29/08/2005

Réorganiser la société Hindoue

La beauté de Mère-Nature repose essentiellement dans Sa diversité. Sans se diversifier la nature ne peut tout simplement pas exister. Son existence même, sa vie même dépend de son expansion, de sa diversification. C'est le signe par excellence d'un être vivant qui se différencie par rapport à un être en apparence sans vie. La graine est une entité vivante. Elle doit vivre, elle doit germer, elle doit perdre sa forme originelle et croître en des formes nouvelles toujours plus nombreuses. Plus la croissance, plus l'expansion est importante et plus la beauté et son rôle dans la nature sont grands.

La diversité, c'est la vie.

Le même principe s'applique aussi au genre humain, plus il croît et soutient sa diversité de cultures et plus il enrichit la vie humaine. La destruction de la variété de ses manifestations de vie ne se terminera que dans une morte uniformité. Une simple forme comme celle d'une amibe représente la vie la plus basse d'un modèle de vie, sans aucune diversité quelle qu'elle soit. D'un autre côté, la merveilleuse nature humaine actuelle est le résultat de son élan qui toujours se développe. Et on considère que l'être humain est à son summum.

L'uniformité, c'est la mort.

Mais la tendance actuelle de la civilisation occidentale est le contraire même de ce principe de vie de base. Sa soif technologique a tendance à dévorer toutes les spécialités culturelles et civilisationnelles des diverses sociétés, des diverses communautés, des diverses nations et autre groupes ethniques du monde entier. Le slogan de la mondialisation en est à vrai dire un exemple clair. En commençant avec son tout puissant rouleau à vapeur au niveau des échanges et du commerce, il serre graduellement ses tentacules de pieuvre sur tous les autres domaines de la vie.

Toute espèce d'imposition forcée ne peut conduire qu'au carnage et au meurtre de la paix. La vie occidentale en porte le témoignage éclatant tout le long de son histoire mouvementée. Que ce fût sous forme d'hégémonie politique, de simple système de gouvernement, de tout '-isme' économique ou de modèle religieux, cela a toujours été le cas.

Le désir de dominer et de détruire tous les autres styles de vie et tous les autres systèmes de vie ne fait qu'indiquer un instinct d'animal prédateur. Toute société ou toute nation qui tente de s'efforcer dans cette direction n'obtiendra pour résultat que la destruction de toutes ses véritables valeurs humaines, telles que la compassion, le service et le sacrifice pour le bien-être d'autrui, le respect des idées d'autrui, de ses sentiments, de ses droits et convictions et le respect de toute vie sous forme animale, des oiseaux, des plantes, le partage des joies et des peines des autres, la retenue, etc.

L'Hindou entretient la diversité.

Il n'y a que la société hindoue bien organisée et renaissante qui puisse présenter à l'humanité l'alternative correcte. Car la société hindoue est fondamentalement orientée vers la diversité. Tout le long de sa vie longue de plusieurs millénaires, elle a protégé et enrichi chacune de ses particularités de vie. Cela est très vrai, depuis ses expressions extérieures dans la danse, la musique, la peinture et dans les créations artistiques physiques, jusqu'à ses aspirations et ses pratiques religieuses et spirituelles. Et il en était ainsi même dans les terres lointaines que les saints, les sages et les héros hindous ont atteintes en portant leurs valeurs culturelles et spirituelles qui enrichissent vie. Il est ainsi clair que la culture hindoue regarde aussi l'humanité entière de la même manière. Même une communauté minuscule, avec ses spécialités raciales et culturelles, ressent qu'elle a un rôle à jouer dans l'enrichissement de l'ensemble de la vie humaine. Là aussi se trouve la base de l'harmonie humaine. L'harmonie ne devient possible que lorsque le droit moral de toute communauté-race-culture ou nation de maintenir ses particularités est accepté et soutenu par tous les autres.
Aveuglement de l'Occident matérialiste.-

Il y a un deuxième aspect, plus important même. La civilisation occidentale est fondamentalement matérialiste. Ses aspirations n'ont toujours été qu'au niveau physique. Même ses idées religieuses, de quelque foi que ce soit, ont été l'atteinte de toutes sortes de plaisirs sensuels dans l'après-vie. Les systèmes politiques et économiques et autres 'ismes' qu'elle a jusqu'alors expérimentés n'ont eux aussi été motivés que par le même but matérialiste. La civilisation occidentale actuelle apparaît avoir atteint son zénith de gloire matérielle. Son aveuglement est d'aveugler les yeux des autres pays orientaux. Et son attrait semble être devenu irrésistible.

La conséquence en est que les concepts et les symboles que l'Occident projette sont acceptés comme "progressistes, modernes", alors que les traditions, les valeurs, les systèmes et les croyances locaux sont appelés "obscurantistes" et "rétrogrades". Les autres deviennent ainsi victimes d'un complexe d'infériorité qui les fait se dégrader eux-mêmes. Ils commencent à singer le style de vie occidental et à parler leurs jargons en toute fierté. Doucement, ils commencent aussi à haïr et à abandonner tout de qui fut leur pendant des âges. Aspirés dans le tourbillon matérialiste occidental, ils perdent leur identité et la joie de l'accomplissement de soi qui va avec.

"Plus de développement, plus de misère !"

Prenez par exemple le concept du développement humain. Le monde a, pour toutes raisons pratiques, accepté le paradigme posé par le concept occidental en la matière. Il couvre pratiquement tous les domaines souhaitables de la vie humaine dans sa forme extérieure. Nourriture, habillement, toit, santé, éducation, liberté de culte, démocratie et tous autres aspects. Cela est en soi tout à fait louable et tout aussi nécessaire au bonheur humain. On ne peut avoir deux opinions à ce sujet.

Mais la difficulté arrive lorsque l'on pose la question des questions : ce noble paradigme a-t-il conduit au bonheur de l'ensemble de l'humanité ? Qu'est-ce que le Conseil du Développement Humain, un organe de l'O.N.U. a à dire à ce sujet ? Comme nous le savons, le C.D.H. a divisé les différents pays du monde en 'développés', 'en développement' et 'sous-développés'. Il les a aussi classés par catégories et les a comptés dans cet ordre de développement. Après avoir fait tout cela, le Conseil en est venu à une observation révélatrice. Il note avec regret que les pays les plus riches qui sont dans la catégorie des plus développés ont plus de 'misère humaine'; comparativement les moins riches ont moins de 'misère humaine'. Ce qui signifie en bref que plus la position du pays dans l' 'échelle du développement 'est élevée et plus la misère de son peuple en tant qu'êtres humains est grande. Cela signifie simplement que le concept même de 'développement' est sérieusement défectueux. Les paramètres qui couvrent le 'développement' sont sans doute tout à fait essentiels au bonheur humain. Sans eux l'homme peut difficilement être heureux. Mais il y a quelque chose d'autre aussi, sans quoi tous ces facteurs prouvent par eux-mêmes qu'ils ont un effet contraire. Alors même qu'à ses premiers stades cela apparaît comme un bienfait, cela se révèle bientôt être une malédiction bien plus grande.

Morale d'une histoire.

C'est l'histoire d'un homme qui se trouve dans un pressant besoin d'argent. Voilà qu'un voyageur arrive chez lui pour y passer une nuit. Le matin suivant, avant de partir, l'invité attache un talisman au poignet de l'homme et lui dit : "Ceci a le pouvoir étrange de combler n'importe quel souhait que vous pourrez lui demander. Mais attention, il porte aussi en lui quelques mauvaises tendances !" L'homme demande au talisman de lui procurer la somme dont il a besoin. A midi, le facteur arrive chez lui et lui remet un chèque de ce montant. L'homme regarde le talisman à son poignet avec reconnaissance et demande au facteur de quel manière et pourquoi ce montant lui a été envoyé. Ce dernier rapporte que le fils de l'homme est mort dans un accident à l'usine et que l'argent a été envoyé en compensation !

Quelle est maintenant est la nature de cette 'malédiction' qui suit le 'bienfait' initial de la richesse et du développement ? Pour répondre à cela, il devrait être suffisant de dire brièvement comment sont notés les différents caractères de la misère par le C.D.H. et par d'autres autorités : la désintégration des liens familiaux, le nombre croissant de filles-mères, les enfants privés d'amour maternel et de soin, le nombre croissant de crimes, de meurtres, de suicides, d'accidents, d'intoxication à la drogue, de désordres nerveux, de maladies psychosomatiques chez les jeunes, la révolte de la jeunesse contre l'ordre social existant et le glissement général vers le bas de toutes les normes morales de la société humaine éprouvées par le temps.

Ce que disent les rapports authentiques.

Tous ces aspects, et d'autres, de la misère au niveau humain ont été communs quelqu'ait été le régime politique ou économique essayé jusqu'alors en Occident. Que ce soit d'un côté la démocratie ou de l'autre le communisme, le résultat final du développement a invariablement été le même.

Nous pouvons nous tourner maintenant vers le domaine bien plus vaste : leur propre niveau national, et entre nations - à savoir au niveau international - et entre l'humanité et la nature elle-même.

Au niveau intra-national, il y a une disparité croissante entre les segments riches et les segments pauvres de la population, ce qui a pour résultat une privation plus grande pour ces derniers des nécessités et des agréments de la vie. Le second facteur brûlant anti-pauvres est le chômage croissant. Tout cela a continuellement poussé un nombre toujours croissant de personnes de chaque nation vers des standards de bonheur physique de plus en plus bas..

Le World Watch Report donne un coup d'oeil aveuglant sur le scénario d'ensemble basé sur des faits et des chiffres. An bref, il présente une croissance technologique et économique insurpassée mais sans le bien-être humain pour l'accompagner. Le Magazine Forbes révèle le fait choquant que la richesse combinée des 225 personnes les plus riches du monde se rapproche du revenu annuel combiné de la moitié des plus pauvres de l'humanité entière ! Parmi les sections les plus pauvres il y a une pauvreté, une faim, une malnutrition, une misère et un analphabétisme inhumains. On doit remarquer que Bharat, elle aussi, ne fait pas exception à ce scénario. Comme résultat de mauvaises priorités de développement, d'incursions irréversibles dans les écosystèmes finement équilibrés de la terre, la pollution croissante de la terre, des mers, des rivières et de l'atmosphère ont tous rendu, chaque année qui passe, la survie même de toutes les espèces vivantes, l'homme y compris, de plus en plus incertaine.

L'alternative Hindoue.

La raison pour laquelle le 'bienfait de la richesse' et le souhait de devenir de plus en plus 'développé' se transforment en une malédiction de misère de plus en plus grande est simplement celle-ci : les aspects matérialistes du bonheur n'ont pas été tempérés par des restrictions au niveau spirituel. Le filigrane du paradigme du développement humain dans le modèle de vie hindoue est précisément ceci : il place l'acquisition des objets de jouissance matérielle, Kama, entre Dharma, les limites spirituelles, et Moksha, le but final de la vie humaine sous la forme de l'atteinte du pinacle le plus élevé de bonheur éternel, dépourvu de toute trace de misère quelle qu'elle soit.

Le test réel de toute théorie est, premièrement : son applicabilité en termes pratiques, et deuxièmement les résultats attendus qui en découleront. Il est à mettre au crédit du génie hindou que de ces deux côtés le concept de Dharma-Artha-Kama-Moksha appelé Chaturvidha purusharta (quadruple accomplissement de la vie humaine) ait été une réussite souveraine de tous temps. Notre histoire qui s'étend sur plusieurs millénaires porte à ce fait un témoignage éloquent.

En termes pratiques.

En bref, la méthode suivie pour atteindre ce résultat a été celle-ci : Dharma, au sens de conscience du devoir, est inculqué depuis l'enfance-même jusqu'au stade final du voyage de la vie. Partant du devoir des enfants envers leurs parents, la conscience s'élargit graduellement à tous les membres de leur famille, leur voisinage, leur village, jusqu'à ce qu'elle englobe la société entière, l'humanité et la totalité de la nature. Cette union de l'individu à des sphères toujours s'élargissant de relations vibrantes n'était pas fait et ne pouvait se faire sur la base d'un arrangement physique-politique ou économique.

Le défit d'équilibrer 'liberté' et 'égalité' n'a pas rencontré le moindre degré de succès dans n'importe lequel des arrangements faits jusque là en Occident sur les bases politiques et économiques. Cela parce que le troisième facteur de 'fraternité' est une qualité du coeur qui ne peut jamais être créée ou forcée à partir de telles bases matérialistes.

Le concept de Dharma, avec une base spirituelle solide, peut fournir cette qualité unifiante, harmonisante. Plus encore, le lien spirituel est fermement enraciné dans la Réalité Ultime, appelée Brahman ou Dieu, qui s'est manifesté dans chaque atome de cette entière création, y compris dans l'homme. Le but ultime mis devant l'homme étant la réalisation de Brahman, il lui fait réellement cultiver en lui de plus en plus de cette attitude qui unifie tout, qui harmonise tout avec tous les niveaux de la création. Ce qui à son tour le conduit au stade du bonheur suprême pour lui-même alors même qu'il le répand tout autour de lui. Atmano moksartham jagaddhitaya cha : la libération de soi (de toutes les chaînes centrées sur l'ego) jointe à la démonstration d'être une bénédiction sans fin pour toute la création.

La mission mondiale des Hindous.

C'est précisément avec cette large vision mondiale que les pionniers de la réorganisation de la société hindoue sont inspirés. Car le concept d' 'hindou' n'est pas seulement restreint à une communauté. Il est, en fait, reconnu par les penseurs et par les philosophes du monde entier comme une vue ainsi qu'une voie de la vie humaine qui, seule, peut assurer à l'humanité une vie heureuse, libre de conflits et de misère.

Cependant, la simple présentation d'une image idéale d'une société ou d'une culture d'une époque passée ne peut pas servir de modèle pratique à l'époque actuelle. Car maintenant les diverses sociétés des différentes parties du monde sont en face de situations cruciales. En tant que telle, la responsabilité est pour les hindous de mettre leur propre maison en ordre, d'éliminer toutes les imperfections internes et d'être capables de présenter une image vibrante d'une société qui a au moins réussi à un haut degré l'assimilation de l'homme à la fois matérielle et spirituelle : Dharma, Artha, Kama et Moksha. (La loi (le devoir), la richesse, le désir, la libération).

Etant donné cette toile de fond, il devrait être clair comme le jour que la réorganisation de la société hindoue n'est pas seulement une nécessité urgente dans Bharat, même pour sa survie en tant que nation, mais également une mission mondiale confiée aux hindous, où qu'ils soient dans le monde,qui de montrer le chemin correct à la société humaine pour qu'elle puisse s'échapper des bords de l'autodestruction qu'elle a atteints aujourd'hui et lui montrer la vie brillante et rassurante qui l'attend.

H.V. Seshadri

http://pages.intnet.mu/ramsurat/Divers.html

mail de Jayrâm, animateur groupe msn Vishnouisme.



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