07/11/2005

Satsang du 29 actobre 2005

 

La nature immortelle de l’univers apparaît

Dans le cœur des humains mortels

Et elle les bénit

Dans toutes leurs aspirations sacrées

Par la splendeur spirituelle,

Réfléchissant un amour intense

Et connaissant tous les secrets de la sagesse,

Elle brille infiniment !

Rg.3.1.18

 

 

ENSEIGNEMENT :

 

Ce soir nous célébrons la Dîpa-pûjâ que nous aurions dû faire le soir du Dîpâvali. Mais pour des raisons de calendrier, il ne nous a pas été possible de le faire le jour voulu.

Nous savons tous que le Dîpâvali est la célébration du Bien sur le Mal. Mais si nous regardons de plus près, nous voyons que toutes les cérémonies hindoues ne cessent de célébrer cette Victoire inéluctable. Le mal ne peut en aucun cas triompher définitivement. Le temps, kâla, ramène toujours la raison à ceux qui l’ont perdue.

Nous ne sommes pas ici ce soir, juste pour faire un rituel mécanique mais nous sommes ici pour célébrer la Lumière. Nous sommes comme les habitants d’Ayodhya qui s’apprêtaient à célébrer le retour de leur prince héritier qu’ils allaient couronner roi. Je veux bien sûr parler de Shri Râma, l’incarnation du dharma, qui fut exilé pendant quatorze années au fin fond des forêts denses de l’Inde ancienne.

 

Pendant quatorze années, les citoyens d’Ayodhya qui savaient que Shri Râma avait été exilé injustement, ont patienté car ils savaient qu’Il reviendrait glorieux monter sur le trône des Raghu.

Quelle joie, quel bonheur immense, avaient-ils dans leur cœur lorsqu’ils apprirent la nouvelle du retour du Seigneur.

 

Pour vous comprendre leur tristesse pendant cet exil, lisons le passage du Râmâyana qui décrit le départ de Shri Râma pour la forêt, dans le chant 41 de l’Ayodhya Khanda (p.390) :

« Alors que Shri Râma (ce tigre parmi les hommes) quittait Ayodhya, les mains jointes, un cri plaintif surgit des entrailles des dames du gynécée : « Où va le Seigneur qui était le refuge des faibles, des indigents et des oubliés ? Où va ce Prince pour qui le plaisir et la douleur ne faisaient pas de différence, qui ne perdait pas son sang-froid même lorsqu’il était attaqué, qui évitait les mots provocateurs et qui pacifiaient tous ceux qui étaient en colère ? Où va cette grande âme, Shri Râma, qui est doté des qualités exceptionnelles et qui se comportait avec nous comme si nous étions sa propre mère, Kausalya ? Où part Shri Râma qui est non seulement notre protecteur mais aussi celui du monde entier, Lui que son père, tourmenté par Kaikeyi, a dit de partir en forêt ? Qu’il est insensé ce roi qui exila le vertueux prince Râma qui est le support de la création toute entière et qui est établi dans la vérité ! »

 

Frappées de douleurs, les dames se lamentaient ainsi et criaient au plus fort de leur voix comme des vaches pleurant leurs veaux.

 

En entendant la plainte du gynécée, le roi Dasharatha qui était déjà tourmenté par le chagrin dû à la séparation avec son fils, tomba encore plus dans la détresse. Aucune offrande ne fut faite dans le feu sacré par ceux qui en étaient en charge. Personne ne faisait cuire à manger à la maison. Les gens ne s’occupaient plus de leurs affaires. Et le soleil était hors de vue. Les éléphants laissaient l’herbe tomber de leur bouche. Les vaches refusaient aux veaux de s’allaiter. Les mères ne se réjouissaient plus de voir leurs nouveaux-nés. Se mettant en conjonction avec la lune, Trishanku, Mars et même Jupiter et Mercure, ainsi que tous les astres, assumaient un aspect terne. Les cases lunaires perdaient de leur brillance et les planètes leurs splendeurs. Allant sur une mauvaise voie, elles jetaient une pâle lumière dans les cieux. Poussé par un éclat de vent, une masse de nuages se leva comme un océan turbulent. Shri Râma, parti pour la forêt, la ville d’Ayodhya tremba. Tous les points cardinaux devinrent obscurs comme s’ils étaient enveloppés dans la nuit. Aucune planète, aucun astre n’émettait la moindre lumière. Tout d’un coup, les habitants d’Ayodhya furent réduits au pire désespoir. Personne ne pouvait donner la moindre idée à la nourriture ou au plaisir. Tourmentés par le chagrin, les habitants d’Ayodhya maudirent l’empereur. Les hommes qui marchaient dans les rues avaient leurs visages recouverts de larmes. Personne n’était joyeux, tout le monde était plongé dans le chagrin.

 

Aucune brise fraîche ne soufflait ni la lune n’avait un aspect placide, ni le soleil ne réchauffait les gens de ses rayons. Tout le monde était perturbé. Les fils étaient indifférents envers leurs mères ; les maris n’étaient d’aucune utilité pour leurs épouses, et les frères pour leurs frères. En renonçant à tout, leurs pensées concentrées sur Shri Râma seulement. Tout ceux qui étaient les amis de Shri Râma étaient perplexes, n’avaient plus sommeil et ils avaient un excès de chagrin. Par la peur et le chagrin, la ville d’Ayodhya était perturbée… »

 

Nous comprenons mieux d’après ce passage du Râmâyana pourquoi le retour de Shri Râma est, en fait, le retour de la Lumière. Dans l’hindouisme, Il est la manifestation même de Dieu. Ce texte - comme tous les autres textes hindous d’ailleurs - nous montre comment nous sommes lorsque nous ne sommes pas en présence de la Lumière du Suprême. C’est la raison pour laquelle lorsque le prêtre tourne la lampe au camphre, un des mantras déclare : « Tam eva bhântam anubhâti sarvam ! Lui seul brille, tout brille ensuite ! »

 

Pour réussir notre vie complètement, nous devons réaliser que Sa Lumière est la seule vraie lumière. Nous pouvons le faire que lorsque nous rangeons les lampes que sont nos pensées - embrouillées la plupart du temps.

 

Prions le Suprême pour que Sa Lumière resplendisse dans nos cœurs et dans nos vies afin d’atteindre le vrai but de notre vie sur terre.

 

Source : mail (Satsang du 29 octobre 2005) Swami Paramânanda Shri  Ramakrishna Math


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