte nous dit que les connaisseurs de Brahman disent qu’il y a deux sortes d’atman. Ils sont tous les deux entrés dans la caverne de l’intellect - comparable à l’âkâsha, l’espace pur et illimité par nature. Là se trouve la demeure du Seigneur car, bien qu’étant omniprésent, Il y est reconnu. Bien que je sois présent partout dans mon corps, le miroir est le meilleur instrument pour me voir ! De même, l’Atman est présent partout mais son aspect en tant que conscience se manifeste dans certains instruments seulement (dans les plantes, les animaux et les êtres humains, par exemple). De même ânanda se manifeste dans le cœur humain qui est appelé dans l’upanishad « paramam parardham » - la demeure (ardha) du Suprême (para), car Dieu s’y manifeste.

            Dans l’espace du cœur – le cœur est comparé à l’espace où l’Atman y serait entré pour ainsi dire.

Comment sont ces deux atmas ? Je me sens comme un mais je recherche un autre. Qu’est-ce que je recherche en réalité ?

Je ne peux que rechercher l’âtman et le seul endroit où je peux le trouver, c’est dans le cœur. Quand l’antahkarana, l’équipement intérieur, est pur, l’appréciation de l’âtman devient possible.

Il y a comme si deux âtmans du fait de l’ignorance de soi. Il y a une division dans la vie entre la Réalité et ma vie de tous les jours, entre l’idéal que je veux atteindre et la personne limitée que je pense être en ce moment. Toute la vie devient ainsi une longue recherche de l’Atmâ. Il y a un gouffre entre le but (sâdhya) et le chercheur (sâdhaka), et tous les efforts que je fais, sont faits pour combler l’espace entre ces deux pôles. Par l’action, je veux combler le trou. C’est cela le samsâra de vouloir créer un pont entre moi et le but à atteindre. Cela devient une existence de recherche et d’actions.

Il y a deux ponts possibles selon les buts à atteindre : shreyas (pour quelques rares individus) et preyas (pour la majorité des êtres humains) - la plénitude éternelle est pour quelques rares personnes alors que la plupart d’entre nous, nous nous engageons dans la voie du plaisir éphémère.  Tout dépend donc de la notion du but que nous avons – shreyas – ce qui est vraiment bon - ou preyas – ce qui semble être bon.

 

Mantra 2

            Nous avons connu ce feu Nâchiketa qui est aussi le pont pour les sacrificateurs, comme étant aussi cela qui est le brahman suprême impérissable au-delà de la peur pour ceux qui veulent aller au-delà (du monde) !

 

Est-ce que quelqu’un a déjà atteint la libération ? Y a-t-il des gens qui sont vidvadanubhava ?

Les gens qui veulent atteindre le svarga, le paradis, ils utilisent les nâchiketânis, les rituels, pour atteindre le preyas. Le nâchiketam est le pont qui mène à ce but. C’est le chemin de l’avidyâ, de l’ignorance, selon les sages. Ceux qui veulent atteindre la vraie bravoure, abhaya, ou parabrahman. C’est vidyâ, la connaissance, en est le pont.

 

L’auteur de l’upanishad pour nous aider à comprendre, utilise l’image du chariot pour ces deux sortes de « Soi », un chariot comme moyen d’atteindre la destination.

 

Mantra 3

Sache que le soi est le maître du chariot, et le corps le chariot ! Sache l’intellect comme étant le cocher et le mental comme vraiment les rênes !

 

Mantra 4

Ils appellent les organes des sens les chevaux, les organes étant imaginés comme des chevaux, les objets comme les chemins ! Les gens qui discernent appellent ce Soi le jouisseur quand il est associé au corps, aux organes et au mental !

 

Mantra 5

Mais les organes de cet intellect qui, étant toujours associés à un mental incontrôlé, dépourvu de discernement, sont vraiment comme les chevaux fougueux du cocher !

 

Mantra 6[1]

            Mais les organes de cet intellect qui, étant associé à un mental sous contrôle, doté de discernement, sont contrôlables comme les bons chevaux du cocher !

 

            Tout d’abord qui est un bon cocher sur le chemin spirituel ? C’est celui qui a une personnalité intégrée. Cette personne ne se laisse pas emporter par son mental propulsé par ses instincts naturels mais primaires. L’intellect est aussi une faculté naturelle qu’Ishvara a mis à notre disposition pour pouvoir atteindre le but de la vie.

Ainsi l’intellect devient comparable à une force que nous devons utiliser pour contrôler le mental afin d’empêcher les chevaux des sens de nous amener à la catastrophe.

Un bon cocher est celui qui sait discerner et qui sait appliquer les bonnes méthodes pour atteindre son but. Mais le but lui-même doit être clair ! Si nous sommes comme la majorité des hommes, nous ne savons pas quel est notre parama dharma, notre devoir suprême, notre raison d’être dans la vie, comment saurons-nous utiliser les rênes du mental pour guider les chevaux de nos sens ?

Le discernant est celui pour qui les choses sont claires. Il sait où il va et il sait aussi comment utiliser son vâhanam, sa monture. Tout d’abord, il ne laisse pas son énergie mentale se dissiper par tous les trous sensoriels. Régulièrement, il marque une pause pour réajuster sa machine et faire le point. Alors dans le chemin religieux et spirituel que nous empruntons, notre mental devient alors disponible pour le japa - la récitation des mantras, pour le kirtanam – les chants sacrés, le dhyânam – la méditation.

Dans ce chemin, la shraddhâ - la dévotion, est aussi indispensable que l’huile et l’eau dans un moteur à combustion. Une certaine dose de volonté et de force de caractère est nécessaire pour découvrir la joie qu’il y a sous tes tas de choses inutiles. Chaque jour devient une joie de découverte de la présence de Dieu dans toutes les activités que nous faisons.

Notre mental devient de plus en plus affiné. Il n’y a plus aucun doute qu’il découvrira la présence divine partout – dans un brâhmana, dans une vache, dans un éléphant ou un mangeur de chien comme le dit la Gîtâ (V.18)[2]. Alors seulement nous aurons la liberté d’engager ou de retirer le mental dans ce que nous voulons ou ne voulons pas.

Le mental doit devenir un samâhitachittam, concentré sur un but. Cela est possible après un entraînement assidu, comme pour les chevaux. Le voyage de la vie devient alors un plaisir.

 

PRIERE :

 

O Créateur divin,

Sûrement Tu accordes l’immortalité

A l’homme hautement élevé,

Engagé dans la recherche de la connaissance

Et dans la dévotion !

Tu lui accordes ensuite toute Ta protection

Et Tu n’arrêtes pas de faire pleuvoir

Tes bénédictions sur lui !

Ôg Veda.4.54.

 

 

[1] Yastu vijnânavân bhavati yuktena manasâ sadâ/

Tasyendriyâni pashyati sadashvâ iva sâratheh

 


[2] Vidyâ vinaya sampanne brâhmane gavi hastini

shuni chai va shvapâke cha pânditâ samadarshinah


18:33 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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