14/11/2005

Satsang du 21 octobre 2005

 

BHAJANAMS & PRIERES :

  • Gangâ Stotram - Chants & Prières p. 72 – Prarthanâh p. 31
  • Kalainirai Ganapati - Chants & Prières p.57
  • Margabandhu stotram – Prarthanâh. p.55
  • Adi Parâshakti – Chants & Prières p.55
  • Anbarukku - Chants & Prières p.40
  •  

 

PENSEE DU JOUR :

Sur le même arbre,

Plongé dans le monde changeant,

le soi individuel, égaré,

Déplore son manque de liberté !

Mais s’il découvre le Seigneur,

Tout empreint de puissance

Et plein de dignité,

Il échappe à toutes ses souffrances !

Mundaka Upanishad.III.1.2

 

Maturité émotionnelle (suite)

Swami Dayananda Sarasvati

 

L’objectivité est la maturité

 

Nous sommes très objectifs quand quelqu’un d’autre a un problème. Nous devenons alors des philosophes, des grands conseillers ! Quand votre ami est en deuil, vous allez auprès de lui et le consolez en disant :

“ Eh bien, la mort est une réalité de la vie ! La mort est toujours au coin de la rue et chacun doit la rencontrer un jour ou l’autre ! Comme le dit la Gîtâ, l’âme abandonne le corps quand il est usé et en prend un nouveau, tout comme une personne abandonne ses vieux vêtements et en prend des neufs. Ainsi, l’âme ne meurt pas, elle continue d’exister ! ”

Vous le réconfortez de cette façon, et l’autre personne se sent consolée elle aussi, comme si elle avait souhaité entendre ce genre de paroles. Mais, plus tard, vous perdez votre femme. Maintenant vous avez besoin d’être consolé - et c’est à l’autre de venir vous consoler ! Vous n’avez aucun problème tant que “le caillou est dans la chaussure de l’autre”. Vous êtes tout à fait capable de donner des conseils. A ce moment-là, la Gîtâ est sur  vos lèvres. Vous savez exactement ce qui est juste et ce qui est faux.

 

Vous êtes très éthique tant qu’il s’agit du comportement des autres. Personne ne devrait vous blesser ou vous voler, personne ne devrait se mettre en colère contre vous ou vous haïr, personne ne devrait être jaloux de vous, et ainsi de suite. Les autres devraient tout  partager, être amicaux, avoir de la compassion, être sympathiques. Même Dieu devrait toujours être miséricordieux et compatissant envers vous ! Vous savez exactement comment les autres devraient se comporter à votre égard. Qui ne sait pas cela ? Tout le monde le sait. Mais c’est une tout autre chose quand il s’agit de votre vie, de votre propre situation. Vous êtes assez objectif, quand vous regardez une montagne. Mais supposez que vous avez une propriété sur cette montagne, et que vous vous rendez compte que vous en perdez une partie tous les ans, à cause des glissements de terrain, alors vous devenez une montagne de chagrin à chaque fois que vous regardez cette montagne ! C’est beau de voir un glissement de terrain quand vous n’êtes pas en dessous ! Vous êtes objectif aussi longtemps que vous n’êtes pas affectés.

 

Comme je l’ai dit plus haut, vous êtes un jnâni, un sage, vis-à vis d’une poupée en terre cuite – vous êtes très objectif quand la poupée de votre enfant se brise et vous êtes capable de lui en acheter une nouvelle – vous êtes un sannyâsi, une personne mature ! Le Seigneur Krishna dit :

 

                        Jneyah sa nityasannyasi yo na dveshti na kankshati /

Comprends que cette personne est un sannyasi, celle qui ne tombe pas sous l’emprise  des raga et dvesa ! (Bhagavat Gîtâ V,3)

 

Vous êtes un sannyâsi, par rapport à une poupée en terre cuite, car vous n’avez ni râga ni dvesha envers elle. Vous n’êtes ni tenté ou attiré ni effrayé par une poupée. Vous pouvez acheter une poupée et jouer à la poupée pour faire plaisir à votre enfant, mais vous êtes au-dessus de cette poupée. Vous ne devenez pas triste quand la poupée se casse. Mais l’enfant pleure quand cela arrive. Pourquoi ? Car il n’est pas encore devenu mature comme vous. De la même manière, vous êtes mature par rapport aux billes. Il était une fois, quand vous étiez enfant, les billes avaient de l’importance pour vous. Peut-être les comptiez-vous tous les soirs pour vous assurer que vous n’en aviez pas perdu en jouant pendant la journée. Maintenant vous êtes grand-père, et quand votre petit-fils vient vous voir et vous demande de jouer aux billes avec lui, vous n’avez pas le problème de vous sentir attiré, tenté par les billes ou d’avoir le besoin d’éviter ce jeu. Vous n’êtes pas submergé par la joie quand vous gagnez quelques billes en jouant avec votre petit-fils, et vous n’éprouvez pas non plus un sentiment de défaite, quand vous en perdez, car vous êtes acquis de la maturité par rapport aux billes.

 

Supposons que vous alliez voir un homme riche. Vous remarquez qu’il y a des billes éparpillées sur le sol pendant que vous attendez seul dans une pièce. Vous n’êtes aucunement affecté car les billes ne vont pas rendre votre vie meilleure qu’elle ne l’est actuellement, et elles ne vont pas non plus vous créer de problèmes, et donc vous n’avez ni de l’attachement ni de l’aversion pour elles. Mais supposez que vous voyiez des billes en or ! Vous doutez du fait qu’elles soient réellement en or, car il est possible qu’elles n’ait que l’apparence de l’or. Alors vous en prenez quelques-unes dans votre main, et d’après leur poids, etc..., vous concluez définitivement qu’elles sont réellement en or ! Mon Dieu, cet homme doit être si riche que son enfant joue avec des billes en or ! Il y a bien sannyâsa par rapport aux billes mais pas par rapport à l’or ! C’est une toute autre affaire !

 

Nous sommes tous matures par rapport à certaines choses. Si nous pouvons être matures par rapport à des billes, je suis sûr que nous pouvons l’être par rapport à tout le reste. C’est de cette maturité-là dont parle le Védanta !

 

Source : mail (Satsang du 29 octobre 2005) Swami Advayananda

18:15 Écrit par Dharma Today | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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