21/09/2005

Le déclin de la culture védique en Inde

Il est impossible de dire exactement quand a commencé la culture védique, dit Amma à ses dévots et ses disciples rassemblés autour d'elle pour la méditation et la session de question-réponse du mardi. Les Védas sont " anadi ", sans commencement. Ils étaient là avant même l'existence de la race humaine. On dit qu'ils sont " isvara nisvasam " l'expiration de Dieu. On ne sait même pas qui les a découverts. Dire quand les Védas sont apparus est difficile.

Amma répondait ainsi à deux questions d'un occidental à propos de l'origine de la culture védique : l'une sur la date d'apparition des Védas et l'autre sur l'origine de l'association entre les Védas et la culture indienne. Amma continua en disant que l'on ne peut dater les Védas et qu'elle ne pouvait apporter aucune preuve à ce sujet.


C'est comme demander qui vint le premier du poussin ou de l'œuf ? C'est au-delà des mots. Lorsque les anglais dirigeaient l'Inde, ils brûlèrent tous les pramana granthas. (textes de validation) Et ce qu'ils écrivirent à leur place, est ce qui est enseigné aux enfants aujourd'hui.

Quant à où prit naissance la culture védique, Amma dit qu'elle était proprement indienne et non comme certains érudits le proclament, importée par des étrangers d'au-delà des Himalayas. Ensuite Amma regretta que certains érudits et certains laïcs prétendent que les Védas aient été écrits il y a environ 5000 ans et que la culture indienne et le sanskrit furent amenés par des tribus nomades. Il n'y a aucune logique dans tout cela, dit-elle. Aucun autre pays n'a jamais utilisé le sanskrit comme langue parlée. Aujourd'hui, il est utilisé par certains pays qui l'enseignent mais il n'est parlé qu'en Inde. Si des nomades étrangers étaient venus en Inde et avaient introduit cette langue, elle aurait été parlée dans son pays d'origine aussi, ce qui n'est pas le cas. Le Sanskrit fait partie de l'Inde. On ne peut trouver de trace des Védas dans aucun autre pays ni aucune autre langue.

 

Puis Amma raconta une légende populaire qui est un testament sur les origines de la culture védique en Inde. Il y est dit qu'Aristote, précepteur d'Alexandre Le Grand qui envahit l'Inde en 326 av J.C., lui demanda de lui ramener un yogi car il souhaitait étudier avec lui. La légende implique donc qu'il y a 2.300 ans déjà, l'Inde était renommée comme source d'une rare et grande sagesse.

Amma dit qu'il y a beaucoup d'erreurs dans la compréhension des Védas à cause de la façon dont ils sont enseignés aujourd'hui. Traditionnellement, l'étude des Védas se faisait dans le cadre d'une gurukula, de façon orale de maître à disciple suivant la parampara ou lignée. Actuellement la tradition est presque perdue et la plupart des érudits védiques ont acquis leurs connaissances dans des livres traduits, motivés par une curiosité intellectuelle plutôt que par une soif pour La Vérité.

 

En voici un exemple, dit-elle, à travers le sens du mot sanscrit "pashu". Son sens premier est bien sûr, celui de vache mais il en a bien d'autres comme celui d'ego. Aussi dans certains rituels védiques on parle du sacrifice de pashu et bien que cela signifie mettre fin à l'identification avec les sens limités du " je ", dans la plupart des universités occidentales on l'a traduit par " sacrifier une vache ".

 

La plupart de ces erreurs proviennent d'un chercheur orientaliste allemand Max Müller, qui traduisit le Rig Véda et les principales Upanishads en anglais et écrivit de nombreux textes sur la culture hindoue, sans être jamais venu en Inde. Sa traduction est donc devenue tout naturellement celle de référence.

 

Le plus tragique est que les Indiens aujourd'hui prennent ces erreurs pour des faits. Et même si des mahatmas les corrigent et indiquent le sens réel des écritures, la plupart des gens ne sont pas capables d'en reconnaître la véracité. Ils s'accrochent à ce qu'ils ont appris dans les livres, basé sur les textes de Müller et d'autres chercheurs occidentaux. Amma l'explique par le fait que les Indiens ont vécu sous le joug anglais pendant 200 ans et qu'ils ont développé une attitude d'acceptation vis à vis de tout ce qui est dit en occident.

Ensuite Amma raconta une histoire pour illustrer son propos : Il était une fois un roi qui aimait le payasam (dessert sucré) et qui ne voulait pas que ses sujets en mangent. Il leur dit donc qu'il était amer et par respect pour lui, ils ne le goûtèrent pas, acceptant son amertume comme un fait. Mais il y avait un personnage rusé à la cour qui déclara qu'il aimait le payasam amer et le mangea tout entier.

 

Cette histoire est symbolique de la façon dont certaines forces sont capables de tromper la majorité des gens afin qu'ils perdent leur culture védique à laquelle ils ont droit de par leur naissance. Cependant, malgré cela, les vrais chercheurs de connaissance ont quand même poussé plus loin et ont trouvé la douceur de la tradition spirituelle indienne pour eux-même et l'ont embrassée.

 

Mais Amma dit qu'une partie du blâme doit aller aux Indiens eux-mêmes car il y a certains leaders indiens qui ont vendu les connaissances védiques à des étrangers pour de l'argent, les aidant souvent dans leur mauvaise interprétation ou prétendant faussement connaître le sens de certains textes. Ce fut le début de la prolifération de la désinformation et de cette façon, dit-elle, de nombreuses choses précieuses de l'Inde ont été perdues.

Les occidentaux sont très enthousiastes pour venir explorer et découvrir l'origine de cette connaissance mais les Indiens n'y sont pas intéressés. Amma d'ajouter que voyant la valeur de ce savoir, les occidentaux le ramènent dans leurs pays et le font breveter alors que les Indiens n'en ont jamais réalisé la valeur.

Amma se demanda ensuite à haute voix : Tous nos livres sont commentés par des occidentaux. Les Indiens n'ont pas écrit grand chose. Pourquoi est-ce ainsi ?
 
Source : http://www.amma-europe.org/french/index/sommaire.php3

 

Extrait du documentaire Darshan.





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